Blog à vocation informative, à l'atmosphère parfois militantiste.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et états d'âme.

23.2.09

Contamination fécale au pays des merveilles


Le parc national Manuel Antonio, sur la côte pacifique du Costa Rica, second parc le plus visité du pays, est victime de son succès. En 2008, celui-ci générait 1,8 million de dollars de revenus, une somme considérable qui n'aura pourtant pas suffit au Ministère de l'Environnement pour adapter ce joyau naturel à ses nombreux visiteurs.


La fosse septique des sanitaires est saturée depuis plus d'un an et les eaux usées du poste des gardes sont librement déversées dans le lagon. Arrivant jusqu'aux aires de repos, les mauvaises odeurs ont finalement suscité une analyse microbiologique. Celle-ci a comptabilisé jusqu'à 46000 unités de coliformes fécaux dans chaque litre d'eau, soit un total 192 fois supérieur au taux acceptable qui est de 240 unités par litre d'eau, de quoi décourager les nageurs les plus assidus (si l'eau contient plus de 500 coliformes, elle représente un risque pour la santé).


Ce type de contamination affecte les organismes du parc, le parc lui même et est un énorme danger pour la santé publique" a déclaré un agent de la Municipalité.


Néanmoins, le parc reste ouvert aux visiteurs jusqu'au 26 février prochain, date à laquelle il sera fermé par le Ministère de la Santé si le problème n'est pas résolu. Seuls les touristes avertis (ceux qui auront acheté l'édition de La Nacion du 23 février révélant le cauchemar de Manuel Antonio) pourront changer leur itinéraire...


Merci Président Arias pour vos remarquables eco-discours ! Et n'hésitez pas entre deux, à venir vous relaxer avec votre eco-Ministre dans les eaux autrefois cristallines de Manuel Antonio.


Contaminación fecal amenaza con cierre de Manuel Antonio


Souhaitons que le cas du parc suscite plus d'intérêt et de conscience que la prodigieuse et médiatisée campagne gouvernementale "Plantons des arbres"...


Diario Extra : Continúa la tala de árboles

(photo prise le 2 février 2009 près de San José)


24.1.09

Le Costa Rica, victime de son environnement politique

Alors que l'ONU félicite le président Oscar Arias pour ses efforts de protection de l'environnement, la population costaricienne s'indigne et demande la démission de son président manipulé et manipulateur.


Crucitas, un projet de mine d'or controversé


L'ancien président Abel Pacheco avait instauré un moratoire pour protéger son pays des exploitations minières. Son successeur Oscar Arias a fait supprimer ce moratoire, puis a donné son aval au projet Crucitas, une mine d'or à ciel ouvert au nord du pays. Même si les "dernières nouvelles" de ce projet s'arrêtent au 25 janvier 2007 sur le site internet de la compagnie minière, ses controverses font actuellement la une des médias. Arias est accusé de défendre la destruction de forêt et de violer une loi de protection environnementale. Celui-ci se contente de répondre que certaines personnes ne veulent pas du progrès. Quant au Ministre de l'Environnement, Roberto Dobles, celui-ci a publiquement déclaré que la mine d'or n'aura aucun impact sur l'environnement. Je n'aurais jamais pensé qu'un Ministre, de surcroît de l'Environnement, soit capable de tenir un tel discours...


Les magnifiques "lapas verdes", espèce menacée d'extinction, sont aussi victimes du projet Crucitas car ils ont besoin des "almendros amarillos" (amandiers jaunes) pour nidifier. La Cour Suprême a voté une loi pour protéger ces arbres qui ont quasiment disparu du pays. Seulement la biodiversité ne fait pas le poids face aux lingots d'or et la compagnie minière a su convaincre les décideurs. L'environnement et les populations locales vont devoir subir les conséquences désastreuses de ce type d'exploitation. L'occident va pouvoir consommer un peu plus et les magnats devenir plus puissants. Il n'est pas paradoxal de constater que le commerce de la luxure s'accroît au rythme de la pauvreté mondiale.


Costa Rica : résistance populaire contre les mines à ciel ouvert à Crucitas

(Extrait du bulletin nº136 du Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales)


Le 17 décembre 2001, au moyen de la Résolution R-578-2001-MINAE et de façon tout à fait furtive, le ministère de l’Environnement et de l’Énergie du Costa Rica (MINAE) a accordé à Industrias Infinito S.A., filiale de la société transnationale canadienne Vanesa Ventures, la concession d’exploitation d’une mine à ciel ouvert pour extraire de l’or par la technique de la lixiviation au cyanure.

Industrias Infinito S.A. prévoit d’exploiter une zone de 18 kilomètres carrés située à Crucitas, dans le Nord du pays, entre les montagnes La Fortuna et Botija, à environ trois kilomètres du fleuve San Juan. Cela suppose d’abattre plus de 190 hectares de forêt (y compris des espèces interdites, comme l’amandier) ; en effet, comme l’explique le journaliste Marco Tulio Araya, qui s’oppose au projet :

« L’activité minière ne permet l’existence d’aucun arbre sur pied, le défrichage doit être total, c’est-à-dire qu’il faut laisser la terre nue sur la montagne pour commencer ensuite à creuser et à extraire les rochers qui contiennent de l’or. Il faut au moins une tonne et demie de roche pour obtenir un gramme d’or. Pour avoir un kilo d’or il faut pulvériser et mêler de grandes quantités de matériel avec des millions de litres d’eau cyanurée, parce que le cyanure fonctionne comme un aimant qui attire les particules d’or microscopiques. Une mine qui extrait de l’or et d’autres métaux par ce procédé dénommé lixiviation requiert une telle quantité d’eau qu’elle dépense en une heure autant d’eau qu’une famille paysanne pendant 20 ans. Pour réussir à obtenir tant d’eau, l’entreprise achète les propriétés autour de la mine, pour que personne ne dise rien, et elle détourne les ruisseaux pour les réunir, ce qui, bien entendu, est interdit. Une fois utilisée, l’eau contaminée de cyanure se déverse dans des lacs, où elle continue d’empoisonner toutes les petites bêtes qui en boivent. L’entreprise met parfois des panneaux d’avertissement mais, comme ni les oiseaux ni les animaux ne savent lire, la mort et la destruction continuent. »

Le coût est très élevé : non seulement le paysage de Las Crucitas sera détruit, mais non moins de 32 communautés voisines seront affectées, ainsi que le fleuve San Juan, sur la frontière du Nicaragua.

Au Costa Rica, le déboisement est interdit, la seule exception permise étant les projets d’intérêt national. Après plusieurs allées et venues, le projet de mine à ciel ouvert a fini par être déclaré « d’utilité publique », pour pouvoir l’approuver, mais le peuple du pays se demande quelle est l’utilité publique d’un projet qui entraîne la destruction et la contamination et aggrave le changement climatique.

Il a été amplement démontré, comme les communautés affectées du monde entier peuvent en témoigner, que l’extraction minière est une activité industrielle de courte durée qui a des effets destructeurs à longue échéance et généralement irréversibles. Un de ces effets est sa contribution au changement climatique, autant par le déboisement qu’elle comporte souvent – que le Costa Rica subit déjà – que par la grande quantité d’énergie qu’elle consomme et qui provient du brûlage de combustibles fossiles (charbon, gaz ou diesel) dont les émissions sont responsables du dérèglement du climat.

Depuis que le gouvernement du Costa Rica a publié la déclaration d’utilité publique, le mouvement écologiste et social dirigé par les organisations et les communautés de la zone Nord est en lutte, largement appuyé par le public en général.

L’organisation Coecoceiba – Les Amis de la Terre Costa Rica rapporte que « la lutte contre le projet Crucitas se poursuit depuis plus de quinze ans, grâce aux communautés de la zone Nord. Pendant ces quinze années on a réussi à démolir des études d’impact environnemental, à expulser des entreprises énormes comme Placer Dome et à construire un tissu social fort qui aujourd’hui s’unit à nouveau pour résister à une nouvelle attaque contre les communautés et leur environnement ».

Le peuple du Costa Rica a réagi face à ce qu’il considère comme un crime environnemental, qui montre la dualité de la politique gouvernementale : « Le gouvernement actuel possède deux politiques en matière d’environnement : au plan international, il dit que la conservation est nécessaire et que le monde est en danger à cause de la débâcle environnementale, entre autres affirmations universellement acceptées. Autour du monde, les initiatives ‘Paix avec la Nature’, la neutralité en carbone et ‘Costa Rica pour toujours’ sont devenues une partie importante de la politique extérieure par laquelle le pays essaie de se positionner dans divers forums et d’obtenir des ressources financières. Mais la politique environnementale à l’intérieur du pays, celle de tous les jours, contredit l’autre. Cette deuxième politique est favorable à la déréglementation et élimine chaque jour des activités qui doivent présenter une étude d’impact environnemental pour déterminer leur viabilité. Cette politique défend coûte que coûte l’idée qu’une mine d’or à ciel ouvert qui utilise la lixiviation au cyanure est compatible avec l’environnement, et répète la vieille formule que ‘le projet est viable du point de vue social, économique et environnemental », dénonce Coecoceiba. (http://www.feconcr.org/)

Le 14 novembre dernier, une ‘Marche pour la Vie’ a été organisée à Ciudad Quesada pour montrer que le peuple rejette les projets destructeurs. Des gens des villages des environs sont venus s’y joindre pour manifester leur opposition aux mines à ciel ouvert et exiger que le décret soit annulé. Une activité culturelle a eu lieu après la marche.

De nombreuses organisations ont présenté un recours pour violation des droits et libertés fondamentaux (« recurso de amparo »), exigeant la reconsidération des permis délivrés et leur annulation. Le déroulement des événements est suivi avec préoccupation depuis le Nicaragua voisin, car la mine à ciel ouvert affecterait certaines communautés de ce pays.

L’indignation est grande et la résistance croît.

Pour en savoir plus visitez la page web de la campagne contre l’industrie minière à Crucitas : http://fueradecrucitas.blogspot.com


Procédure contre le président Oscar Arias pour abus de pouvoir

liens en espagnol :

Crucitas ¿Viabilidad ambiental o chantaje empresarial?

Fuera de crucitas


source : Infinite possibilities in Costa rica - Infinito Gold

23.1.09

Greenpeace, loin des harpons

Les baleines des mers du Sud devront se passer de l'aide de Greenpeace cette année. L'association a annoncé dans un communiqué qu'elle ne serait pas présente dans le Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral pour s'opposer aux baleiniers japonais, même si nous pouvons lire sur l'un de ses nombreux sites : ‹‹ Votre don nous aidera à faire cesser pour de bon la chasse commerciale aux baleines. Il faut agir maintenant ››.


Heureusement, Sea Shepherd reste fidèle à ces magnifiques créatures.


Message du Capitaine Watson (depuis le Steve Irwin au port de Hobart)  (23/01/09) :

Voici venu le temps du deuxième round dans la bataille pour sauver les baleines dans le Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral. Après un mois et demi de poursuite de la flotte baleinière japonaise, nous avons été forcés de rentrer au port pour nous réapprovisionner en carburant.

Mais nous devons repartir vers le Sud aussi tôt que possible. Chaque jour que nous passons loin d'elles, des baleines meurent. Le massacre des baleines dure quatre mois et pour l'arrêter, nous avons besoin de carburant, de provisions et de pièces de rechange pour garder notre navire en mer afin de continuer à intervenir contre leurs activités illégales de chasse à la baleine.

Et pour cette raison, nous devrons refaire le plein de carburant et de provisions trois fois pendant cette campagne.

La bonne nouvelle, c'est que les coûts sont moindres cette année pour le carburant et les lubrifiants. En fait, nous économiserons cette année 90.000 $ (environ 69.000 €) par rapport à l'an dernier, pour remplir nos cuves de 200 tonnes de carburant.

La mauvaise nouvelle, c'est que c'est toujours très cher, et qu'avec la crise économique internationale, il est plus difficile de lever des fonds. Toutes les organisations à but non lucratif en souffrent sur le plan international.

Ainsi, nous faisons appel à nouveau à votre générosité pour pouvoir repartir vers le Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral et reprendre nos actions contre la chasse illégale à la baleine par les Japonais.

Votre don à Sea Shepherd en réponse à cet appel, sera utilisé pour l'administration, la maintenance, et pour manœuvrer nos navires. Il sera utilisé pour faire le travail pour lequel il a été engagé, là où c'est important, là sur le champ de bataille, où nous avons montré à maintes reprises que nous pouvions arrêter les machines à tuer illégales, et que nous pouvons sauver la vie des baleines, des requins, des tortues, et dauphins, des oiseaux de mer, et des poissons.

Merci de donner à hauteur de ce que vous pouvez pour nous aider à continuer d'intervenir dans le sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral. (faire un don)

Ensemble nous faisons la différence. Ensemble, nous pouvons écarter définitivement les baleiniers du Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral.

Jusqu'à présent, nous avons poursuivi les baleiniers hors-la-loi sur plus de 3.000 km dans notre 5e campagne antarctique de défense des baleines. Après un nécessaire retour au port en Australie pour refaire le plein de carburant, de vivres, et de matériel, et grâce à votre soutien continu, nous pourrons repartir en Antarctique et stopper leurs opérations cruelles aussi tôt que possible. Merci de nous permettre de faire cette campagne, ainsi que toutes les autres pour défendre les requins, les phoques, et tous les animaux marins.

  

Pour les Oceans,

Captain Paul Watson

Fondateur et Président


29.12.08

L'économie écologique

Le financement du lobby vert, voici un sujet intéressant traité par Alerte Environnement. Les grandes figures écologiques se battent certes contre certaines pratiques suscitées par l'économie mondiale et pourtant elles ne sont pas à l'écart de cette économie puisque les donations se comptent chaque année en millions de dollars.


‹‹Pour les écologistes et les altermondialistes, l’argent n’a pas d’odeur :

On pourrait penser que les associations écologistes, telles qu’apparues dans les années 70 dans les pays anglo-saxons et ailleurs, émanent exclusivement d’un mouvement populaire en protestation contre les principaux acteurs de la société industrielle. Or, paradoxalement, ces mouvements écologistes ont reçu un sacré coup de pouce de la part de nombreuses richissimes fondations qui ont financé cette vague verte et continuent d’ailleurs de le faire. Paradoxe, car la plupart de ces fondations sont liées aux milieux de l’industrie et des affaires, cibles des écologistes. C’est le cas notamment de la Ford Foundation qui tire ses moyens colossaux – plus de 13 milliards de dollars – de la fortune des entreprises Ford. Comble du mélange des genres, Kathryn S. Fuller, la présidente du conseil d’administration de la Ford Foundation depuis mai 2004, est une des responsables de la branche américaine du WWF (qu’elle a présidée entre 1989 et 2005) et est également depuis 2002 directrice de l’entreprise américaine Alcoa, deuxième producteur mondial d’aluminium. Ces dernières années, la Ford Foundation a donné plusieurs millions de dollars aux Friends of the Earth, au WWF ou à l’Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP), une association militant contre l’agriculture conventionnelle. De même, la richesse de la Charles Stewart Mott Foundation provient de General Motors et a donné, depuis 1993, plus de 8 millions de dollars aux Friends of the Earth ainsi que plus d’un demi million de dollars, depuis 2002, à leur branche française – les Amis de la Terre. Le Rockefeller Brothers Fund, dont l’un des responsables est le fameux David Rockefeller, ancien président de la Chase Manhattan Bank et fondateur du think tank néolibéral baptisé la Commission Trilatérale, joue lui aussi un rôle important dans le financement de la cause écologiste, subventionnant depuis longtemps les mouvements écologistes comme les Friends of the Earth ou Greenpeace.››  lire la suite


Je comprends mieux qu'il ne vienne pas à l'esprit d'une organisation internationale de financer l'agriculture bio ou encore des recherches boudées par les industriels comme la géothermie, ou bien de libérer Myanmar ou la Papouasie Occidentale de leur junte militaire assassine (cela m'a échappé !). Il y aurait tellement de choses à faire avec tous ces millions de dollars qui transitent de compte en compte sans jamais se transformer en bilan positif pour la Terre et ses habitants.


Warren Buffett a dit un jour «La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter». Les hommes les plus riches du monde sont en guerre, les victimes sont nombreuses et les ONG prospèrent.


Et parce que les personnalités vertes s'égarent parfois, Alerte Environnement a créé le Prix Al Gore - Une vérité qui dérange qui sera décerné à l'écologiste ayant prononcé la phrase jugée la plus choquante.


“Le vertige me prend de penser que demain, deux milliards de chinois pourraient exiger d’avoir leur douche et leur WC individuels à la maison. Toutes les eaux du Tibet et de la Chine réunies ne suffiraient pas à approvisionner cette masse de consommation terrifiante.” Philippe Desbrosses, président d’Intelligence Verte, pionnier de l’agriculture biologique


Le vertige me prend de constater que certains pensent que les commodités basiques, dont ils ne pourraient eux-mêmes se passer, ne sont pas un droit pour tous les humains. La guerre des classes toucherait-elle aussi les écologistes ?

2.11.08

Toujours envie de rouler vert ?


Nous le savons aujourd'hui, les agrocarburants ne sont pas la solution à l'épuisement de l'or noir. Leurs impacts sur l'environnement se sont avérés catastrophiques, des millions d'hectares de forêt ont disparu dans le monde, faisant place à des plantations de palmiers à huile. En Amérique Latine comme en Asie du sud-est, les forêts partent en fumée, la biodiversité atteint le stade critique de la survivance, des milliers de tonnes de CO2 sont libérés dans l'atmosphère et les multinationales continuent de s'enrichir en exploitant honteusement de pauvres gens. Lire l'article : Malaisie : des enfants et des travailleurs migrants indonésiens réduits à l’esclavage dans les plantations de palmiers à huile


Notre monde est parfaitement développé et manipulé, et il requiert des sacrifices humains pour satisfaire les privilégiés. Et bien honte à ceux qui sont satisfaits, les industriels, les politiciens et les adeptes aux agrocarburants qui se disent bons citoyens. Etre dévoué à son grand patron gouvernement n'est pas un acte de citoyenneté responsable, l'article du Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales le confirme une fois de plus.

31.10.08

Au Népal aussi la vie sauvage succombe, l'association Sundari témoigne

Nous devons admettre que notre planète toute entière est ravagée par les humains, l'environnement se dégrade et la biodiversité se meurt. Les pays occidentaux n'arrivent même pas à préserver leurs insectes et les autres pays vendent leur biodiversité comme une vulgaire marchandise, lorsqu'ils ne sont pas obligés de s'en nourrir. Malgré tout, certains veulent nous faire croire qu'ils s'agitent pour réguler ce désordre environnemental mondial, les gouvernements, par exemple, en adoptant de jolies lois de protection, allant même jusqu'à classer certains sites comme patrimoines du pays, mais aussi les organisations internationales qui proposent de pertinents programmes et de belles conventions, mais tout cela est sans compter sur l'avidité et la convoitise humaine. Pendant que ces sauveurs restent dans leurs bureaux, les dégradations de l'environnement sont toujours plus désolantes. Et la corruption fait que rien ne changera, si ce n'est le prix à payer, à moins que l'opinion publique sache et décide de réagir.


Je rejoins entièrement Bérangère, de l'association Sundari, lorsqu'elle m'écrit : ‹‹L'information de toutes les populations est cruciale, si nous voulons un jour que cet acharnement sur les animaux et sur leur environnement cesse.››, et, pour cette raison, je vous transmets son dernier message ainsi que les photos.



SUNDARI WILDLIFE PROJECT


Durant notre dernier séjour de huit mois au bord du parc national de Bardia – sud-ouest du Népal... nous avons été les témoins génants du massacre de deux rhinocéros unicornes.

Nous avons également appris à mieux comprendre le système de braconnage népalais...


Le parc national de Bardia est un site naturel unique au monde, renfermant une biodiversité extraordinaire.. un coin de paradis sur Terre... seul endroit au monde  où l'on peut observer ensemble tigres, éléphants, rhinocéros indiens, dauphins d'eau douce, pour ne citer que les espèces les plus charismatiques.


Ce joyau est en train de disparaître à une vitesse alarmante. C'est une évidence malgré tous les efforts de l'administration pour camoufler la situation réèlle.


De la centaine de rhinocéros présents sur place il y a quelques années , il n'en reste que 21, selon le dernier comptage, largement sur-évalué. 

Début avril, la mort d'un homme, témoin malheureux du braconnage d'un rhino, tué par les braconniers, a fait apparaître la vérité au grand jour... 


Patrice CORREIA, Photographe animalier, s'est rendu sur place pour photographier la dépouille de l'animal, malgré l'interdiction de l'armée, qui ne voulait surtout pas de témoin de cette affaire. Trois semaines plus tard, Patrice et l'un de ses amis, Tristan RENAUT, ont découvert un nouveau rhinocéros mutilé, la corne arrachée à coups de machette... lors d'une journée en jungle.Un mois auparavant, nous avions déjà observé un homme au comportement suspect qui poussait les rhinos vers la rivière à l'aide d'un chien de chasse. Le parc, alerté, n' avait pas réagi.


Cette fois ci c'en est trop, l'administration est sommée de s'expliquer ( administration tripartite où tout le monde se renvoie la balle : armée chargée de la surveillance,  national trust for nature  conservation chargé de l'équilibre entre les communautés locales et la vie sauvage, et la direction du parc.)

Les langues se délient, et il est évident que nombre d'employés laissent faire , voire sont corrompus.

Nombres de fonctionnaires touchent des salaires exorbitants (financés en grande partie par des donations venant de l'étranger) et considèrent le parc comme leur garde manger .


Les guides naturalistes et les hotels vivant de l'éco-tourisme sont les premiers touchés par la disparition de la faune ( les rhinos ne sont que la partie émergée de l'iceberg.), mais le plus souvent ils se taisent de peur de perdre leur licence de guide qui leur est délivrée par le parc. 


RECAPITULATIF DES ACTIONS 2008

ET NOUVEAUX ELEMENTS


1er avril 2008 :


Meeting au TRUST NATIONAL CONSERVATION, concernant la coupe de bois illégale qui sévit depuis des semaines dans le parc, par les populations locales.

Etaient présents, les guides de jungle, les propriétaires de lodges, deux gradés de l'armée, le commandant du parc national, le responsable de la fondation TRUST, Patrice et moi..

Aucun résultat. L'indifférence des trois autorités en place fait peine à voir.

Nous nous posons beaucoup de questions sur leur véritable motivation...


3 avril 2008 :


Je me rend au quartier général du parc national, accompagnée du président de l'association des guides de jungle NAGA, Tulsy. Pour y rencontrer le commandant afin de lui proposer notre aide, pour faire cesser la coupe de bois dans le parc... 

Il nous reçoit très bien, me demande de lui fournir des infos et des témoignages.

Ce que je fais.


4 avril 2008 :


Braconnage d'un rhinocéros mâle agé d'une vingtaine d'années, dans la zone tampon de Attishar, au bord du parc national de Bardia.

12 balles dans le corps, la corne arrachée.

Un jeune homme, Narendra Chaudhary, témoin du massacre à été abattu de sang froid par les braconniers, alors qu'il se rendait au même moment dans son village.

L'indifférence des autorités est affligeante.


5 avril 2008 :


Je me rend au quartier général de l'armée, accompagnée de Tulsy et Raju, membre lui aussi de l'association des guides de jungles NAGA.

Notre entretien avec le colonel est bref, il me fait comprendre que leurs moyens sont très limités du fait du peu de budget, du manque de véhicules et de carburants, pour effectuer les patrouilles dans le parc.

Je lui propose de les aider, au moins pour le fuel, il décline mon offre.

Il me conseille de mettre en place un système de patrouilles avec les guides de jungles... 


Pendant ce temps, Patrice se rend à Attishar pour prendre des clichés de la dépouille du rhinocéros.

Malgré l'interdiction de l'armée, présente cette fois sur les lieux, il arrive malgré tout à prendre cinq photos de l'animal.


23 avril :


Braconnage d'un rhinocéros mâle agé d'à peine quatre ans, dans le parc national, à Manau Gate... à cinq cent mêtres du lieu de braconnage du premier rhinocéros.

Patrice et un proche ami Tristan , accompagnés de leur ami et guide de jungle Sankar, font cette macabre découverte lors d'une promenade en jungle...

Tout de suite ils alertent l'armée, par téléphone, mais pas de réponse.

Ils alertent alors la direction du parc, qui se rend sur les lieux environs une heure plus tard !

Là encore Patrice prend des clichés de l'animal gisant au mileu de l'eau, la corne arrachée, comme le premier rhinocéros.

A l'aide d'un éléphant domestique, un membre du parc repousse le corp sans vie du rhinocéros jusque sur la berge... la méthode est écoeurante. Des hommes du parc national rient de bons coeur, la scène semble les amuser. Patrice et Tristan sont en rage.


Le soir, Nous rencontrons par hasard le propriétaire d'une radio régionale, Resham Chaudhary,de Phoolbari FM, a qui nous racontons ce qui se passe à Bardia, l'envers du parc national.

Il nous interroge, magnétophone en main, et le lendemain matin, notre conversation est retransmise sur les ondes, dans vingt six régions du Népal.


24 avril :


Nous sommes invités à participer à un meeting, pour discuter des derniers évènements, mais à notre arrivée nous voyons que nous ne sommes pas les bienvenus, et la conversation ne se fait qu'en népali, afin de nous écarter.

Nous sommes furieux et nous quittons la salle.

C'est alors que nous faisons la connaisance de Yogesh, un amoureux de nature, président de l'association SAVE WILDLIFE – Népal.


25 avril :


Avec Yogesh nous décidons d'organiser un voyage à Kathmandu avec les guides de jungles, les membres de NAGA, quelques propriétaires de lodges , et nous mêmes, afin de manifester dans les rues de la capitale, et devant le ministère de l'environnement, pour dénoncer l'indifférence ou l'implication des autorités concernant le braconnage.

Aussi nous voulons organiser notre propre conférence de presse.

Après plusieurs jours de meetings et d'organisation, nous sommes prêts à prendre la route.


29 avril :


Nous nous rendons à Tikapur, pour une entrevue en direct avec la radio Phoolbari FM.

Entrevue d'une heure, où nous témoignons.


3 mai :


Nous subissons chaque jour de très fortes pressions de la part des autorités en place, des leaders maoistes... qui semblent être en désaccord avec notre projet... nombres d'entres eux ayant des choses à se reprocher, étant impliqués directement  dans le braconnage.


4 mai :


Notre programme doit être annulé du fait de la pression et des menaces très graves dont nous avons fait l'objet. Les guides de jungle sont les premiers visés, donc nous décidons de tout annuler, cette mission devient trop dangereuse pour tout le monde.

Nous prenons la route seuls.


10 mai :


Quatre braconniers ont été arrêtés à Bardia, en possession de la corne du second rhinocéros et de dix kilos d'os de tigres.

Quatre soldats de l'armée népalaise.


14 mai :


Conférence de presse à Kathmandu, organisée par Yogesh, étaient présents le président du WWF Népal, les autorités responsables de la protection de la faune... les principaux journaux locaux et nationaux, la télévision Népal tv, et la radio nationale.

Nos témoignages sont entendus et pendant plus de huit jours, tous les journaux rappellent quotidiennement les faits , parlent de notre projet, se révoltent à leur tour de l'incompétence des autorités, de l'implication de l'amée dans la destruction du patrimoine sauvage.


Une émission de tv nous est consacrée.

Cinq autres braconniers sont arrêtés quelques jours plus tart.


18 mai :


Entretien avec Népal tv, une émission nous est consacrée.

La protection de la faune DOIT devenir une priorité pour chacun, nous voulons sensibiliser au maximum la population concernant ce sujet sensible.





Sundari au secours des derniers rhinocéros de Bardia


Surtout, n'hésitez pas à transmettre votre indignation à Monsieur Shyam Bajimaya, directeur général du Department of National Parks and Wildlife Conservation (Département des Parcs Nationaux et de la Conservation de la Vie sylvestre) au ministère de l'environnement népalais : sbajimaya@dnpwc.gov.np