Blog à vocation informative, à l'atmosphère parfois militantiste.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et états d'âme.

18.9.08

"L'Afrique parle de l'Afrique"

Le bulletin nº133 du Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales (WRM) est entièrement consacré à l'Afrique, un continent si riche et si pauvre à la fois, un continent maltraité aux peuples agonisants qui reste une destination exotique pour le reste du monde.


«De nombreux regards se tournent aujourd’hui vers l’Afrique, et derrière le discours de l’aide à la pauvreté se dissimulent des plans ambitieux pour exploiter ses énormes richesses. Ce territoire hétérogène, habité par près de 800 millions de personnes, artificiellement divisé en cinquante-trois États par le colonialisme européen, se voit maintenant assailli par les nouvelles poussées de la mondialisation et il est le théâtre de disputes entre les impérialistes de toujours – les États-Unis, l’Union européenne et le Japon – et l’expansion économique et politique de la Chine et de l’Inde. L’avenir du continent et de ses peuples semble être décidé dans des capitales lointaines, siège de la richesse et du pouvoir.

Dans ce contexte, le WRM regarde lui aussi l’Afrique, non par pour parler d’elle mais pour écouter ce que les Africains eux-mêmes ont à dire. Tel est le but du présent bulletin : laisser la parole aux Africains pour qu’ils parlent de l’Afrique.

Nous avons créé ce blog où vous pourrez poster vos commentaires sur tous les articles. Nous vous invitons et vous encourageons à le faire !»


Productions d'agrocarburants, exploitations forestières, pétrolières

et minières ravagent l'Afrique afin de rassasier le monde moderne.

Un excellent dossier qui aurait pu s'intituler

"les veines ouvertes de l'Afrique" :

WRM Bulletin 133 - Août 2008


16.9.08

Activistes, sortez vos pinceaux !

Six membres de Greenpeace ont été innocentés après avoir causé 440000 euros de dommages dans la centrale à charbon de Kingsnorth en Grande-Bretagne. Pour combattre le changement climatique, ces derniers avaient peint "Gordon" (prénom du premier ministre britannique) en haut de la cheminée de 200 mètres. Les jurés ont considéré la défense des accusés légitime (la loi britannique de 1971 tolère le dommage à la propriété pour prévenir un dégât plus important).


Pour la première fois, le changement climatique est invoqué comme motif devant un tribunal. Espérons que ce cas se propage dans le monde entier.


Les dirigeants politiques sont mauvais et quelques uns l'affichent publiquement. Et si tous les citoyens se plaignaient, comment réagiraient ces manipulateurs manipulés ?


Greenpeace non coupable grâce au changement climatique

Greenpeace UK : Breaking news, Kingsnorth Six found not guilty !

13.9.08

Projet de mine Pascua-Lama : communautés et glaciers toujours en sursis

Alors que le réchauffement climatique est en marche, que les ressources d'eau potable s'appauvrissent, la compagnie minière canadienne Barrick Gold Corporation (première productrice d'or au monde) a jeté son dévolu sur la majestueuse cordillère des Andes.


Barrick Gold étudie un mega-projet d'extraction d'or, d'argent et de cuivre dans la vallée andine de Huasco depuis 1997, un projet dénommé Pascua-Lama, chevauchant le Chili et l'Argentine. A plus de 4000 mètres d'altitude, cette mine à ciel ouvert s'étendra sur 3000 kilomètres carrés, condamnant trois glaciers pour accéder aux réserves d'or, et affectant à jamais les rivières de la vallée (une zone principalement agricole) et les nappes souterraines alimentées par les glaciers. De toute évidence, le projet met en péril cette réserve d'eau douce, l'économie fragile des communautés et garantit un impact irréversible sur l'environnement.


L'activité minière prévoit un déplacement journalier d'environ 50 tonnes de matériel, un mouvement de transports considérable qui va entraîné un soulèvement de particules comparable aux plus grandes mines du monde. A la contamination des eaux résultant de la procédure d'extraction par le cyanure, le mercure et l'arsenic, s'ajouteront les risques quant au déplacement constant de charges hautement toxiques, des centaines de camions devront transiter chaque mois sur l'unique route longeant une rivière.


Le Chili possède d'importantes réserves d'eau douce d'une grande pureté. Nous savons que l'épuisement de ce bien précieux va provoquer de graves conflits dans le monde, et pourtant, quelques humains le condamne au prix de l'or, un métal qui n'étanchera jamais d'autre soif que celle du pouvoir ou du plaisir.


Un peu d'histoire :

La Compagnie Barrick Gold a été fondée par Peter Munck (ancien premier ministre canadien) avec le financement du renommé marchand et trafiquant d'armes saoudien Adnan Khashoggi et l'un des principaux actionnaires n'est autre que Georges Bush père.

Un traité minier bilatéral a été signé en 1997 et ratifié en 2000 entre le Chili et l'Argentine pour permettre l'exploitation des minéraux sur la frontière entre ces deux pays. «Pour la première fois, le traité minier autorise l’exploitation transfrontalière des dépôts de minerais et couvre une superficie de plus de 200.000 kilomètres carrés. Il est présenté comme une occasion unique pour les deux pays d’exploiter leurs ressources minières de façon plus efficace, de coopérer pour la recherche et le développement de nouvelles technologies minières, de promouvoir l’« investissement mutuel” et de protéger l’”intérêt national et public” des deux pays. Mais, moins d’une décennie après sa ratification, il s’est plutôt révélé être un instrument puissant et indispensable pour les sociétés transnationales, leur permettant d’avoir accès et d’exploiter des ressources binationales. Aucun investissement national, que ce soit public ou privé, n’est encore passé par lui. De fait, ce traité est le résultat d’années de pression exercée par les plus grandes sociétés minières du monde. Rio Tinto, Barrick Gold, Falconbridge, Tenke Mining ont établi des bureaux locaux ou des succursales, ont adhéré aux chambres nationales des mines et/ou ont déployé toute leur force de pression. Dans un premier temps, cette pression a produit des “protocoles de facilitation” spécifiques, concédant des conditions et des privilèges spéciaux, principalement à Barrick Gold et à Falconbridge.» source : Le colonialisme des ressources et le traité minier Chili–Argentine


Barrick Gold a présenté son projet Pascua-Lama aux gouvernements chilien et argentin pour la première fois en 2001. Celui-ci n'indiquait pas la présence de trois glaciers sur le territoire chilien (le Toro 1, le Toro 2 et l'Esperanza), un "oubli" passé inaperçu dans les bureaux de la COREMA, la commission environnementale régionale, tête en l'air ou corrompue, chargée de l'étude d'impact et de la validation du projet. Face à l'indignation des associations écologiques et agriculteurs de la région, la commission a tout de même accepté le projet mais sous réserve de préserver les glaciers.


Ce projet a fait l'objet d'un rapport en 2004. Celui-ci a révélé qu'aucune étude sérieuse n'avait été faite par Barrick concernant les glaciers, les ressources hydriques (le processus d'extraction d'or nécessitant des quantités d'eau considérables), la décharge de roches stériles, les travaux de déviation des cours d'eau, l'accumulation d'eau contaminée dans l'excavation minière, le stockage des combustibles, et bien d'autres détails dommageables.


Barrick a donc présenté un nouveau projet prévoyant de déplacer les glaciers en les découpant en blocs pour pouvoir les transporter quelques kilomètres plus loin, une nouvelle scandaleusement interprétée par l'opinion publique et internationale. Les glaciers étaient sauvés de la dynamite mais pas du mépris de la compagnie. "Un glacier n'est pas seulement de la glace, mais un écosystème très sensible et mal connu. En couper une partie, c'est altérer le reste, et bouleverser le fragile équilibre hydraulique de la région" Raul Montenegro, professeur de biologiste en Argentine, Prix Nobel Alternatif en 2004.


Pour calmer les esprits, Barrick a annoncé la création d'un fond pour le développement durable de 60 millions de dollars pour la communauté, en lui demandant, en contrepartie, de ne pas s'opposer à l'étude d'impact environnemental (fond réservé à la construction d'un barrage pour garantir l'eau aux agriculteurs). Pendant ce temps dans la province argentine de San Juan, tandis que la compagnie publicitait sa campagne de cadeaux de bienfaisance (la stratégie notoire des entreprises pollueuses), la télévision diffusait des spots vantant la politique de mines responsables de Barrick Gold (santé des employés, respect de l'environnement, développement économique et social des communautés... les boniments d'usages des industriels). Ces manipulations médiatiques avaient pour but :

- d'ébranler de graves accusations pour contamination d'eaux souterraines par des hydrocarbures et

- d'éviter une réaction protestataire des communautés au projet d'exploitation Veladero (autre mega-projet dans les Andes argentines menaçant la Réserve de biosphère de San Guillermo, inscrite à l'UNESCO, ainsi que le bassin du fleuve Jachal).


Finalement, en 2006, la commission chilienne a donné son aval en rejetant toutefois l'idée de déplacer les glaciers, mais en écartant tout de même l'opposition des communautés et des associations. Cet accord a eu pour conséquence la suspension par la compagnie Agrosuper d'un projet agricole d'une inversion de 500 millions de dollars dans  la vallée de Huasco, un projet qui aurait bénéficié à l'économie locale.


Malgré l'accord des deux gouvernements, divers obstacles n'ont toujours pas permis, deux ans plus tard, le lancement de Pascua-Lama. Le projet est détenu par la compagnie du fait, notamment, des différences de réglementation des taxes entre les deux pays. Il faut rappeler que les années de dictature qui ont pesées sur ces pays, ont été très bénéfiques aux entreprises étrangères. Celles-ci ont dégagé des profits phénoménaux qui rendent, aujourd'hui, très difficiles les arrangements et la mise en place d'une législation sur les exploitations minières dans la zone frontalière.


De plus, le projet de mine se trouve sur des terres réclamées par la communauté indigène Diaguita qui a dénoncé le gouvernement chilien auprès de la commission inter-américaine des droits de l'homme. Le gouvernement s'était engagé à respecter les droits des communautés indigènes et à restituer les terres, un engagement qu'il n'a toujours pas respecté car s'il donnait le droit sur la terre et l'eau aux Diaguitas, ceux-ci pourraient s'opposer juridiquement au projet de mine.


La compagnie a notamment été accusée de crimes environnementaux pour avoir détruit 50 à 70% des glaciers au moment de l'étude de Pascua-Lama et de la construction de la route. 


Un autre procès a opposé Barrick à un citoyen chilien pour acquisition frauduleuse de terres. La compagnie avait acheté 8200 hectares de terres adjacentes à la concession minière pour 20 dollars, suite à une falsification du contrat de vente qui stipulait le million. Une accusation pour corruption de juges s'est ajoutée à ce scandaleux procès. Finalement, la résolution a donné raison au vendeur et Barrick s'est vue dans l'obligation de restituer les terres, un dur revers qui met Pascua Lama en péril puisque ces terres renferment la plus importante quantité d'or que la compagnie prétendait extraire.


D'autres obstacles font de l'ombre à ce projet démoniaque mais Barrick n'a pas encore dit son dernier mot...


Barrick Gold est une compagnie meurtrière, un bien pâle reflet

de l'industrie minière, mais jugez-en par vous-même :


La chaîne de l'or

Les Eldorados américains - photos

Australie : le lac sacré Cowal

Tanzanie : pillage minier canadien cautionné par la Banque Mondiale

Que s’est-il vraiment passé à la mine d’or de Barrick en Tanzanie ?

Des leaders autochtones dénoncent les activités de Barrick Gold

L’industrie minière face à l'environnement, aux droits humains et autochtones

Argentine : les échos du plébiciste contre une exploitation minière canadienne

Version traduite de la page : Argentina - Famatina Says NO to Barrick Gold

“Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique”

"Noir Canada" est lancé malgré les menaces de Barrick Gold

Barrick Gold au Congo

sites en anglais :

Barrick Gold : Company Profile

Protest Barrick.net : Global Day of Action Against Barrick Gold


Quelques liens Pascua-Lama :

Pascua Lama - Comité pour les Droits Humains en Amérique Latine

Lettre ouverte adressée à la Présidente du Chili

Le projet de la mine d'or de Pascua Lama provisoirement suspendu

Chili : Barrick Gold menace des glaciers

Déplacer des montagnes de glace

Un projet gigantesque d'extraction minière, gravement nuisible à l'environnement

Chili : mobilisations contre des méga projets miniers

Barrick et l'or des Andes

El escandaoso proyecto internacional de Pascua-Lama


L'industrie minière déplace des montagnes tout en manipulant les substances chimiques les plus dangereuses. Il est évident qu'elle produit d'irréversibles impacts sur l'environnement et les communautés. Le projet Pascua-Lama n'échappe pas à la manipulation tendancieuse de l'information en faveur des intérêts de puissants groupes internationaux. Il n'existe aucune activité minière non polluante.


mine de Chuquicamata, Atacama, Chili (parmis les plus grandes mines de

cuivre à ciel ouvert du monde, la plus grande se trouvant en Afrique du Sud)

photo Yann Arthus Bertrand

mine palabora, Afrique du Sud (4000x3564 - 4601 ko)


mine de charbon, Afrique du Sud photo Yann Arthus Bertrand


mine de charbon, Afrique du Sud


mine de diamants, Inde


mine dans le Nevada, Etats-Unis


mine d'or au Mali


mine en Afrique du Sud


mine dans le Nevada, Etats-Unis


mine sur l'île Rapu Rapu, Philippines


mine d'or dans le Colorado, Etats-Unis


mine en Colombie Britannique, Canada


mine de diamants en Afrique du Sud


mine de fer dans le Para, Brésil


mine en Amazonie, Brésil


mine d'or en Amazonie, Brésil



11.9.08

55000 euros pour sauver l'humanité

L'association Terre Sacrée vient de constituer un dossier reprenant les dates d'épuisement des différentes ressources énergétiques et métallifères parues dans le magazine hors série nº243 Science et Vie. L'objectif de l'association est d'envoyer ce dossier à tous les organes de presse afin de conscientiser l'humanité sur la disparition des ressources.

J'ai survolé le "dossier brûlant" sur le site de l'association. Agrémenté par quelques liens Wikipédia, ce dossier me paraît alarmiste et surtout non fondé. Même si cette campagne est présentée comme capitale, j'ai du mal à croire que Terre Sacrée, Science et Vie et Wikipédia convaincront les médias de tenter de déclencher une prise de conscience mondiale (encore faudrait-il qu'ils en aient le pouvoir, j'en doute).

Toujours est-il que Terre Sacrée a besoin d'argent pour son projet et implore, une fois de plus, les abonnés à sa lettre d'information. Je m'interroge à nouveau sur la fiabilité de cet appel à la solidarité. Je ne pense pas me tromper en affirmant que cette association n'a mené aucune campagne à terme jusqu'à présent, ses idées n'ont jamais dépassé le stade de l'appel aux dons. Cette fois-ci, le calcul est vite fait : 55.000 "petits euros" permettront de faire face à cette dépense "capitale"... Mais je vous laisse apprécier le message envoyé aux abonnés :

De: "Terre sacree"
Note interne importante concernant le bouclage du terrible echeancier
A: Aurélie (que je remercie pour m'avoir transmis ce message)
7 septembre 2008
Bonjour les ami(e)s,
Le dossier brûlant concernant la disparition des ressources énergétiques et métalliques est maintenant bouclé. Il vient d'être mis en ligne à l'adresse http://terresacree.org/ressources.htm . Seize combustibles et métaux y sont étudiés d'une façon détaillée avec des liens pour en savoir plus. Il sera traduit en anglais, vu qu'il n'y a pratiquement rien sur internet sur le sujet.
Nous envisageons aussi de l'éditer sous forme d'une brochure en papier reçyclé qui sera envoyée à tous les organes de presse, dans un premier temps francophones. Mais il va falloir trouver des sources de financement, vu que les ressources de l'Association sont au plus bas niveau. C'est ainsi que nous faisons appel à votre solidarité. Si chacun des 11 103 abonnés (gratuit) à cette liste nous envoyait même simplement 5 petits euros, nous pourrions faire face à cette nouvelle dépense que nous jugeons capitale. Le mieux est bien sûr que vous adhériez (si ce n'est déjà fait)ou renouveliez votre adhésion. ( http://terresacree.org/adhesion.htm ) Vraiment ce serait sympa de faire quelque chose. Merci d'avance du fond du coeur.
Ce terrible échéancier nous amène à nous interroger sur le fonctionnement inconscient de notre civilisation qui s'apprête à livrer aux générations futures une Terre vidée de ses richesses et de sa substance.
Nous espérons que ce nouveau cri d'alarme sera vite entendu et que l'humanité saura évoluer en douceur pour éviter le crash contre le mur qui se trouve bel et bien en face, à quelques années prés.
Merci de nous donner votre avis sur ce dossier explosif (cela nous aidera à le faire évoluer et éventuellement à y apporter des modifications ou des liens majeurs).
Bonne semaine.
Toutes mes meilleurs pensées.
Michel

Prenons l'exemple de l'uranium, Terre Sacrée annonce sa fin pour 2040 (dommage, j'aurais préféré maintenant) mais précise tout de même que cette date est contestée par des études, et que certains estiment même que les réserves d’uranium pourront répondre à la demande mondiale pendant un siècle ("certains" étant dans ce cas l'Agence pour l'Energie Nucléaire). Pendant ce temps, la Société Française d'Energie Nucléaire nous informe que les réserves d'uranium pourraient couvrir la demande à l'échelle de plusieurs millénaires avec les réacteurs à neutrons rapides. Mais voici comment est interprétée la fin de l'uranium par les spécialistes :

«Les réserves mondiales identifiées, du moins celles estimées récupérables à un coût inférieur à 130$ par kg d’uranium, étaient en 2006 de 3,3millions de tonnes, auxquelles s’ajoute 1,4 million de tonnes de ressources présumées. Compte tenu d’une consommation actuelle de 64000 tonnes par an, elles correspondraient ainsi à plus de 70 années de fonctionnement dans les réacteurs actuels. Mais selon l’AEN, 10 millions de tonnes d’uranium resteraient à découvrir, et 22 millions pourraient provenir de l’exploitation de gisements de phosphate. Les quantités atteindraient ainsi 37 millions de tonnes! Et ce, sans compter sur la perspective technologique des réacteurs à neutrons rapides qui doivent optimiser ces ressources, permettant de jouer sur des durées millénaires…» (...) «UNE APPROCHE INDUSTRIELLE : La donnée essentielle pour aborder la question des ressources en uranium est celle de son coût d’extraction : «On parle souvent à tort de réserves en valeur absolue alors que la problématique de la disponibilité de l’uranium s’appréhende dans une approche industrielle, en comparant les coûts d’extraction et de prospection à une valeur de marché», insiste Jean-Paul Langlois, directeur de l’I-Tésé. La disponibilité de l’uranium dépend du prix que l’industriel est prêt à payer pour extraire le minerai et des dépenses de prospection qu’il peut engager.» source : CEA (Commissariat à l'Energie Atomique)

«Il est par ailleurs difficile d'évaluer les ressources ultimes en uranium , la prospection ne faisant pas aujourd'hui l'objet d'un effort important en raison des stocks disponibles. L'addition de toutes les ressources minières répertoriées aujourd'hui dépasse un total de 17 millions de tonnes soit environ 300 ans de consommation actuelle à des conditions d'accès toutefois très différentes. Enfin, l'exploitation des ressources non conventionnelles (phosphates, eau de mer) permettrait de multiplier les réserves sus mentionnées par 100. » Source : OCDE – AEN : Agence pour l'Energie Nucléaire de l'OCDE.» DGEMP

«Ainsi, en raison de l'état des réserves mondiales d'uranium et des perspectives offertes par le passage à la G IV, votre mission d'information se déclare convaincue par l'absence de tensions de long terme de nature à fragiliser la disponibilité du combustible nucléaire, y compris dans le cas de figure où le parc mondial de réacteurs observerait une croissance importante dans les prochaines années.» source Senat.fr

Un autre exemple, celui de l'or : Terre Sacrée annonce la fin de l'or pour 2025 alors que la compagnie Barrick Gold prévoit d'exploiter, dès 2010, une région des Andes et cela durant une vingtaine d'année (exploitation dévastatrice pour l'environnement, j'y reviendrais). Cette compagnie a également annoncé en mars dernier avoir découvert un nouveau gisement d'or en Tanzanie et a affirmé la présence d'importantes quantité d'or dans les sols à proximité d'autres gisements. L'industrie minière est loin d'avoir exploité tous les recoins de notre planète.
Les ressources de la Terre ne sont pas inépuisables, nous le savons tous, et les spécialistes n'ont pas attendu la reprise par Terre Sacrée de l'article de Science et Vie pour s'intéresser au problème. Des solutions sont étudiées même si celles-ci hérissent nos poils d'écologistes. Le Conseil Mondial de l'Energie prévoit même de réduire de moitié, d'ici 2035, le nombre de personnes n'ayant pas accès aux services énergétiques modernes.

Réponse de Terre Sacrée concernant les dates annoncées dans son échéancier : ‹‹Quant aux dates précises, elles ne sont bien sûr qu’approximatives. Franchement est-ce que dix ans de plus ou de moins, voire un siècle, vont changer la donne? ››

Je qualifie l'action de Terre Sacrée stupide et dangereuse.
Stupide parce qu'il est impossible de croire qu'un hors série Science et Vie peut révolutionner le monde (premier magazine européen de l'actualité scientifique qui, si nous en jugeons par l'état actuel de notre planète, n'a fait aucun effet jusqu'à présent sur la conscience humaine), stupide aussi parce que nous ne pouvons nous contenter de chiffres alarmants sans qu'aucune source officielle ne soit citée, "incroyable mais vrai !" n'est pas un argument suffisant.
Cette action est aussi dangereuse parce que diffuser de telles informations, c'est ôter encore un peu plus de crédibilité au monde associatif et ses campagnes aussi diverses et variées, opposées et parfois inutiles. Nous sommes constamment sollicités par les associations alors soyons vigilants et sachons reconnaître les combats qui méritent d'être soutenus. 5 euros pour organiser une manifestation anti-nucléaire, je ne dis pas, mais pour recopier un magazine, je dis non !
En attendant, nous pouvons compter sur les industriels pour remédier aux pénuries avant même que les consommateurs ne s'en inquiètent. Mais je reste convaincu que notre meilleure participation pour un monde meilleur n'est pas de donner 5 euros à Terre Sacrée mais de diminuer au maximum notre consommation et d'encourager notre entourage à faire de même.


8.9.08

Nous vivons tous sur la même planète ?

J'ai un problème. Je me sens humaine puisque je suis sensible, passionnée, agaçante, contrariante (etc... bien sûr), et pourtant je ne me trouve aucun point commun avec la plupart des gens qui m'entourent.


J'ai trouvé ma qualité de vie dans la nature. J'ai appris à profiter des choses simples de la vie parce que j'ai compris sa fragilité. J'aime rire de tout, même de ce qui me déprime parfois. Je redoute les maladies et la perte des gens que j'aime. Alors quoi de plus humain que d'imaginer une humanité respectueuse sur une planète en bonne santé ? Et pourtant, pendant qu'une minorité de personnes revendique une vie saine dans un environnement sain, une majorité s'auto-médicamente dans une atmosphère polluée. Comment expliquer ce phénomène ? Je fais partie de cette minorité souvent qualifiée d'anti-progressiste parce que je ne comprends pas que l'on puisse choisir un mode de vie au détriment de sa santé. J'ai peur des OGM, des pesticides, des substances chimiques, de l'irradiation, de la nanotechnologie, des eaux toujours plus contaminées, de l'atmosphère toujours plus pollué, j'ai peur de perdre espoir de mourir de vieillesse. Pour cette raison, je me sens déconnectée de la réalité du monde où les besoins se sont matérialisés à tel point que la destruction de notre environnement en est le prix à payer. Les activités humaines pour le compte des pays riches mettent en péril la santé de l'humanité toute entière, et personne ne songe à remédier à ce châtiment. Bien au contraire, la bonne marche à suivre pour un pays en développement est d'entrer dans la ronde des industries.


Respect, protection, émotivité, conscience, voilà ce qui me sépare de ce monde confectionné par les technologies industrielles, où les gens se comportent comme si tout allait bien, comme si l'évolution suivait son cours et s'améliorait au fur et à mesure de leurs besoins. Pour ma part, je n'y vois qu'un monde nucléaire, chimique, désertifié, une biodiversité mourante, une humanité inconsciente et toujours plus d'informations venant noircir le panorama. Je n'y vois qu'un occident malade qui va entraîner le reste du monde dans son cauchemar industriel.


Depuis, j'ai réalisé qu'aucune thérapie ne résoudrait mon problème alors je continue de partager le spectacle du monde tel que je l'interprète et de sensibiliser quand l'occasion se présente. Et même si je pense être réaliste, je suis jugée pessimiste ou extrémiste. Pour ceux qui ne se posent jamais de question, je suis étrange et pour ceux qui croient penser, je fais pitié. En attendant, les informations continuent d'être relayées sans aucune réaction, sans effet apparent de volonté de survie chez l'espèce humaine. Tout le monde encaisse comme si l'évolution n'était, en fin de compte, qu'une fatalité...


Mais tout de même, pour ceux qui croient encore que la vie est rose et notre planète verte et bleue, voici d''autres couleurs :


Couleurs "déchets"

Kamilo Beach, Hawaii


rivière à Los Angeles


Couleurs "chimiques"

Dzerzhinsk, Russie


Vapi, Inde


une zone morte  autour de la mine Kam Kotia au Canada


Sumgayit, Azerbaijan



et quelques infos noires :


Le top ten des villes-poubelles / Worst Polluted : Reports

Les zones mortes - Wikipédia

Les pluies acides

Pollution industrielle


Une étendue de déchets plastiques toxiques de deux fois la taille du Texas barbotte tranquillement dans l’océan pacifique


Junk : blog en anglais de Marcus Eriksen (directeur de recherche à la Fondation Algalita Marine) et Joel Paschal (ancien employé de l'Agence fédérale américaine des océans et de l'atmosphère), tous deux partis sur un radeau de fortune en janvier 2008, en direction du "gyre du Pacifique", afin de sensibiliser l'opinion publique sur la gravité de la pollution des océans par le plastique.

5.9.08

"Le nucléaire, c'est le triomphe de l'inhumain"

Communiqué de Pièces et Main d'Oeuvre


« Que s'est-il passé cet été ?... d'important, de grave, de marquant ?... Sais plus. Il se passe tant de choses. On a déjà oublié. Pour Benoit Récens, l'événement de l'été ce fut cette atterrante succession "d'incidents" dans la Drôme nucléaire.


Pardonnez-lui sa candeur, Benoit Récens est un jeune homme. Il croyait comme il le dit lui-même que le nucléaire était "un thème has been" des contestations des années 70. Ou à la rigueur qu'on pouvait "sortir du nucléaire", qu'on en sortirait un jour. Sûrement. Mû par la curiosité, il se rend sur place et s'informe sur le sujet (pdf).


En un week-end le monde de ce garçon "de tempérament joyeux, refusant rarement de boire un coup et manquant peu de fêtes" bascule. Il découvre la démentielle réalité du nucléaire, celle avec laquelle nous sommes condamnés à vivre (à vivre ?) pour des milliers d'années.


Il y a vraiment de quoi sourire devant pareille découverte. C'est-à-dire quand on est un adulte d'âge mûr, voire bien mûr, un Grenoblois, un vrai, revenu de toute ces terreurs. Quand on a une telle haine de soi et une telle indifférence pour ses enfants, finalement, qu'on se moque autant de subsister dans un monde nucléarisé que d'offrir comme avenir à ses gosses un boulot de pingouin chez STMicroelectronics et des loisirs électroniques achetés à la Fnac. Le nucléaire, j'y pense et puis j'oublie... 


Bien entendu, quand on dit Grenoblois, on signifie Technopolitain, aussi bien résident de la Drôme nucléaire que du CEA-Landes, du Cotentin nucléaire ou de l'Est poubelle nucléaire.


Beaucoup d'argent, de temps, de salive vont se dépenser à Grenoble dans les semaines qui viennent en opérations de communication destinées à nous pénétrer des bienfaits des technosciences et du soin que nos technomaîtres prennent de nous, leur cheptel humain (Barnum Libération, Fête de la Science, talk-show Sciences et Démocratie).


Mais pour savoir ce que valent vraiment ces nuées de paroles, il suffira de les mesurer à l'aune de cet été en Drôme nucléaire, en lisant l'article d'un garçon de 20 ans : "Tricastin, Romans-sur-Isère : le week-end où je suis devenu presque négatif".


Merci de faire circuler »


Tricastin, Romans-sur-Isère :

le week-end où je suis devenu presque négatif.pdf