Blog à vocation informative, à l'atmosphère parfois militantiste.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et états d'âme.

7.8.08

Dégazage sauvage dans la Manche


Un navire russe est suspecté d'avoir effectué un dégazage au large de St-Valéry-en-Caux dans la Manche. La pollution maritime de 25 kilomètres de long et 50 mètres de large, a été signalée par un hélicoptère des douanes. Le navire a été dérouté au port de Dunkerque et devrait être immobilisé. De son côté, la Fondation Surfrider s'est engagée à mener des poursuites judiciaires pour s'assurer que les pollueurs soient condamnés. Pauvre Manche, comme si la Fosse des Casquets ne lui suffisait pas...


Pollution par hydrocarbures et transport maritime

Rejets illicites - Déversements illicites

L'Ecuador star détourné à Brest pour pollution : 400 000 euros de caution

Corse: pollution maritime aux hydrocarbures dans le golfe de Galeria

De lourdes amendes requises pour deux pollutions en Méditerranée

Un navire se lache devant les Alpes Maritimes

Golfe de Fos Environnement

Dégazages sauvages : en 5 ans 14 capitaines pris en flagrant délit

Une pollution de plus pour le port d’Alger

quand les industries s'en mèlent...

Pollution par hydrocarbures dans l'estuaire de la Loire

Raffinerie Total Donges : les hydrocarbures ont atteint l'île de Ré


La pollution marine résulte de toutes les substances nuisibles provenant des activités humaines, rejetées en mer. Les agressions sont multiples : résidus de cargaison rejetés, pertes de cargaisons, rejets d'hydrocarbures, fuites au pompage de pétrole lors d'extraction en mer,  marées noires, naufrages, immersions de déchets radioactifs, engins de pêche usés et rejetés volontairement, dépôts immergés de munitions ou d'explosifs suite à des conflits armés, dépôts et rejets de boues de dragages, et sans compter la pollution drainée par les fleuves, eaux usées urbaines et industrielles, déchets alimentaires et ménagers, pesticides agricoles et contaminants industriels chariés...


Si nous sommes impuissants face à de telles pollutions comme les dégazages en mer, soyons conscients que nous sommes, en contrepartie, responsables de la pollution qui est drainée par les fleuves jusqu'aux océans, une pollution qui reflète notre consommation. A bien y réfléchir, il suffirait de diminuer notre consommation pour épargner aux océans un tel trafic maritime et ses monstrueux dégazages.

" Les littoraux sont le réceptacle des pollutions continentales, drainées par le lit des rivières, et charriant aussi bien des pesticides et des nitrates d'origine agricole, que des contaminants industriels. Les nouvelles formes de pollutions chimiques qui apparaissent sur le littoral sont préoccupantes. Au-delà des spectaculaires marées noires et des accidents pétroliers, les contaminants chimiques qui infiltrent le milieu marin sont souvent invisibles à l'œil, et pourtant très dangereux. Leur discrétion leur a valu d'être quelque peu "oubliés" des grandes conventions internationales de protection des mers. L'écotoxicologie analyse les effets des polluants sur le monde vivant et les risques qu'ils génèrent sur la santé. L'étude des polluants chimiques implique, entre autres choses, de connaître leur transformation, c'est-à-dire leur spéciation. A l'issue des analyses, les laboratoires avertissent les autorités compétentes pour qu'elles interdisent la consommation des produits marins de la zone susceptible d'être contaminée, car les polluants chimiques peuvent suivre la chaîne alimentaire jusqu'à l'homme. Les points chauds dans ce domaine : l'épisode de pollution par le cadmium en Gironde a laissé des traces, et l'estuaire est toujours sensible ; la baie d'Arcachon a été il y a quelques années touchée par les polluants issus des peintures anti-salissures ; les côtes du Languedoc-Roussillon, aspergées d'anti-moustique dans les années 60, sont toujours concernées par la pollution au DDT (Dichloro-Diphényl-Trichloréthane, retiré de la vente en 1972) ; enfin, la baie de Seine est atteinte par les PCB (Polychlorobiphényles). "

Pierre-Jean Labourg, CNRS-Université de Bordeaux


Extraits du dossier de presse "Planète Océan" réalisé par la Commission Océanographique Intergouvernementale (COI) et l'Unesco :


" On estime que 75% de la pollution marine est d'origine continentale et souvent liée à des activités quotidiennes et non à des déversements d'hydrocarbures. Les réseaux fluviaux comme ceux du Rhin ou du Danube amènent à la mer des milliers de produits chimiques. Le déversement des eaux usées entraîne la présence, dans la mer littorale, d'une quantité excessive de nutriments qui favorise la prolifération et la décomposition rapide des algues. L'eau étant alors privée d'oxygène, on constate la mort des poissons et des autres formes de vie marine. La plus récente édition de l'Etat de l'environnement du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) contient quelques constats alarmants :


- quelque 70% des déchets déversés dans le Pacifique ne reçoivent aucune forme de traitement préalable.

- de grandes quantités de polluants agricoles, et autres, sont rejetées dans les cours d'eau qui se jettent dans la mer des Caraïbes, ce qui provoque une forte pollution par les nitrates, les phosphates et les pesticides.

- quelque 1,2 million de barils de pétrole sont déversés chaque année dans le golfe Persique. "


" En amont, les activités agricoles peuvent entraîner des écoulements de pesticides et d'engrais (les polluants organiques persistants ou POP), qui finissent dans l'océan. Les courants et les vents transportent ces polluants sur des milliers de kilomètres. L'Antarctique est ainsi touché par des polluants venus de l'autre bout du monde. Des quantités anormalement élevées de certains de ces produits chimiques auraient même été retrouvées dans le corps d'Inuits, dont l'alimentation est riche en graisses d'animaux marins, là où s'accumulent les POP. "

6.8.08

L'extinction annoncée des primates


L'IUCN donne à nouveau l'alerte. La menace d’extinction s’intensifie sur les espèces les plus proches de l’homme. 50% des espèces de primates sont menacées d'extinction, c'est le résultat d'une étude rendue publique au Congrès de la Société internationale de primatologie 2008. Durant le même Congrès en 2007, une étude identique présentait un rapport alarmant, 25% des primates dans le monde étaient en danger. Les principales causes de cette hécatombe n'ont pas changées : la destruction de leur habitat naturel et la chasse.


Les primatologues craignent que deux espèces de Colobes ne soient déjà éteintes. Le président du Groupe de spécialistes des primates de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN a déclaré : "A certains endroits, les primates sont littéralement dévorés jusqu'à l'extinction". Franck Chanterau, président de Little Jak (une ONG congolaise), dénonce une mafia organisée et une dilapidation des espèces protégées du Congo : «Ce sont des animaux qui deviennent de plus en plus rares et très convoités à l’extérieur par des riches collectionneurs ou des laboratoires. Pour notre cas, la Rdc, il y a une demande importante concernant les chimpanzés, les gorilles et les bonobo. Il y a des gens qui ont envie d’en posséder un personnellement. Il ne faut évidemment jamais acheter un bébé grand singe. Selon les statistiques internationaux, en voulant acheter un bébé grand singe, il faut tuer au moins dix de ses congénères. C’est un commerce illicite interdit en RDC. Ces animaux appartiennent au patrimoine congolais. La police et les gardes des parcs nationaux doivent arrêter ceux qui s’en livrent


Pendant ce temps, le CNRS rappelle les modalités administratives en ce qui concerne le transport d'animaux de laboratoire. Même si ces phrases toutes faites reflêtent une réglementation rigoureuse, il serait judicieux que la CITES ne délivre plus aucun permis à l'encontre de nos amis les primates, y compris au scientifiques. One Voice : L'expérimentation sur les primates


Souvenons-nous de la controverse en 2002 à propos des quatres jeunes gorilles transportés du Nigéria en Malaisie avec de faux permis de la CITES. Ceux-ci indiquaient que les gorilles avaient été élevés en captivité. Les gorilles, destinés à un zoo de Taiping, avaient été, en réalité, arrachés à leur milieu naturel, scandale dénoncé à l'époque par la Ligue internationale de protection des primates. Une enquête des autorités nigériennes conclut que les gorilles avaient probablement été capturés au Cameroun.


«Le commerce international des espèces sauvages est de l’ordre de 10 à 20 milliards d’euros par an. L’Union européenne constitue le second marché après les États-Unis, soit près du tiers du marché mondial.» déclare le Ministère de l'Ecologie français, d'où le rôle du PNUE (Programme des Nations Unis pour l'Environnement) d'administrer l'un des traités de conservation les plus importants au monde : la CITES, convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, une appellation plutôt sécurisante mais qui ne sera pas une protection suffisante pour toutes les espèces amenées à disparaître.


Notification CITES - Fraude en Guinée : utilisation de formulaires de permis et de certificats non valables

Notification CITES - Malaisie : Permis et timbres de sécurité volés


En l'espace d'un an, 25% de plus des espèces de primates sont menacées d'extinction. 


Les primates vont-ils disparaître sous les cris d'alarme des experts ? Si nous ne parvenons pas à les protéger, nous serons incapables de protéger les autres espèces vivantes de notre planète, y compris nous.


Extraits tirés de l'article : Trafics d'animaux sauvages


«En France, l'arrêté Guyane, stipule que toutes les espèces présentes en Guyane sont interdites à la circulation et à la vente sur le territoire français. Cela pour éviter que le département d'Outre-mer devienne la plaque tournante du trafic en Amazonie. Mais, en dépit de cette réglementation, chaque année, des dizaines de milliers d'animaux passent les frontières illégalement, par les airs, les mers ou les routes. La grande majorité meurt pendant le transport. Certains sont congelés, d'autres empaillés. À l'aéroport de Roissy, une animalerie de 2 000 mètres carrés peut accueillir tous les animaux saisis vivants : du lionceau au ouistiti, en passant par les grenouilles maintenues en vie dans une ambiance tropicale artificielle.»

«Dans les pays pauvres, le commerce de la nature est une source de revenus considérable. Et certains trafiquants sont prêts à tout. Même à tuer, ainsi, en Afrique de l'Ouest, des perroquets gris font l'objet d'une traque sans merci. Au sud du Nigeria, le village d'lkodi est surnommé le paradis des perroquets parce que des milliers d'oiseaux vivent dans la forêt. Les villageois ramassent les plumes tombées du ciel et les vendent à des guérisseurs qui les utilisent dans des remèdes traditionnels. Mais ils se heurtent aux braconniers ghanéens qui capturent les oiseaux et travaillent pour le compte d'une véritable mafia locale. Tous les villageois qui ont essayé de détruire les pièges ont été assassinés. Et pour cause : les perroquets gris sont revendus entre 4 000 et 8 000 francs pièce dans les pays occidentaux.»

«En 15 ans, on estime à 500 000 le nombre des oiseaux exportés. Un beau pactole ! Sans compter que les perroquets gris sont loin d'être les seuls à être braconnés. Sur les 330 espèces de psittacides (perruches, perroquets...) officiellement recensées dans le monde, un tiers est en grave danger d'extinction et plus de la moitié est commercialisée régulièrement.»

«Certaines espèces, comme l'ara de Spiks, se vendent plus de 300 000 F pièce ! « Les aras sont plus nombreux en captivité que dans la nature, et personne ne cherche à les relâcher ni à les faire se reproduire car plus ils sont rares, plus ils sont chers », note Fabrice Bernard, garde ä I'ONC. Comble du cynisme, certains braconniers n'hésitent pas à éradiquer une espèce pour faire grimper les prix.»

«(...) Contrôlée par les Services vétérinaires, la boutique a présenté un permis CITES, assurant que l'animal était bien né en captivité et issu d'un élevage agréé. « II y a 99 % de chance pour que cet oiseau soit issu du trafic. A ma connaissance il n'y a pas d'éleveur agréé pour cet oiseau et il est peu probable qu'il soit en captivité depuis deux générations, c'est-à-dire 20 ans, comme le veut la loi », affirme Jerôme Pensu, du Conservatoire des espèces psittacines. Un cas flagrant de fraude ? En tous les cas, aucun autre organisme n'a réalisé de contrôle. Les gardes de I'ONC n'ont pas été autorisés à vérifier l'authenticité du permis. Et rien ne prouve qu'il ne soit pas faux car il existe aussi un véritable trafic de faux permis CITES ! Pour Jerôme Pensu, le doute est d'autant plus fort que cette animalerie commercialise couramment de nombreuses espèces protégées comme le cacatoes des Mollufues ou l'ara militaire, deux espèces recensées dans l'arrêté Guyane et totalement interdites à la vente.»

«Une fois identifiée, si l'espèce est protégée, elle doit bénéficier d'un permis délivré par la CITES pour être vendue. Ce permis garantît que l'animal est né en captivité, c'est-à-dire dans un élevage, et n'a pas été prélevé dans la nature. Les oiseaux doivent aussi être bagués car il est souvent difficile de distinguer deux animaux de la même espèce. Mais malheureusement, là aussi, il y a des trafics. « On voit de tout, des faux permis, des fausses bagues, sans oublier le trafic d'oeufs », dit Didier Boussarie, vétérinaire, qui plaide pour la mise en place d'une puce électronique posée sur les animaux afin de mettre un terme aux fraudes. « La législation actuelle ne sert a rien car il y a une tolérance beaucoup trop forte de l'administration. N'importe qui peut acheter un iguane ou un perroquet protégé, même dans des magasins, sans être menacé de poursuites », insiste le vétérinaire.»


Primatinfos :

Plus de 125.000 gorilles découverts par une nouvelle étude au Congo

Le singe Kipungi menacé d’extinction deux ans après avoir été découvert

Grands-Singes.com


"Orangs-Outans, gorilles, chimpanzés, hamadryas, géladas, singes araignées, nasiques, tous sont en danger de disparition imminente, menacés par le braconnage, la déforestation, la pollution, les guerres, les épidémies. En détruisant sa planète, l'homme met aussi en danger ceux qui l'habitent. Quelles perspectives pour les derniers grands singes ?"


Un livre de Philippe Huet paru aux Editions Flammarion

5.8.08

Chili : cinéaste en prison pour avoir documenté la lutte des Mapuche contre les entreprises forestières

Communiqué du WRM (Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales) :


L’occupation des territoires traditionnels des Mapuche par des plantations industrielles d’eucalyptus et de pins appartenant à de grandes entreprises forestières telles que CMPC et Forestal Bosques Arauco (Holding COPEC) bénéficie de l’appui de l’appareil d’État. La répression, la torture, la mort et la criminalisation de la résistance mapuche sont le cadre du « modèle forestier ».

Le conflit mapuche est comme une lèpre dont souffre la société chilienne : on le cache, on le stigmatise, on le nie.

Intéressée par la musique des Mapuche, la documentaliste et professeur de musique Elena Varela est allée faire un travail de recherche dans la Région IX où elle comptait mieux connaître leur musique et leurs instruments. Pourtant, la situation qu’elle y a trouvée l’a fait modifier l’orientation de son travail.

Selon ses propres déclarations, « J’ai vu qu’ils étaient appauvris, que leurs terres sont sèches, que derrière les entreprises forestières il y a tout un appareil politique, politico-militaire, et j’ai vu que l’industrie forestière dépense sans compter pour faire taire ceux qui se rebellent contre le système. Les fouilles domiciliaires sont permanentes et terribles dans les communautés mapuche. Je crois que certains cherchent encore chez les Mapuche le terroriste imaginé par Pinochet, un terroriste qu’ils ne vont jamais trouver dans la région mapuche parce qu’il n’existe pas ».

Elena Varela a donc entrepris de tourner un documentaire intitulé « Newen Mapuche » (La force des gens de la Terre), cherchant à documenter le conflit qui oppose les communautés mapuche à l’industrie forestière pour des revendications territoriales historiques, en défense de leurs droits collectifs et pour la protection de leur environnement face à la déprédation provoquée par la monoculture d’arbres (cf. Bulletins du WRM nº 120, 106 et 101).

Ces dernières années, dans le cadre de la détérioration sociale, culturelle et environnementale provoquée par l’expansion territoriales de l’industrie forestière, les protestations légitimes du peuple mapuche, qui en est la principale victime, ont eu pour réponse la répression violente de leurs membres et de ceux qui se solidarisent avec leur problème.

La criminalisation a le bras long. Depuis le meurtre par traîtrise du jeune Matías Catrileo jusqu’à l’emprisonnement, rien que pendant la période de Bachelet, d’au moins 55 Mapuche accusés d’attentats contre les plantations forestières et condamnés, dans certains cas, à des peines de jusqu’à 10 ans (cf. Bulletin nº 26), en passant par les dizaines de blessés dans des manifestations, les intimidations et la terreur.

Le 7 mai dernier, alors qu’elle tournait son film, Elena Varela a été arrêtée par une vingtaine de policiers armés. Au cours d’une interview avec le journaliste Jaime Díaz Lavanchy elle a déclaré : « On ne m’a pas permis de parler avec un avocat pendant 24 heures, on ne m’a pas dit de quoi on m’accusait », et ce n’est que bien plus tard qu’elle a appris qu’on l’accusait « d’association illicite en vue de commettre un délit ».

Elle se déclare innocente et affirme qu’elle est en prison à cause de son film : « Je suis en prison en raison de mon travail professionnel de cinéaste, de l’information que je possède, pour avoir des rapports avec des activistes mapuche qui luttent pour ce qu’ils croient, pour avoir interviewé des membres des communautés mapuche qui ont été fortement réprimés et qui n’osent rien dire, parce que j’ai appris des choses si cruelles qu’elles me rendent malade. Le peuple mapuche a été humilié, il a été persécuté. J’ai vu tant de personnes émotionnellement, psychologiquement écrasées, tant de personnes qui n’osent pas parler ! C’est pour cela que je suis en prison ».

« Ce qui me fait le plus de mal », dit Elena, « ce sont les enfants, les enfants malades de Temucuicui ! [communauté mapuche de la zone d’Ercilla constamment soumise à des fouilles par les Forces spéciales de carabiniers]. Cela se voit dans leurs dessins. Ils y dessinent des militaires dans leurs maisons, des explosions de bombes lacrymogènes. Voilà ce qu’ils ne veulent pas qu’on sache ! Et ils veulent savoir où sont les Mapuche qui luttent, pour les exterminer, comme moi. J’ai voulu faire un film et ils m’ont mise en prison. C’est une manière de m’exterminer, de me faire taire ».

Amnesty International déclare officiellement qu’à son avis « les autorités l’ont arrêtée pour essayer de freiner les enquêtes sur ce conflit et de les intimider, elle et le peuple indigène mapuche. La police a confisqué chez elle des enregistrements vidéo, des équipements de son, des appareils photographiques et des téléphones portables, ainsi que des costumes utilisés pour le tournage du documentaire. Elle a emporté en outre le matériel des recherches faites par Elena Varela et des documents concernant le financement du film par le Fonds pour l’audiovisuel du Conseil national de la culture et des arts. Amnesty International craint que ces informations ne soient utilisées par les forces de sécurité chiliennes pour intimider et harceler les activistes mapuche et ceux qui contribuent aux recherches par leurs témoignages ».

La situation de la documentaliste Elena Varela n’est pas unique. Depuis mars 2008, les autorités ont arrêté trois réalisateurs de documentaires qui ont dénoncé le conflit entre les entreprises forestières et le peuple mapuche. La page d’information mapuche Mapuexpress rapporte que « deux journalistes français, Christopher Cyril Harrison et Joffrey Paul Rossj, ont été arrêtés le 17 mars dernier à Collipulli, alors qu’ils filmaient un werkén [autorité traditionnelle mapuche]. La police a réquisitionné les appareils de tournage et les bandes déjà enregistrées. Il y a eu une tentative de les expulser, mais le consul français a réussi à l’éviter. Deux jours plus tard ils ont été agressés dans la rue, eux et le werkén, par un groupe de douze personnes. Une chose semblable est arrivée le samedi 3 mai à Giuseppe Gabriele et Dario Ioseffi, deux documentalistes italiens, au moment où ils faisaient un enregistrement audiovisuel d’une mobilisation mapuche dans un établissement de Forestal Mininco dont la communauté Chupilko revendique la propriété depuis près de deux décennies ».

Amnesty International recommande une série d’actions dans le cas d’Elena Varela, dont l’envoi d’une lettre à la Présidente, à la ministre de la Culture et au ministre de l’Intérieur (voir www.amnistia.cl/index). Par ailleurs, plusieurs personnalités du monde du cinéma ont fait circuler une lettre ouverte adressée à la Commission interaméricaine des droits de l’homme où elles réclament la liberté d’Elena Varela et manifestent leur « préoccupation au sujet de la liberté d’expression au Chili » (voir la lettre sur www.wrm.org.uy/medidas cautelares.pdf et une vidéo de la conférence de presse sur youtube.com).

Pour Elena Varela, il est très douloureux de « ne pas pouvoir montrer ce que j’avais à montrer. Mais je dois être forte, parce que cette douleur est celle des Mapuche que je souffre maintenant dans ma propre chair ».

Article fondé sur des informations tirées de : “Estoy presa por la información que manejo”, Jaime Díaz Lavanchy / La Nación, dimanche 9 juin 2008, www.lanacion.cl/noticias ; “Chile: Libertad de Expresión”, Amnesty International, www.amnistia.cl/index ; “Documentalista de Film Mapuche y las graves violaciones al trabajo documental”, Mapuexpress, www.mapuexpress.net ; contribution d’Alfredo Seguel, Coordinación de Identidades Territoriales Mapuche, alfredoseguel@....


Reporters sans frontières - Chili

Adieu Matías Catrileo - APATAPELA

Dénoncer l'Arrestation de la cinéaste Elena Varela - Mapuches.org

Lien Mapuche International | Actualité

Les skieurs ne pourront pas glisser sur le territoire du grand Tétras

Le juge administratif de Toulouse vient de suspendre le défrichement de Mijanès qui avait été autorisé par le Ministre de l'Agriculture pour développer la station de ski de Mijanès-Donezan. Celui-ci a estimé que les impacts en forêt seraient trop importants et nuiraient au grand Tetras, ce grand coq de bruyère menacé de disparaître. Les skieurs devront aller se faire cuire un oeuf et chercher d'autres pentes. Cette fois-ci, la Justice ne permettra pas de se divertir sur le territoire d'une espèce qui doit survivre.


Un grand merci au Juge pour rappeler aux politiciens que la prise de conscience doit être collective.


Mijanès : Le grand Tétras sauvé, le défrichement n’aura pas lieu !


La température augmente au Costa Rica

Le Refuge de Vie Silvestre Gandoca Manzanillo souffre du réchauffement économique. Le développement touristique déforeste, assèche, brüle sans se préoccuper le moins du monde de ce qui lui servira d'enseigne, une exubérante biodiversité aujourd'hui menacée.


Brûlis à Punta Uva - février 2008

4.8.08

Arnaques au Congo


Greenpeace vient de publier un nouveau rapport d’investigation Arnaques au Congo dénonçant l’évasion fiscale orchestrée par le groupe Danzer, une importante compagnie forestière de la région. Le rapport démontre que cette multinationale allemande blanchit ses profits à l'étranger pour échapper à la fiscalité locale.


La République Démocratique du Congo est l'un des pays les plus pauvres de la planète. Ses ressources naturelles sont pillées par des sociétés européennes laissant derrière elles toujours plus de misère.

Et qui retrouvons-nous tout au bout de la chaîne ? Toujours le même, ce consommateur nombriliste, sans aucun soupçon de fraternité.


Greenpeace dénonce l'évasion fiscale orchestrée par les compagnies forestières européennes


« prendre le problème de la corruption à bras-le-corps

et mettre fin au pillage »