Blog à vocation informative, à l'atmosphère parfois militantiste.

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27.9.08

Une humanité kamikaze

Extrait du spécial «éducation à l'écologie» de Biosphere-Hebdo :


«Suicide écologique :


En détruisant notre écosystème (forêts, terres arables, système hydraulique….), en prélevant au-dessus de ce que le milieu naturel est capable de fournir, la chute de notre civilisation thermo-industrielle peut être très rapide d’autant plus que les interdépendances entre nos différents réseaux d’approvisionnement accroissent notre vulnérabilité. Alors comment comprendre que nous acceptons de courir au suicide par nos propres agissements sans réagir? 


D’abord les signes de la menace sont interprétés selon des critères très variables, il y en a même qui contestent le réchauffement climatique d’origine anthropique. Ces menaces sont d’ailleurs souvent invisibles, on ne voit pas la teneur de l’air en gaz carbonique. Même saint Thomas ne pouvait croire que ce qu’il voyait. Ensuite, quand la menace est bien analysée par les scientifiques (effet de serre, perte de biodiversité, réduction des ressources halieutiques…), encore faut-il que les politiques se saisissent du problème. Mais les élus font comme leurs citoyens, ils ne pensent qu’à  court terme et à leur prochain mandat électoral. Le débat démocratique demande du temps, la diplomatie a un rythme lent qui n’est plus à la mesure des enjeux écologiques. Enfin le maintien des privilèges des uns, de la consommation de masse des peuples riches et le désir de tous d’accéder à la marchandisation de l’existence fait en sorte que le changement de mode de vie ne peut être accepté que par une infime minorité de la population. 


Pour le moment les humains restent insensibles aux souffrances de la Biosphère, ne prêtant attention qu’à leurs propres souffrances ou aux plaisirs des jeux, olympique ou non. Il nous reste à bâtir une nouvelle éthique pour affronter la crise ultime. La conscience de notre propre intérêt et de celui des générations futures pourrait libérer notre pensée et notre action face au déterminisme environnemental.»



«On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré»

Albert Einstein


Se faciliter la vie, c'est mettre en péril celle de l'humanité. La société consumériste se préoccupe de son confort et ne veut surtout pas réfléchir aux conséquences de sa conduite. Les slogans à saveur écologique lui suffisent à ignorer les malheurs du monde. Mais à ne pas vouloir penser, elle se condamne elle-même. Je me dis tout de même qu'il faut être doté d'un profond égoisme ou d'une ignorance incommensurable pour adopter un tel comportement suicidaire.


26.9.08

Le dernier vestige de forêt primaire en Europe est menacé

Aux confins de la Pologne et de la Biélorussie se trouvent les derniers fragments de la forêt vierge qui recouvrait les plaines d'Europe centrale à la préhistoire. Ce patrimoine inestimable qui a survécu jusqu'ici grâce à son statut particulier de "réserve de chasse" des souverains (rois de Pologne, grands-ducs de Lituanie et tsars de Russie), possède une incroyable richesse végétale et abrite de nombreuses espèces protégées, dont certaines ont totalement disparues en Europe.


Ce sanctuaire, classé sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO et très prisé des naturalistes qui le considèrent comme l'une des dernières régions véritablement sauvages d'Europe, est divisé en deux : la forêt de Belovezhskaya en Biélorussie et la forêt de Bialowieza en Pologne.


Le Parc National de Bialowieza ne protège qu'une partie de la forêt. Depuis des années, associations écologiques, scientifiques et citoyens réclament aux gouvernements successifs une protection totale de la forêt car, malgré la mise en place d'une exploitation durable, elle n'échappe pas aux agressions humaines.


Et voilà que les autorités locales de Narewka viennent d'accepter l'implantation, aux abords du parc national, d'une station de stockage de carburants par la compagnie pétrolière russe Loukoil (propriétaire de 25 hectares jouxtant la forêt). Le projet prévoirait une vingtaine de réservoirs à moitié enterrés dans le sol. Les terrains de Loukoil comptent déjà des canaux d'irrigation. Les chercheurs de l'Académie des sciences polonaises qualifient ce projet de "bombe écologique à retardement. En cas de fuite, c'est toute la forêt de Bialowieza qui risque d'être contaminée".


La société consumériste viendra à bout des richesses naturelles, sans même penser que son premier bien-être, celui de respirer, dépend de celles-ci. Il est temps de reconsidérer nos priorités "vitales"...


Pollution industrielle en Bulgarie : Lukoil empoisonne les habitants de Burgas

Lukoil en mer Baltique

News from Poland - A deal threatening the protected Bialowieza Forest

Pologne Infos : Appel à secourir la forêt vierge de Białowieża

Bialowieza : Forêt primaire en quête de protection


Tir d'un chasseur sur le panneau du parc de la forêt de Bialowieza

(c) Franck Verhart


Fôret Belovezhskaya Pushcha / Białowieża - UNESCO

La dernière grande forêt de plaine d'Europe

Forêt de Białowieża - Wikipédia


La Forêt vierge de Bialowieza


«La faune de la Forêt vierge de Bialowieza a beaucoup de traits communs avec celles de l'Europe centrale et du nord-est. Le nombre d'espèces présentes est estimé à environ 11 500, la majorité étant des invertébrés, surtout des insectes. La disparition de l'aurochs, du glouton, de l'ours, de la martre d'Europe et dernièrement d'une espèce de faucon est la conséquence de la présence de l'homme. D'autres espèces comme l'ondatra (le rat musqué) et le chien viverrin ont quant à elles été introduites par l'homme.

Le plus grand mammifère de la Forêt vierge de Bialowieza est le bison européen. Jadis, cette espèce occupait toute l'Europe jusqu'au Caucase et l'Oural. Aujourd'hui elle est devenue très rare. Un troupeau de 250 têtes vit en liberté dans la Forêt vierge. Ces bisons causent d'importants dégâts dans les champs et les terrains reboisés. Il est nécessaire d'en réduire le troupeau d'environ 40 têtes tous les ans pour préserver l'équilibre de l'écosystème. Les chasseurs ne prélèvent que les animaux choisis d'après les règles de sélection (les vieux et les malades). Les autres grands mammifères les plus répandus comme le cerf, le chevreuil, l'élan et le sanglier sont nombreux et il est facile de les rencontrer. Par contre, les grands carnassiers tels le loup et le lynx sont très farouches face à l'homme. Les castors font leurs barrages sur les rivières traversant la forêt mais il faut avoir de la chance pour les apercevoir.

L'avifaune est très riche. On ne dénombre pas moins de 277 espèces d'oiseaux. Les oiseaux rares sont entre autres: la cigogne noire (Ciconia nigra (L.)), la bondrée apivore (Pernis apivorus (L.)), les aigles (p. ex. Hierraaetus pennatus (Gmel) et Aquila sp.), les faucons (Falco sp.), le Circaëte (Circaetus gallicus (GM.)), le loriot (Oriolus oriolus (L.)), les pics par exemple: le pic tridactyle (Picoides tridactylus (L.)) et le pic à dos blanc (Dryobates leucotos (BECHST.)), 7 espèces de rapaces nocturnes. 23 espèces de poissons vivent dans les rivières, en plus on y recense 7 espèces de reptiles et aussi 12 d'amphibiens.

Les invertébrés sont de loin les plus représentés, en particulier les insectes. Hyménoptères: 3000 espèces, Coléoptères: 2000 espèces, Papillons: 1000 espèces Diptères: 800 espèces, Hétéroptères: 600 espèces.»


«Menaces sur la forêt (d'après une alerte de Greenpeace du 26 février 1997)

En juillet 1995, le gouvernement polonais avait déclaré un moratoire sur l'abattage d'anciens arbres dans la forêt de Bialowieza. La forêt totale (à cheval sur la Pologne et la Biélorussie) recouvre 1 400 km2, mais seulement 46 km2 sont entièrement protéges comme parc national. Les 550 km2 restants en Pologne connaissaient une exploitation accélérée depuis 1993, en raison d'une aide de la Banque Mondiale au développement au secteur forestier. En août 1996, le gouvernement polonais décida de doubler la surface protégée, mais 80 % restait sans protection définitive. Greenpeace appelle à maintenir la pression sur le Ministre polonais des Ressources Naturelles, Stanislaw Zelichowski, pour qu'il ne lève pas le moratoire sur l'abattage.»

23.9.08

Costa Rica, un exemple à ne pas suivre

Partis politiques, communautés et associations dénoncent la politique environnementale d'Oscar Arias (Président du Costa Rica), qui pourtant vient d'être accueilli, une fois de plus, sous les applaudissements pour sa nouvelle campagne " Paz con la naturaleza " (paix avec la nature), en Europe cette fois-ci.


L'intention est un bon début mais la motivation d'Oscar ne suffira pas à mener cette initiative à terme puisque le Costa Rica vient de signer le Traité de Libre Commerce (TLC) avec les Etats-Unis, un traité sur mesure pour les multinationales américaines ("législation minimum", "exploitation maximum"). Ce traité fait même valoir les droits de ces colonisateurs dans les aires protégées, quelques parcs nationaux commencent d'ailleurs à ressentir les effets du TLC alors que celui-ci n'est même pas encore en application dans le pays.


La présence du Président costaricien en Europe n'était pas aussi verte qu'elle n'y paraissait puisqu'il semblerait que l'Europe ait aussi concocté un TLC pour exploiter un peu plus les pays émergents. Cependant l'eco-président est très soucieux de son image internationale (la nationale étant détériorée). Le Costa Rica vert qu'il s'efforce de présenter au monde perd de sa couleur chaque année, mais Oscar a bien compris que la réalité n'intéressait personne et que des belles paroles et dossiers garnis suffisaient à obtenir des subventions et donations internationales ou des contrats commerciaux suivant le but du voyage (fructueux d'une façon ou d'une autre).


Ici, au Costa Rica, la paix avec la nature se traduit par une future mine d'or à ciel ouvert à San Carlos, un TLC à venir avec la Chine, 22 projets de marinas, une sérieuse contamination des eaux, une déforestation incontrôlée, une population laissée pour compte, des indigènes abandonnés à leur famine, une biodiversité mourante. L'opinion publique et les associations s'insurgent et pourtant il semblerait que l'information n'ait pas de passeport, le monde continue de voir un Costa Rica respectueux de son environnement. Sérieusement, entre nous, vous connaissez un pays qui respecte son patrimoine naturel ? Vous n'êtes pas rassasiés de tous ces discours fallacieux ?


«La France, avec le « Grenelle de l’Environnement » voulu par le Président Nicolas Sarkozy, et le Costa Rica, avec la volonté du Président Oscar Arias de faire « la Paix avec la Nature » (Paz con la Naturaleza) sont deux pays engagés, sur leur continent respectif, en faveur de mesures concrètes au service d’une gestion écologique intelligente de nos ressources naturelles, favorisant le développement durable.»

La Lettre Diplomatique - Le Costa Rica : un lien unique entre la France et l’Amérique centrale


Pour ma part, j'en ai assez de ces discours moralisateurs et je m'effraie de voir qu'ils nourrissent autant d'opinions.


La "Paz con la Naturaleza"n'est pas prête d'être signée au Costa Rica


J'ai regroupé quelques images provenant de la toile et de Google Earth afin de vous présenter la volonté des dirigeants costariciens de préserver l'environnement. Nous sommes tous aux faits des impacts négatifs des industries sur notre planète, mais les impacts touristiques sont rarement médiatisés alors que l'industrie touristique ravage tous les pays, en particulier les pays tropicaux : Impacts touristiques au Costa Rica


L'eau potable se raréfie au Costa Rica. Les communautés craignent pour leur or bleu qui est soit détourné par d'immenses complexes touristiques et condominiums de luxe, soit pollué par des produits agro-chimiques venant des plantations de bananes et d'ananas. Cette affiche reflète le quotidien d'un peuple appauvri par l'ambition de ses politiciens. La gestion de l'eau n'est pas une priorité dans ce pays qui se vante de sa politique de développement durable.


Tatania Cruz a récemment démissionné de son poste de directrice générale de la SETENA (Secretaria Técnica Nacional), un organisme chargé de contrôler la viabilité des projets suivant leur impact environnemental. Cette démission a deux versions :

- la version officielle : Tatania Cruz n'a pas obtenu l'augmentation d'effectifs demandée,

- la version officieuse : sa démission est due aux pressions du gouvernement pour que les producteurs d'ananas continuent d'opérer dans le pays (ceux-ci étant responsables à l'heure actuelle d'une grave contamination des eaux). Cette version n'est autre que la déclaration de Mme Cruz lors d'une réunion dans les locaux de la SETENA, en présence de citoyens de Limon venus sur la capitale pour protester contre l'utilisation de produits agro-chimiques.


photo prise à l'intérieur du Parc National Las Baulas, à quelques mètres du bureau

du MINAE (Ministère de l'environnement) et de la plage de nidification des tortues Luth


photo prise sur la route San José / Limon, côte caraïbe


Quelques liens costariciens :

Federación Ecologista - Noticias

Oscar Arias engaña a los costarricenses con el caso Baulas

Denuncian que gobierno permite contaminación de medio ambiente

Agua para los supernegocios o para las comunidades

Video YouTube - Polémica por Minería en Costa Rica

Directora de SETENA recibía presiones del Gobierno para favorecer a empresarios piñeros

BLOQUEVERDE - Resistencia Y Acción Ecologista

un excellent article du renommé océanographe costaricien Guillermo Quiros :

Hay que recuperar la costa


Et pour finir, j'ai trouvé sur la toile la réponse

de la biodiversité costaricienne à la campagne d'Oscar :


21.9.08

Une dictature économique mondiale

Sur fond d'escroquerie, de scandale étouffé, de manipulation financière déguisée, la nouvelle crise économique enflamme les médias. Voici une petite BD qui circulait depuis quelques mois dans les bureaux des grandes banques de New York, une BD traduite par Rue89 qui explique simplement cette crise.


Ainsi, pour sauver son économie, le gouvernement américain va injecter 700 milliards de dollars (source CNN). Mais qu'elle est donc cette politique qui aide les escrocs au lieu de les juger ?


La politique de Bush s'est toujours opposée au développement durable car celui-ci a un coût ; elle soutient fermement ses industries polluantes au détriment de l'environnement. Pourtant, le gouvernement américain va empreinter à la FED une somme qui n'avait encore jamais été annoncée dans toute l'histoire de l'économie mondiale, pour redresser des banques d'investissement. Je suis en colère. Il n'y a pas d'argent pour venir en aide aux populations les plus démunies, pour développer activement les énergies propres, ni pour protéger l'environnement, encore moins pour solutionner la déforestation illégale, le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité, mais il y a de l'argent pour provoquer des conflits, financer des guerres, contrôler des économies fragiles, subventionner les multinationales, et finalement, l'argent revient toujours aux nantis.


Vers un monde équitable ? Il ne faut pas rêver, tout du moins tant que le pouvoir de l'argent sera entre les mains des banques privées.


Voici quelques liens pour mieux comprendre la dictature économique mondiale que nous subissons :

L’escroquerie monétaire mondiale

Le financement des besoins collectifs est rendu sciemment ruineux par un sabordage monétaire étonnant

La conspiration capitaliste : La réserve fédérale américaine

fauxmonnayeurs.org - La FED

Le wiki sociétal

Les 10 plus gros mensonges sur l'économie

Crise des "subprimes" : si vous n'avez toujours rien compris...

Les mécanismes de la crise financière


L'éminent économiste Maurice Allais (Prix Nobel de sciences économiques en 1988) qualifie les banques privées de faux-monnayeurs et le démontre fortement. «Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n'hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi.»  


La crise mondiale aujourd'hui (1998).pdf

«un texte essentiel d’un homme important, Maurice Allais : ce fut d’abord un article clairvoyant et décapant publié dans Le Figaro des 12, 19 et 26 octobre 1998, dans la rubrique Opinions ; puis il fut repris et annoté dans un livre passionnant publié aux courageuses éditions Clément Juglar : de nombreuses notes et annexes supplémentaires que vous trouverez dans le livre (pas ici) permettent à l’auteur de répondre aux objections qu’on lui a présentées. L’ensemble est remarquable, vivant, utile : c’est de l’économie politique, à usage citoyen. Lecture hautement conseillée.»


19.9.08

Mieux qu'un don, une action

L'association Sea Shepherd lance un appel aux bonnes volontés.


«La diversité des actions que nous menons nécessite un élargissement de notre équipe administrative et nous avons besoin d'une personne supplémentaire pour procéder aux saisies comptables de l'association. Cette personne doit impérativement résider sur la région parisienne (pour des raisons pratiques), et être au fait des écritures comptables et de la législation. Si vous êtes intéressé(e), veuillez nous contacter anne.fourier@.... 


En prévision de l'Opération Musashi, notre équipe de traducteurs recherche aussi des volontaires bilingues, ou tout au moins, suffisament à l'aise dans l'exercice de la traduction anglais/français. Notre webmaster accueillera toute candidature avec plaisir: webmaster@...»


Si votre conscience vous démange, ne vous grattez pas !

Si vous pouvez être utile, ne pensez pas

qu'il y aura toujours quelqu'un pour se proposer, soyez celui-là.


L'éthanol, un carburant vert ?

Je viens de lire le dossier : faces cachées de l'éthanol au Brésil, publié par le CCFD.


A croire que ceux qui nous présentent l'éthanol comme un carburant vert, ne vivent pas sur la même planète que nous, et pourtant si, mais les enjeux économiques sont de taille. Les vertus de l'éthanol ne se ressentent qu'en Bourse. Sur le terrain, ses facultés économique et environnementale sont une calamité, un réel chaos pour ceux qui n'en consomment pas. Mais comme d'habitude, les consommateurs se désintéressent du sort des exploités.


Pendant ce temps, dans les plantations, la nourriture fait place à l'énergie. Le carburant vert menace la souveraineté alimentaire des pays cultivateurs. Sa croissante production multiplie les désastres environnementaux. Les travailleurs (coupeurs de canne) et les peuples premiers subissent le mépris des multinationales. 


Les agrocarburants sont une échappatoire aux énergies fossiles certes, mais surement pas une solution durable et écologique.


Voici un diaporama qui, définitivement, remet l'éthanol à sa place :


Diaporama du CCFD