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7.3.09

Costa Rica : une bonne nouvelle pour l'environnement


La FECON, Fédération écologique costaricienne, appelle au rassemblement lundi prochain devant le Ministère de l'Environnement à San José, pour fêter la démission de son ministre, Roberto Dobles. Egalement président du Conseil d'administration du Forum ministériel mondial pour l'environnement du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), Dobles n'a pas hésité à déclarer que ‹‹Les forêts tropicales sont l'un des écosystèmes les plus précieux de la planète››, et pourtant, les bavures environnementales ne manquent pas au pays du développement durable.


‹‹ L'ex-ministre souillé sort par la petite porte. On se souviendra de Dobles 

pour son double discours, faisant la guerre à la nature en affirmant faire la paix,

pour impulser à outrance la dérégulation environnementale et le libre commerce des ressources naturelles,

pour débiliter le faible travail de la SETENA et du Tribunal Environnemental et limiter la participation et la gestion citoyenne,

pour promouvoir les mines à ciel ouvert et l'exploitation pétrolière,

pour encourager l'expansion de l'industrie agro-alimentaire de l'ananas qui détruit le sol, contamine l'eau et détériore la santé publique,

pour pousser à la privatisation de l'eau au bénéfice de mega projets touristiques,

pour donner son aval aux traités et lois qui volent les connaissances ancestrales et traditionnelles des indigènes et paysans, en patentant  les semences de la vie au bénéfice de transnationales,

pour favoriser le changement des forêts par des plantations qui serviront à vendre des "bons de carbones" aux contaminateurs du nord et produire des agro-combustibles,

pour avoir envahi la frange côtière et les îles (patrimoines des costariciens) de condominiums, casinos, hôtels, terrains de golf et marinas,

pour n'avoir rien fait pour stopper le massacre des tortues marines, des requins, des jaguars, des aigles,

pour avoir oublier les urgents problèmes de gestion des déchets et la demande d'énergie,

pour débudgétiser les parcs nationaux et faciliter les fonds à des fondations privées et l'obtention de concessions à des amis et membres de la famille. ››

source Fecon, en espagnol


Aujourd'hui, les défenseurs de l'environnement et les partis politiques d'opposition contiennent difficilement leur joie. Le député José Merino déclarait ce matin dans La Nacion ‹‹ La guerre du ministre Dobles contre la nature est terminée ››. Dans l'édition du Diaro Extra, Francisco Molina, chef du PAC (Parti Action Citoyenne), affirmait avoir ‹‹ reçu la nouvelle avec beaucoup de joie ››.


De toutes les irrégularités environnementales cumulées au palmarès de Roberto Dobles, c'est un scandale de concession accordée à la société Agricultura Mecanizada Chapernal qui aura eu raison du ministre. Selon une série de reportages Telenoticias et Canal 7, Jorge Dobles Sanchez, oncle du ministre Dobles et cousin du Président Arias, serait vice-président de Agricultura Mecanizada Chapernal S.A., société appartenant à Azucarera El Palmar S.A. qui possède, à son tour, des actions chez Moravill S.A., société où apparaissent Manuel Dobles (président) et Carlos Dobles (trésorier), tous deux frères du ministre Dobles, ainsi que son épouse, Maria del Carmen Rojas López.


Reste maintenant à savoir si le successeur de Dobles saura vraiment faire la paix avec la nature et mettre sa famille de côté. Mais selon les déclarations du président Arias, il est à craindre que la nature n'ait pas de répit... ‹‹ Le fait d'avoir accordé cette concession minière va créer un scandale politique qui va faire qu'il me sera très difficile de pouvoir mener à bien l'agenda, pour le moment inachevé ››. Le président déplore le départ de son ministre pantin mais se dit satisfait de cette prompte démission qui ne devrait pas trop bouleverser l'agenda politique (promulgation de nouvelles lois, suppression de moratoires, détournement de la Constitution Politique costaricienne, etc...).


La Nacion - Dobles dimite ante indagación por tráfico de influencias

Diario Extra - Renunció ministro del ambiente

Corruption : Procédure contre le président du Costa Rica et son ministre de l'Environnement, pour "abus de pouvoir"


Lorsque l'hypocrisie est à son comble...

Roberto Dobles promotionnant la campagne "Plantons un arbre"


23.2.09

Contamination fécale au pays des merveilles


Le parc national Manuel Antonio, sur la côte pacifique du Costa Rica, second parc le plus visité du pays, est victime de son succès. En 2008, celui-ci générait 1,8 million de dollars de revenus, une somme considérable qui n'aura pourtant pas suffit au Ministère de l'Environnement pour adapter ce joyau naturel à ses nombreux visiteurs.


La fosse septique des sanitaires est saturée depuis plus d'un an et les eaux usées du poste des gardes sont librement déversées dans le lagon. Arrivant jusqu'aux aires de repos, les mauvaises odeurs ont finalement suscité une analyse microbiologique. Celle-ci a comptabilisé jusqu'à 46000 unités de coliformes fécaux dans chaque litre d'eau, soit un total 192 fois supérieur au taux acceptable qui est de 240 unités par litre d'eau, de quoi décourager les nageurs les plus assidus (si l'eau contient plus de 500 coliformes, elle représente un risque pour la santé).


Ce type de contamination affecte les organismes du parc, le parc lui même et est un énorme danger pour la santé publique" a déclaré un agent de la Municipalité.


Néanmoins, le parc reste ouvert aux visiteurs jusqu'au 26 février prochain, date à laquelle il sera fermé par le Ministère de la Santé si le problème n'est pas résolu. Seuls les touristes avertis (ceux qui auront acheté l'édition de La Nacion du 23 février révélant le cauchemar de Manuel Antonio) pourront changer leur itinéraire...


Merci Président Arias pour vos remarquables eco-discours ! Et n'hésitez pas entre deux, à venir vous relaxer avec votre eco-Ministre dans les eaux autrefois cristallines de Manuel Antonio.


Contaminación fecal amenaza con cierre de Manuel Antonio


Souhaitons que le cas du parc suscite plus d'intérêt et de conscience que la prodigieuse et médiatisée campagne gouvernementale "Plantons des arbres"...


Diario Extra : Continúa la tala de árboles

(photo prise le 2 février 2009 près de San José)


24.1.09

Le Costa Rica, victime de son environnement politique

Alors que l'ONU félicite le président Oscar Arias pour ses efforts de protection de l'environnement, la population costaricienne s'indigne et demande la démission de son président manipulé et manipulateur.


Crucitas, un projet de mine d'or controversé


L'ancien président Abel Pacheco avait instauré un moratoire pour protéger son pays des exploitations minières. Son successeur Oscar Arias a fait supprimer ce moratoire, puis a donné son aval au projet Crucitas, une mine d'or à ciel ouvert au nord du pays. Même si les "dernières nouvelles" de ce projet s'arrêtent au 25 janvier 2007 sur le site internet de la compagnie minière, ses controverses font actuellement la une des médias. Arias est accusé de défendre la destruction de forêt et de violer une loi de protection environnementale. Celui-ci se contente de répondre que certaines personnes ne veulent pas du progrès. Quant au Ministre de l'Environnement, Roberto Dobles, celui-ci a publiquement déclaré que la mine d'or n'aura aucun impact sur l'environnement. Je n'aurais jamais pensé qu'un Ministre, de surcroît de l'Environnement, soit capable de tenir un tel discours...


Les magnifiques "lapas verdes", espèce menacée d'extinction, sont aussi victimes du projet Crucitas car ils ont besoin des "almendros amarillos" (amandiers jaunes) pour nidifier. La Cour Suprême a voté une loi pour protéger ces arbres qui ont quasiment disparu du pays. Seulement la biodiversité ne fait pas le poids face aux lingots d'or et la compagnie minière a su convaincre les décideurs. L'environnement et les populations locales vont devoir subir les conséquences désastreuses de ce type d'exploitation. L'occident va pouvoir consommer un peu plus et les magnats devenir plus puissants. Il n'est pas paradoxal de constater que le commerce de la luxure s'accroît au rythme de la pauvreté mondiale.


Costa Rica : résistance populaire contre les mines à ciel ouvert à Crucitas

(Extrait du bulletin nº136 du Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales)


Le 17 décembre 2001, au moyen de la Résolution R-578-2001-MINAE et de façon tout à fait furtive, le ministère de l’Environnement et de l’Énergie du Costa Rica (MINAE) a accordé à Industrias Infinito S.A., filiale de la société transnationale canadienne Vanesa Ventures, la concession d’exploitation d’une mine à ciel ouvert pour extraire de l’or par la technique de la lixiviation au cyanure.

Industrias Infinito S.A. prévoit d’exploiter une zone de 18 kilomètres carrés située à Crucitas, dans le Nord du pays, entre les montagnes La Fortuna et Botija, à environ trois kilomètres du fleuve San Juan. Cela suppose d’abattre plus de 190 hectares de forêt (y compris des espèces interdites, comme l’amandier) ; en effet, comme l’explique le journaliste Marco Tulio Araya, qui s’oppose au projet :

« L’activité minière ne permet l’existence d’aucun arbre sur pied, le défrichage doit être total, c’est-à-dire qu’il faut laisser la terre nue sur la montagne pour commencer ensuite à creuser et à extraire les rochers qui contiennent de l’or. Il faut au moins une tonne et demie de roche pour obtenir un gramme d’or. Pour avoir un kilo d’or il faut pulvériser et mêler de grandes quantités de matériel avec des millions de litres d’eau cyanurée, parce que le cyanure fonctionne comme un aimant qui attire les particules d’or microscopiques. Une mine qui extrait de l’or et d’autres métaux par ce procédé dénommé lixiviation requiert une telle quantité d’eau qu’elle dépense en une heure autant d’eau qu’une famille paysanne pendant 20 ans. Pour réussir à obtenir tant d’eau, l’entreprise achète les propriétés autour de la mine, pour que personne ne dise rien, et elle détourne les ruisseaux pour les réunir, ce qui, bien entendu, est interdit. Une fois utilisée, l’eau contaminée de cyanure se déverse dans des lacs, où elle continue d’empoisonner toutes les petites bêtes qui en boivent. L’entreprise met parfois des panneaux d’avertissement mais, comme ni les oiseaux ni les animaux ne savent lire, la mort et la destruction continuent. »

Le coût est très élevé : non seulement le paysage de Las Crucitas sera détruit, mais non moins de 32 communautés voisines seront affectées, ainsi que le fleuve San Juan, sur la frontière du Nicaragua.

Au Costa Rica, le déboisement est interdit, la seule exception permise étant les projets d’intérêt national. Après plusieurs allées et venues, le projet de mine à ciel ouvert a fini par être déclaré « d’utilité publique », pour pouvoir l’approuver, mais le peuple du pays se demande quelle est l’utilité publique d’un projet qui entraîne la destruction et la contamination et aggrave le changement climatique.

Il a été amplement démontré, comme les communautés affectées du monde entier peuvent en témoigner, que l’extraction minière est une activité industrielle de courte durée qui a des effets destructeurs à longue échéance et généralement irréversibles. Un de ces effets est sa contribution au changement climatique, autant par le déboisement qu’elle comporte souvent – que le Costa Rica subit déjà – que par la grande quantité d’énergie qu’elle consomme et qui provient du brûlage de combustibles fossiles (charbon, gaz ou diesel) dont les émissions sont responsables du dérèglement du climat.

Depuis que le gouvernement du Costa Rica a publié la déclaration d’utilité publique, le mouvement écologiste et social dirigé par les organisations et les communautés de la zone Nord est en lutte, largement appuyé par le public en général.

L’organisation Coecoceiba – Les Amis de la Terre Costa Rica rapporte que « la lutte contre le projet Crucitas se poursuit depuis plus de quinze ans, grâce aux communautés de la zone Nord. Pendant ces quinze années on a réussi à démolir des études d’impact environnemental, à expulser des entreprises énormes comme Placer Dome et à construire un tissu social fort qui aujourd’hui s’unit à nouveau pour résister à une nouvelle attaque contre les communautés et leur environnement ».

Le peuple du Costa Rica a réagi face à ce qu’il considère comme un crime environnemental, qui montre la dualité de la politique gouvernementale : « Le gouvernement actuel possède deux politiques en matière d’environnement : au plan international, il dit que la conservation est nécessaire et que le monde est en danger à cause de la débâcle environnementale, entre autres affirmations universellement acceptées. Autour du monde, les initiatives ‘Paix avec la Nature’, la neutralité en carbone et ‘Costa Rica pour toujours’ sont devenues une partie importante de la politique extérieure par laquelle le pays essaie de se positionner dans divers forums et d’obtenir des ressources financières. Mais la politique environnementale à l’intérieur du pays, celle de tous les jours, contredit l’autre. Cette deuxième politique est favorable à la déréglementation et élimine chaque jour des activités qui doivent présenter une étude d’impact environnemental pour déterminer leur viabilité. Cette politique défend coûte que coûte l’idée qu’une mine d’or à ciel ouvert qui utilise la lixiviation au cyanure est compatible avec l’environnement, et répète la vieille formule que ‘le projet est viable du point de vue social, économique et environnemental », dénonce Coecoceiba. (http://www.feconcr.org/)

Le 14 novembre dernier, une ‘Marche pour la Vie’ a été organisée à Ciudad Quesada pour montrer que le peuple rejette les projets destructeurs. Des gens des villages des environs sont venus s’y joindre pour manifester leur opposition aux mines à ciel ouvert et exiger que le décret soit annulé. Une activité culturelle a eu lieu après la marche.

De nombreuses organisations ont présenté un recours pour violation des droits et libertés fondamentaux (« recurso de amparo »), exigeant la reconsidération des permis délivrés et leur annulation. Le déroulement des événements est suivi avec préoccupation depuis le Nicaragua voisin, car la mine à ciel ouvert affecterait certaines communautés de ce pays.

L’indignation est grande et la résistance croît.

Pour en savoir plus visitez la page web de la campagne contre l’industrie minière à Crucitas : http://fueradecrucitas.blogspot.com


Procédure contre le président Oscar Arias pour abus de pouvoir

liens en espagnol :

Crucitas ¿Viabilidad ambiental o chantaje empresarial?

Fuera de crucitas


source : Infinite possibilities in Costa rica - Infinito Gold

23.1.09

Greenpeace, loin des harpons

Les baleines des mers du Sud devront se passer de l'aide de Greenpeace cette année. L'association a annoncé dans un communiqué qu'elle ne serait pas présente dans le Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral pour s'opposer aux baleiniers japonais, même si nous pouvons lire sur l'un de ses nombreux sites : ‹‹ Votre don nous aidera à faire cesser pour de bon la chasse commerciale aux baleines. Il faut agir maintenant ››.


Heureusement, Sea Shepherd reste fidèle à ces magnifiques créatures.


Message du Capitaine Watson (depuis le Steve Irwin au port de Hobart)  (23/01/09) :

Voici venu le temps du deuxième round dans la bataille pour sauver les baleines dans le Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral. Après un mois et demi de poursuite de la flotte baleinière japonaise, nous avons été forcés de rentrer au port pour nous réapprovisionner en carburant.

Mais nous devons repartir vers le Sud aussi tôt que possible. Chaque jour que nous passons loin d'elles, des baleines meurent. Le massacre des baleines dure quatre mois et pour l'arrêter, nous avons besoin de carburant, de provisions et de pièces de rechange pour garder notre navire en mer afin de continuer à intervenir contre leurs activités illégales de chasse à la baleine.

Et pour cette raison, nous devrons refaire le plein de carburant et de provisions trois fois pendant cette campagne.

La bonne nouvelle, c'est que les coûts sont moindres cette année pour le carburant et les lubrifiants. En fait, nous économiserons cette année 90.000 $ (environ 69.000 €) par rapport à l'an dernier, pour remplir nos cuves de 200 tonnes de carburant.

La mauvaise nouvelle, c'est que c'est toujours très cher, et qu'avec la crise économique internationale, il est plus difficile de lever des fonds. Toutes les organisations à but non lucratif en souffrent sur le plan international.

Ainsi, nous faisons appel à nouveau à votre générosité pour pouvoir repartir vers le Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral et reprendre nos actions contre la chasse illégale à la baleine par les Japonais.

Votre don à Sea Shepherd en réponse à cet appel, sera utilisé pour l'administration, la maintenance, et pour manœuvrer nos navires. Il sera utilisé pour faire le travail pour lequel il a été engagé, là où c'est important, là sur le champ de bataille, où nous avons montré à maintes reprises que nous pouvions arrêter les machines à tuer illégales, et que nous pouvons sauver la vie des baleines, des requins, des tortues, et dauphins, des oiseaux de mer, et des poissons.

Merci de donner à hauteur de ce que vous pouvez pour nous aider à continuer d'intervenir dans le sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral. (faire un don)

Ensemble nous faisons la différence. Ensemble, nous pouvons écarter définitivement les baleiniers du Sanctuaire Baleinier de l'Océan Austral.

Jusqu'à présent, nous avons poursuivi les baleiniers hors-la-loi sur plus de 3.000 km dans notre 5e campagne antarctique de défense des baleines. Après un nécessaire retour au port en Australie pour refaire le plein de carburant, de vivres, et de matériel, et grâce à votre soutien continu, nous pourrons repartir en Antarctique et stopper leurs opérations cruelles aussi tôt que possible. Merci de nous permettre de faire cette campagne, ainsi que toutes les autres pour défendre les requins, les phoques, et tous les animaux marins.

  

Pour les Oceans,

Captain Paul Watson

Fondateur et Président


29.12.08

L'économie écologique

Le financement du lobby vert, voici un sujet intéressant traité par Alerte Environnement. Les grandes figures écologiques se battent certes contre certaines pratiques suscitées par l'économie mondiale et pourtant elles ne sont pas à l'écart de cette économie puisque les donations se comptent chaque année en millions de dollars.


‹‹Pour les écologistes et les altermondialistes, l’argent n’a pas d’odeur :

On pourrait penser que les associations écologistes, telles qu’apparues dans les années 70 dans les pays anglo-saxons et ailleurs, émanent exclusivement d’un mouvement populaire en protestation contre les principaux acteurs de la société industrielle. Or, paradoxalement, ces mouvements écologistes ont reçu un sacré coup de pouce de la part de nombreuses richissimes fondations qui ont financé cette vague verte et continuent d’ailleurs de le faire. Paradoxe, car la plupart de ces fondations sont liées aux milieux de l’industrie et des affaires, cibles des écologistes. C’est le cas notamment de la Ford Foundation qui tire ses moyens colossaux – plus de 13 milliards de dollars – de la fortune des entreprises Ford. Comble du mélange des genres, Kathryn S. Fuller, la présidente du conseil d’administration de la Ford Foundation depuis mai 2004, est une des responsables de la branche américaine du WWF (qu’elle a présidée entre 1989 et 2005) et est également depuis 2002 directrice de l’entreprise américaine Alcoa, deuxième producteur mondial d’aluminium. Ces dernières années, la Ford Foundation a donné plusieurs millions de dollars aux Friends of the Earth, au WWF ou à l’Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP), une association militant contre l’agriculture conventionnelle. De même, la richesse de la Charles Stewart Mott Foundation provient de General Motors et a donné, depuis 1993, plus de 8 millions de dollars aux Friends of the Earth ainsi que plus d’un demi million de dollars, depuis 2002, à leur branche française – les Amis de la Terre. Le Rockefeller Brothers Fund, dont l’un des responsables est le fameux David Rockefeller, ancien président de la Chase Manhattan Bank et fondateur du think tank néolibéral baptisé la Commission Trilatérale, joue lui aussi un rôle important dans le financement de la cause écologiste, subventionnant depuis longtemps les mouvements écologistes comme les Friends of the Earth ou Greenpeace.››  lire la suite


Je comprends mieux qu'il ne vienne pas à l'esprit d'une organisation internationale de financer l'agriculture bio ou encore des recherches boudées par les industriels comme la géothermie, ou bien de libérer Myanmar ou la Papouasie Occidentale de leur junte militaire assassine (cela m'a échappé !). Il y aurait tellement de choses à faire avec tous ces millions de dollars qui transitent de compte en compte sans jamais se transformer en bilan positif pour la Terre et ses habitants.


Warren Buffett a dit un jour «La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter». Les hommes les plus riches du monde sont en guerre, les victimes sont nombreuses et les ONG prospèrent.


Et parce que les personnalités vertes s'égarent parfois, Alerte Environnement a créé le Prix Al Gore - Une vérité qui dérange qui sera décerné à l'écologiste ayant prononcé la phrase jugée la plus choquante.


“Le vertige me prend de penser que demain, deux milliards de chinois pourraient exiger d’avoir leur douche et leur WC individuels à la maison. Toutes les eaux du Tibet et de la Chine réunies ne suffiraient pas à approvisionner cette masse de consommation terrifiante.” Philippe Desbrosses, président d’Intelligence Verte, pionnier de l’agriculture biologique


Le vertige me prend de constater que certains pensent que les commodités basiques, dont ils ne pourraient eux-mêmes se passer, ne sont pas un droit pour tous les humains. La guerre des classes toucherait-elle aussi les écologistes ?

2.11.08

Toujours envie de rouler vert ?


Nous le savons aujourd'hui, les agrocarburants ne sont pas la solution à l'épuisement de l'or noir. Leurs impacts sur l'environnement se sont avérés catastrophiques, des millions d'hectares de forêt ont disparu dans le monde, faisant place à des plantations de palmiers à huile. En Amérique Latine comme en Asie du sud-est, les forêts partent en fumée, la biodiversité atteint le stade critique de la survivance, des milliers de tonnes de CO2 sont libérés dans l'atmosphère et les multinationales continuent de s'enrichir en exploitant honteusement de pauvres gens. Lire l'article : Malaisie : des enfants et des travailleurs migrants indonésiens réduits à l’esclavage dans les plantations de palmiers à huile


Notre monde est parfaitement développé et manipulé, et il requiert des sacrifices humains pour satisfaire les privilégiés. Et bien honte à ceux qui sont satisfaits, les industriels, les politiciens et les adeptes aux agrocarburants qui se disent bons citoyens. Etre dévoué à son grand patron gouvernement n'est pas un acte de citoyenneté responsable, l'article du Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales le confirme une fois de plus.