Blog à vocation informative, à l'atmosphère parfois militantiste.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et états d'âme.

6.4.09

Sensibiliser et éduquer : le challenge du XXIème siècle

Pouvons-nous imaginer le prochain siècle comme le faisaient nos ancêtres optimistes ? Notre évolution nous a placé au premier rang des espèces intelligentes et n'a fait qu'accroître nos connaissances, notre imagination et nos espoirs. Ainsi, nous avons conquit la Terre toute entière, au détriment des autres espèces vivantes et de la biotope. Seulement voilà, aujourd'hui, nos connaissances sont suffisamment riches pour que nous puissions manifester nos craintes, de notre imagination surgissent les pires scénarios catastrophes et nos espoirs sont menacés. Je crois que notre évolution nous condamnera. Nous sommes au XXIème siècle et les enjeux sont réduits aux sentiments de chacun. Finalement, la science aura beau se creuser, tout ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est prendre conscience, sensibiliser et éduquer pour tenter de préserver notre environnement.


A défaut de pouvoir raisonner les puissants lobbies, les gouvernements et organisations sont de plus en plus nombreux à inciter les âmes sensibles à agir par le biais de campagnes de sensibilisation.


En 2004, la fondation Nicolas Hulot lançait une vaste campagne de sensibilisation sur la biodiversité déclinée intitulée Sans nature, pas de futur, puis enchainait, en 2005, avec sa campagne Défi pour la Terre.


En 2004, le WWF lançait la plus grande campagne de son histoire sur le climat et l'énergie PowerSwitch! (Changeons de courant!). Toujours d'actualité et sans résultat apparent, cette campagne mondiale s'est poursuivie dans 80 pays qui ont récemment planifié des coupures d'électricité durant une heure. Si seulement une heure de sagesse annuelle pouvait changer le monde...


En 2007, le gouvernement costaricien était fier de présenter sa campagne A que sembras un arbol (Plante un arbre) (1) pour appuyer le projet mondial Plant for the planet mis en place par l'ONU (Campagne pour un milliard d'arbres / UNEP).


Les campagnes se succèdent dans le monde entier, et finalement, qui y a-t-il de changé ? Les informations sont toujours plus désastreuses,  "La biodiversité est menacée par un déclin sans précédent" avertit WWF, l'industrie du bois dilapide les dernières forêts, notre atmosphère est polluée, notre eau est contaminée. Mais alors, que pouvons-nous espérer des campagnes en faveur de l'environnement si l'humanité ne veut pas changer ? Comment préserver un environnement qui est condamné à assouvir un monde qui ne veut pas vivre simplement mais se différencier du reste du monde ? Lobbies mercenaires, dirigeants soudoyés, consommateurs aveugles, peuples assujettis, il semblerait que l'humanité va dépendre de son éducation, à savoir si elle restera en tête des espèces les plus intelligentes.

Protéger l'environnement est un combat de tous les jours

et la responsabilité de chacun.



(1)  Traduction du texte de Mario Ugalde C. Sous-directeur du Diario Extra (périodique costaricien)source : Diario Extra - Continúa la tala de árboles


Costa Rica : La coupe d'arbres continue


Le Costa Rica, en tant que pays, devrait faire très attention pour éviter que le monde nous qualifie comme un lieu où nous effaçons avec le coude ce que nous faisons avec la main, il est très regrettable de constater qu'au XXIème siècle,  sont encore coupés des arbres dans nos forêts, le pire est que beaucoup de «Robles ou Cenízaros» (arbres à pluie) jetés au sol ont une autorisation des autorités elles-mêmes du Ministère de l'Energie, de l'Environnement et des Télécommunications (MINAET) ; il semble très étrange qu'elles permettent de couper des arbres qui sont en danger d'extinction.


Il y a quelques jours, nous avons été informés d'un problème qui a eu lieu entre un propriétaire d'un ‹‹Cenízaro›› et ses voisins, ceux-ci ne permettaient pas que l'emblématique masse soit coupée. Les habitants du lieu affirmaient « comment peut-il venir à l'esprit de permettre la coupe d'un cenízaro de plus de 100 ans, qui se trouve en outre dans une ronde municipale et tout proche d'une rivière » ; bien qu'il soit difficile de le croire, plusieurs branches avaient déjà été taillées car selon les autorités chargées de protéger la flore, le propriétaire du terrain en avait le droit et ils ne pouvaient pas l'en empêcher ; finalement, le permis a temporairement été suspendu tandis que « le cas est étudié ».


C'est ici que nous nous demandons comment le cas peut-il être étudié s'il l'avait déjà été ? Ou bien est-ce que les autorités n'ont jamais visité la zone pour vérifier les données qui lui ont été fournies ? Je ne sais pas mais en réalité, je leur dis que nous sommes nombreux à ne pas comprendre leurs appels pour que nous plantions des petits arbres, et quand enfin l'un prend et grandit, il est permis qu'il soit coupé. Comment convaincre mon fils sur l'importance de planter des arbres si, tous les jours, nous observons des exemples qui indiquent le contraire ? Nous voyons et lisons dans les médias de communication, les informations relatives à la saisie de bois coupé illégalement ; bien évidemment, les camions circulent sur les routes nationales, remplis de rondins qui ont été coupés dans nos forêts, certains d'entre eux « protégés » et quelle punition reçoivent les responsables ? Une amende équivalente à un salaire minimum ou quelque chose dans ce style. Attention messieurs, qu'est-ce qui nous vaut de planter 7 millions de petits arbres par an dont sûrement beaucoup n'arriveront pas à leur « maturité », si nous n'évitons pas la coupe des arbres adultes.


Pourquoi planter et planter si ensuite viennent les « dévoreurs » de forêts raser tout ce qu'ils rencontrent, nous comprenons que le MINAET n'ait peut-être pas les ressources suffisantes pour engager plus de gardes ou d'inspecteurs pour poursuivre ceux à qui le futur du Costa Rica et de la planète leur importe peu ; et bien souvent, la seule chose qu'ils doivent faire est de se rendre dans les zones qui sont détruites pour constater les barbaries qui s'y produisent. Ici sont coupés des arbres comme s'il s'agissait de débrousailler des pâturages remplis de buissons.


La vérité est que la destruction de forêt primaire continue d'être notre pain de chaque jour. Les zones sud, nord, est et ouest sont en train de se transformer en véritables déserts et pourtant, il y a plus d'une personne qui reste les bras croisés. Les « mangeurs de forêts » continuent de couper des arbres de toute part, appuyés par des tromperies et astuces légales. Ces dévastateurs frappent tous les jours, transformant des milliers d'arbres en « victimes » de l'ambition démesurée qui nous attaque de toute part, parce qu'il y a des exploitants qui n'ont pas encore pris conscience ou la conservation ne les intéressent pas, ce sont eux qu'il faut envoyer en prison.



liens en espagnol :


Paz con la Naturaleza - Costa Rica (site officiel)

Dia del ambiente y maquillaje verde gubernamental

Una mentira color verde

Protestas en Costa Rica en el Día Mundial del Ambiente


Jornada Nacional de Reforestación - Mexico (site officiel)

Un engaño la "jornada histórica" de reforestación - Mexico


22.3.09

Au secours du blaireau français


Alors que la plupart des pays européens ont classé le blaireau parmi les espèces protégées, le 27 juin prochain, en Haute-Marne, sera organisée la journée départementale de déterrage du blaireau. Bravo la France !


Le déterrage consiste à arracher l'animal (blaireau, renard) de son terrier avant de l'abattre. Traqué par les chiens et sans possibilité de fuir, l'animal finit par montrer son nez et est alors extirpé à l'aide de tenailles métalliques avant d'être tué.


Si vous êtes contre le massacre organisé le 27 juin 2009, faites le savoir au Préfet de Haute Marne. Cette pétition est conjointement menée par la LPO Champagne-Ardenne et l’association Nature Haute-Marne.


Non à la journée de déterrage du blaireau en Haute-Marne


Abolir le déterrage

Rassemblement antichasse


16.3.09

Rien que pour les yeux

Ces superbes images rappellent à quel point il est essentiel de préserver la biodiversité.


Oiseaux de Hongrie - Photos de Bence Mate et  Markus Varesvuo

source :  HidePhotography


Oiseaux de Bornéo - Photos de Wong Tsu Shi

source : Wild Birds of Sabah. Wild birds of Borneo


Oiseaux du Costa Rica - Photos de Patrick Gallet

source : Photos Nature : Costa Rica


Oiseaux du Paradis - Photos de Tim Laman

source : Birds of Paradise - Photo Gallery - National Geographic


source : Beautiful Birds - AmO Images : Capturing Life Beauty


Gardons à l'esprit que notre consommation est en grande partie

responsable de la disparition des habitats naturels.

 

Photos d'oiseaux de France et du Monde, identification, sites d'observation

Oiseaux.net


10.3.09

Soutenons l'interdiction du maïs MON810 en Grèce et en France

Communiqué de Greenpeace France :

‹‹ Par tous les moyens, la Commission européenne tente d’imposer par la force le retour des cultures OGM en s’appuyant sur quelques Etats membres pro OGM (Suède, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Finlande).


Demandez aux ambassadeurs de ces pays de laisser la France et la Grèce libres de refuser des cultures potentiellement dangereuses et mal évaluées ! ››


Signez la pétition en ligne :

Les OGM, personne n'en veut, mais ils s'accrochent...


Avril 2009 Communiqué de Greenpeace suite à cette pétition

9.3.09

Le PEFC, un FSC de plus...


Les labels ont pour mission de caractériser une éthique, mais ils sembleraient être avant tout des bons points que s'octroient les industriels afin de satisfaire les consommateurs soucieux de leur empreinte écologique. On pourrait penser que l'industriel du XXIème siècle est devenu responsable et consciencieux, seulement, il y a deux façons d'obtenir des bons points, oeuvrer ou tricher. Les informations ne manquent plus et ne sont pas toutes manipulées, nombreuses d'entre elles témoignent que nous vivons dans un monde de tricheurs, mais aussi dans un monde qui repose sur la confiance.


Les lobbies certifient prendre soin de notre santé et de notre environnement, seulement être citoyen responsable, c'est avant tout boycotter la promotion des valeurs occidentales. Prenons conscience, informons-nous, fouillons la toile, communiquons, des solutions autres qu'industrielles existent pour diminuer notre empreinte écologique (une petite piqûre de rappel pour les amateurs de bois exotiques : une alternative au Teck). Le développement durable ne peut se concevoir par la certification industrielle d'une consommation croissante mais par la prise de conscience de chacun et l'éducation.


Voici un excellent texte de Fabrice Nicolino "A DIFFUSER SANS MODÉRATION DANS TOUS LES RÉSEAUX"  traitant du label PEFC, qui nous rappelle que "tout n’est que commercial et industriel".


Les amitiés particulières de France Nature Environnement (Acte 4)

A propos de la forêt dans le monde (un scandale authentique)


‹‹ Donc, France Nature Environnement (FNE) copine avec l’industrie du bois de manière à octroyer un label commercial, en France, aux monocultures de pins et de Douglas (voir l’article précédent). C’est lamentable, assurément, mais cela ne touche pas aux joyaux de notre Couronne planétaire. Au moins, du moins, les forêts tropicales et boréales ne sont pas concernées. Sauf que si. Elles le sont. Exactement de la même manière. Ou plutôt d’une façon beaucoup plus grave, avec la pleine, entière et consciente coopération de quelques responsables de FNE. Car ils sont au courant, pour l’essentiel, depuis longtemps. Comme je ne sais l’expliquer vraiment, je me contenterai provisoirement de dire qu’ils ont perdu la tête. Mais voici l’histoire.


Le label PEFC est international. Il délivre aussi des certificats de bonne conduite pour les forêts boréales et tropicales. Et cela donne des résultats inouïs. Avant de détailler, je dois nommer une fois encore Sébastien Genest, le président de FNE. Je ne lui cherche pas noise, je lui demande seulement d’assumer publiquement ses positions publiques. Et en voici une, de taille.


C’est lui - il est forestier - qui a poussé FNE à soutenir le label PEFC. Et il est aujourd’hui membre de son bureau international (ici). Regardez donc ces têtes satisfaites d’elles-mêmes, et ces titres ! Chairman, Vice Chairman, Board Member. Oh, il n’y a pas besoin de longues études pour comprendre comment marche un tel système. Quoi qu’il en soit, Sébastien Genest est au bureau international, où il sert de caution mondiale à un label qui se situe pourtant aux antipodes de l’écologie. Et il est le seul ! Le SEUL ! Aucune autre association écologiste n’a osé apposer son nom au bas des tracts PEFC, ce qui est tout de même rassurant. Mais aussi très inquiétant. Au nom de quoi FNE, qui ne dispose d’aucune expertise, d’aucun relais, d’aucun engagement dans les pays-clés de la biodiversité, ose-t-elle parler au nom de tous ? Au nom de quoi ose-t-elle prétendre que le label PEFC est bon dans les lointaines contrées boréales et tropicales ? Ce serait farce, en d’autres circonstances.


Aux États-Unis, un autre label existe depuis des lustres, American Tree Farm System (ATFS). Comme il a le même but que PEFC - vendre du bois -, il était logique que les deux s’épaulent. De rapprochement en rapprochement, un accord est conclu en 2007, mais qui doit être avalisé par un audit rigoureux. Pensez, ces gens sont sérieux. Or donc, PEFC donne mission à un organisme indépendant, ITS, basé en Australie, de certifier le certificateur qu’est ATFS. Le choses deviennent alors passionnantes.


Car il s’agit d’une rencontre entre deux adversaires assumés de l’écologie. ATFS, le label américain, est de son côté sponsorisé par le géant de l’agochimie BASF ! Si vous voulez souffrir, allez voir comment les deux larrons accordent des récompenses ensemble (ici). C’est simplement effarant. Et quant à l’organisme indépendant censé garantir l’engagement d’ATFS, il s’agit de la société International Trade Strategies Pty Ltd, dont le propriétaire s’appelle Alan Oxley (ici).


Oxley ! Nous n’habitons pas en Australie, et c’est dommage, car cet homme y est connu là-bas pour ce qu’il est. Je vous résume. Oxley a été l’ambassadeur de l’Australie aux négociations du Gatt - l’ancêtre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) - il y a plus d’une vingtaine d’années. Peu d’hommes de son pays auront fait davantage pour la mondialisation de l’économie, synonyme de destruction de la vie. Vraiment peu. Mais il faut ajouter qu’Oxley est un lobbyiste acharné au service de l’industrie transnationale et qu’il est éditorialiste d’un site internet très marqué à droite, TCS Daily (ici). J’ajoute que lorsqu’Oxley a commencé à y écrire, ce site était soutenu, entre autres, par l’entreprise pétrolière Exxon Mobil.


Et c’est logique, terriblement logique, car Oxley a été au cœur des manœuvres pour retarder la prise de conscience du dérèglement climatique en cours. Selon des sources dignes de foi, il ferait partie d’un groupe qui a tenté et tente probablement encore d’influencer les journaux et les décideurs en faveur du scepticisme climatique. En somme, il serait un Claude Allègre, rémunéré pour ses services, à la différence de l’autre.


Dans ces conditions, M. Oxley était-il l’homme désigné pour certifier que le bois labellisé ATFS est durable ? C’est en tout cas ce qu’il a fait. Le 7 août 2008, le label ami de BASF, adoubé par le lobbyiste Oxley, entrait dans la grande famille PEFC,  sous les applaudissements du bureau international dont fait partie Sébastien Genest, président de FNE.


Dingue ? Je vous laisse le soin de juger. Et m’apprête à clore cet éprouvant chapitre par un événement bien plus inouï encore. La Tasmanie, île proche de l’Australie, compte quelques forêts primaires parmi les plus belles du monde. Des arbres hauts de plus de 100 mètres et vieux de quatre siècles protègent un monde auquel nous devons tout. Le dernier des écologistes devrait être prêt à l’action la plus vive pour les préserver.


Des entreprises forestières se sont pourtant attaquées, ces dernières années, à cet héritage sacré. Après tronçonnage des arbres-cathédrales, passage d’hélicos et largage de napalm - comme au Vietnam - pour cramer les souches et laisser la place à des plantations d’eucalyptus à croissance rapide. Comme avec les Douglas du Morvan, napalm en moins. Pour que les bestioles qui auraient survécu ne puissent boulotter les tendres pousses d’eucalyptus, du poison neurotoxique a comme de juste été épandu autour des plants. Le tout pour fabriquer du papier. Du papier à chiottes, par exemple.


Et ce saccage dégueulasse a reçu le label PEFC. Oui. D’après The Wilderness Society, plus de 140 000 hectares de forêts primaires de Tasmanie auraient été convertis en plantations depuis 1997. Mais cette manière de tout détruire serait durable ! En Australie, l’affaire a fait un raffut du diable, à l’initiative de nombreuses véritables associations écologistes Si vous voulez en savoir plus, reportez-vous au copieux dossier réuni par les Amis de la Terre, impeccable en la circonstance (ici). Le gouvernement australien a promis 50 000 dollars pour aider PEFC à contrer la campagne écologiste de protestation. L’ambassade australienne à Paris assure que l’argent n’a pas été versé. Dans tous les cas, se rend-on bien compte, ici, de ce que cela signifie ?


Depuis 2007, la conversion des forêts primaires aurait pris fin, du moins à grande échelle. Car les coupes rases de forêts primaires continuent, suivies de « nettoyage » au napalm. La conversion en eucalyptus serait limitée à des blocs de dix hectares, lesquels peuvent évidemment, quand on les additionne, représenter des surfaces géantes. Le label PEFC ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Non pas. Le prochain objectif est d’une importance majeure, car il s’agit de la Malaisie, pays d’Asie du sud-est où subsistent, dans la partie malaisienne de Bornéo, d’exceptionnelles forêts primaires.


Mais il y a - elle n’est pas la seule, de loin ! - la compagnie Samling Global Limited, fondée en 1963 en Malaisie. Enregistrée aux Bermudes, son chiffre d’affaires approchait 400 millions de dollars en 2006. Elle exploite des concessions forestières en Malaisie, au Guyana - Amérique du Sud - et en Nouvelle-Zélande, sur environ 4 millions d’hectares. Comme je n’écris pas un livre, je ne peux détailler ici tous les conflits déclenchés cette compagnie avec les populations locales. Au Sarawak, les Penan chers au cœur du Suisse Bruno Manser - disparu dans de troubles circonstances - se battent contre la Samling depuis des décennies.


Un autre peuple de Bornéo, les Kenyah, sont mobilisés en ce moment même contre la compagnie. L’an passé,  les Kenyah ont dressé des barricades pour empêcher les camions de la Samling d’emporter des arbres de leur forêt du haut Sungai Sebua, du Sungai Jekitan et du Sungai Moh. Sur leurs dérisoires pancartes, on pouvait lire : « Samling, ne volez pas les richesses des terres des pauvres pour les donner aux riches de la ville ».


Je pense que cela suffit comme cela. La Samling est donc dirigée par de très braves gens. Lesquels ont obtenu en 2005 une certification forestière appelée Malaysian Timber Council Certification (MTTC, ou Conseil malaisien de certification du bois). Exactement comme les Américains d’ATFS. Restait, et reste au moment où j’écris, à réussir la dernière partie de l’opération, qui consiste à faire reconnaître le label malaisien MTTC par PEFC, ce joli machin cautionné par Sébastien Genest et FNE.


Car, je vous le rappelle, tout n’est que commercial et industriel. Si vous avez le label PEFC sur votre bois, fût-il celui des Kenyah, il pourra être vendu dans le monde entier. Et sinon, vous devrez trouver une autre combine. En ce début du mois de mars 2009, où en sommes-nous ? Selon mes informations, l’affaire avance à grand pas. Un processus de reconnaissance du label malaisien MTCC par PEFC est en cours. Au terme de ce « travail » (ici), la Samling devrait donc pouvoir disposer du sésame sur toutes ses grumes, le mot qui ouvre tous les marchés, PEFC. Bien entendu, toutes les associations écologistes malaisiennes dénoncent cette imposture. Mais que sont-elles, face à la clairvoyance de FNE ?


Oh, j’allais oublier. France Nature Environnement a bien de la chance. Oui, bien de la chance. Car dans la discrétion qui sied à ce genre de pratiques, le ministère de l’Agriculture français prend en charge le salaire de certains de ses chargés de mission. Au moins d’un, qui occupe une partie de ses journées à travailler sur le cas malais.


Dans ces conditions, je me permets de proposer à Sébastien Genest un débat contradictoire. Où il voudra. Quand il voudra. De la manière qui lui conviendra le mieux. Je ne poserai qu’une condition : venir accompagné de deux témoins. Et je suggère que nous discutions sans agressivité ni complaisance de cette certification PEFC. Moi en tout cas, je n’ai rien à redouter. Et l’enjeu concerne la totalité du mouvement écologiste. FNE, à mes yeux, doit se reprendre et quitter le bureau international de PEFC. Nous devons, tous ensemble, empêcher la certification en cours de l’entreprise Samling. Pour commencer. Pour recommencer. ››


Acte 3 - A propos de la forêt en France

La fin de la déforestation en Tasmanie ? Effet d’annonce et complicité de PEFC


Le label FSC, certification ou manipulation ?


Le Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales, qui soutenait auparavant le FSC (Bulletin du WRM Nº103 - Février 2006), semble avoir revu sa position.

‹‹ Le FSC (Forest Stewardship Council) a encore aggravé les problèmes que provoquent les plantations d’arbres en régime de monoculture en certifiant nombre des plus mauvaises comme ‘forêts gérées de façon responsable’. Bien qu’il existe de nombreuses preuves des problèmes qui entourent la certification de plantations, Greenpeace et le WWF - entre autres - continuent de soutenir et d’approuver le FSC, de sorte que la plupart des nouvelles plantations sont justifiées par le fait que d’autres semblables ont déjà été certifiées comme ‘durables’ par le FSC. Cela comporte aussi des implications graves en ce qui concerne l’expansion des plantations destinées aux agrocarburants, parce que les prétendus ‘critères de durabilité’ qui permettent de certifier les agrocarburants sont en train de provoquer l’accaparement de terres en Afrique.›› Bulletin du WRM Nº133 - Août 2008


Dans son Bulletin Nº134 (FSC : arrêtez de certifier les plantations d’arbres en régime de monoculture !), le WRM dénonce les conditions de travail proches de l'esclavage dans des plantations certifiées par le FSC en Uruguay. Elle dénonce également le défrichement de 80 hectares de forêt indigène strictement protégée.

‹‹En Irlande, l’entreprise Coillte possède près de 450 000 hectares de plantations d’arbres gorgées de pesticides. Après une inspection faite en 2007, l’organe qui vérifie que les normes du FSC soient respectées, Accreditation Services International (ASI), a constaté que « la non-conformité avec les critères du FSC va probablement se maintenir pendant quelques années encore ». Néanmoins, Coillte est toujours en possession du certificat FSC.››

‹‹En fait, le FSC encourage activement les plantations industrielles d’arbres lorsqu’il essaie d’augmenter les ventes de papier FSC. Son « Forum mondial sur le papier » réunit plusieurs centaines de représentants de l’industrie papetière pour trouver « des opportunités commerciales pour le papier au label FSC ». Cette année, le forum était sponsorisé par Mondi et Suzano, entre autres. L’Assemblée générale du FSC, qui se tiendra en Afrique du Sud en novembre, est parrainée par Mondi, Tembec et Sveaskog. Le FSC devrait se distancier d’urgence de l’industrie qu’elle certifie. Or, elle s’en rapproche. De ce fait, son logo se réduit de plus en plus à une étiquette écolo pour les entreprises.››


Quelques liens en anglais :

Certification - chrislang.org

FSC and Big Green "Certified" Ancient Forest Logging Tragedy Worsens

Stop the Forest Liars: "Certified" Old-Growth Rainforest Logging

FSC-WATCH


7.3.09

Costa Rica : une bonne nouvelle pour l'environnement


La FECON, Fédération écologique costaricienne, appelle au rassemblement lundi prochain devant le Ministère de l'Environnement à San José, pour fêter la démission de son ministre, Roberto Dobles. Egalement président du Conseil d'administration du Forum ministériel mondial pour l'environnement du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), Dobles n'a pas hésité à déclarer que ‹‹Les forêts tropicales sont l'un des écosystèmes les plus précieux de la planète››, et pourtant, les bavures environnementales ne manquent pas au pays du développement durable.


‹‹ L'ex-ministre souillé sort par la petite porte. On se souviendra de Dobles 

pour son double discours, faisant la guerre à la nature en affirmant faire la paix,

pour impulser à outrance la dérégulation environnementale et le libre commerce des ressources naturelles,

pour débiliter le faible travail de la SETENA et du Tribunal Environnemental et limiter la participation et la gestion citoyenne,

pour promouvoir les mines à ciel ouvert et l'exploitation pétrolière,

pour encourager l'expansion de l'industrie agro-alimentaire de l'ananas qui détruit le sol, contamine l'eau et détériore la santé publique,

pour pousser à la privatisation de l'eau au bénéfice de mega projets touristiques,

pour donner son aval aux traités et lois qui volent les connaissances ancestrales et traditionnelles des indigènes et paysans, en patentant  les semences de la vie au bénéfice de transnationales,

pour favoriser le changement des forêts par des plantations qui serviront à vendre des "bons de carbones" aux contaminateurs du nord et produire des agro-combustibles,

pour avoir envahi la frange côtière et les îles (patrimoines des costariciens) de condominiums, casinos, hôtels, terrains de golf et marinas,

pour n'avoir rien fait pour stopper le massacre des tortues marines, des requins, des jaguars, des aigles,

pour avoir oublier les urgents problèmes de gestion des déchets et la demande d'énergie,

pour débudgétiser les parcs nationaux et faciliter les fonds à des fondations privées et l'obtention de concessions à des amis et membres de la famille. ››

source Fecon, en espagnol


Aujourd'hui, les défenseurs de l'environnement et les partis politiques d'opposition contiennent difficilement leur joie. Le député José Merino déclarait ce matin dans La Nacion ‹‹ La guerre du ministre Dobles contre la nature est terminée ››. Dans l'édition du Diaro Extra, Francisco Molina, chef du PAC (Parti Action Citoyenne), affirmait avoir ‹‹ reçu la nouvelle avec beaucoup de joie ››.


De toutes les irrégularités environnementales cumulées au palmarès de Roberto Dobles, c'est un scandale de concession accordée à la société Agricultura Mecanizada Chapernal qui aura eu raison du ministre. Selon une série de reportages Telenoticias et Canal 7, Jorge Dobles Sanchez, oncle du ministre Dobles et cousin du Président Arias, serait vice-président de Agricultura Mecanizada Chapernal S.A., société appartenant à Azucarera El Palmar S.A. qui possède, à son tour, des actions chez Moravill S.A., société où apparaissent Manuel Dobles (président) et Carlos Dobles (trésorier), tous deux frères du ministre Dobles, ainsi que son épouse, Maria del Carmen Rojas López.


Reste maintenant à savoir si le successeur de Dobles saura vraiment faire la paix avec la nature et mettre sa famille de côté. Mais selon les déclarations du président Arias, il est à craindre que la nature n'ait pas de répit... ‹‹ Le fait d'avoir accordé cette concession minière va créer un scandale politique qui va faire qu'il me sera très difficile de pouvoir mener à bien l'agenda, pour le moment inachevé ››. Le président déplore le départ de son ministre pantin mais se dit satisfait de cette prompte démission qui ne devrait pas trop bouleverser l'agenda politique (promulgation de nouvelles lois, suppression de moratoires, détournement de la Constitution Politique costaricienne, etc...).


La Nacion - Dobles dimite ante indagación por tráfico de influencias

Diario Extra - Renunció ministro del ambiente

Corruption : Procédure contre le président du Costa Rica et son ministre de l'Environnement, pour "abus de pouvoir"


Lorsque l'hypocrisie est à son comble...

Roberto Dobles promotionnant la campagne "Plantons un arbre"