Blog à vocation informative, à l'atmosphère parfois militantiste.

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22.7.10

Une marée noire peut en cacher une autre

La catastrophe pétrolière survenue dans le Golf du Mexique serait la plus grave qui ait été répertoriée jusqu'à présent dans toute l'histoire de l'industrie pétrolière si l'on en croit les médias, mais est-ce une raison pour bouder toutes les autres marées noires ? Je pense bien sûr au pétrole brut qui se déverse en continu dans le delta du Niger depuis plus de 50 ans, privant les populations de leur droit le plus élémentaire à l'eau, à la nourriture et à la santé. N'est-il pas approprié de parler de catastrophe ? Et que penser des compagnies pétrolières qui emploient des groupes armés pour supprimer la résistance populaire ? En Amérique du Sud, des gens sont assassinés, des écosystèmes détruits et des cultures indigènes éradiquées, cela ne ressemble t-il pas à un chaos ? Bien sûr que oui mais à la différence que celui-ci et bien d'autres sont orchestrés par les lobbies pétroliers, du coup, les médias se doivent d'avoir l'indignation sélective, en toute démocratie bien sûr.

 

En Afrique : le pétrole tue dans l'indifférence générale
Delta du Niger : ‹‹ C'est la capitale mondiale de la pollution pétrolière. L'espérance de vie dans ses communautés rurales, dont la moitié n'a pas accès à l'eau potable, est tombée à 40 ans à peine depuis deux générations. (…) Il est impossible de mesurer la quantité de pétrole répandu dans le delta du Niger chaque année, car les pétroliers et le gouvernement veillent à ne pas divulguer l'information. (…) "On constate plus de 300 marées noires de toutes tailles chaque année", s'indigne Nnimo Bassey. "Au Nigeria, l'Etat et les pétroliers en sont arrivés à considérer un niveau extraordinairement élevé de pollution comme la norme. A l'évidence, BP bloque toute législation progressiste, tant aux Etats-Unis qu'au Nigeria. Ici, les groupes pétroliers se considèrent au-dessus des lois et représentent un danger manifeste pour la planète. Il faut porter ces affaires devant la Cour internationale de justice". ›› lire l'article complet : Les marées noires oubliées du Delta du Niger
Le 1er mai dernier, 4 millions de litres de pétrole brut étaient rejetés dans le delta durant 7 jours.
Malédiction de l'or noir, Amnesty dénonce la pollution au Nigeria


En Amérique, les craintes relatives aux fuites de pétrole varient selon les latitudes

En Amazonie péruvienne, source intarissable d'enrichissement pour les multinationales comme Perenco, Petrobras, Repsol, Talisman Energy, PlusPetrol, Petrolifera, les populations indigènes des rivières Corrientes et Tigre font les frais de l'exploitation pétrolière depuis plus de 30 ans. En 1986, Pluspetrol achetait les droits d'exploitation des Lot 1AB et 8, territoire des Achuar qui est devenu depuis un vaste champ de pétrole avec plus de 150 puits et plus de 1000 km de construction de routes et pipelines.

Contamination des rivières Corrientes et Tigre :
 Amazonie péruvienne - Lot 1ab :
Amazonie péruvienne, Corrientes River - Lot 8 (Pluspetrol) 4ème plus importante marée noire de la région en 2009 :
Abanico del Pastaza, forêt amazonienne au nord du Pérou :

Le 19 juin dernier, la coque d'un bateau transportant du pétrole brut s'est rompue dans la rivière Marañon (toujours en Amazonie péruvienne). La nappe de pétrole a recouvert la surface de la rivière dans sa totalité, détruisant in extenso la faune et la flore aquatique. Cet accident a affecté 28 communautés vivant en bordure de la rivière. (source - youtube)

La compagnie Occidental Petroleum qui pollue l'Amazonie péruvienne, opère aussi dans le département d'Arauca en Bolivie, une gigantesque réserve de pétrole. Son exploitation a généré d'énormes bénéfices et un coût environnemental catastrophique. Les fragiles paysages sont désormais marqués par des boues noires et des rivières polluées (source).

Arauca :

En février 2009, la région de Napo en Equateur, subissait sa deuxième plus importante fuite de pétrole, le fleuve Santa Rosa était entièrement recouvert de pétrole (source). La province de Sucumbios a, elle aussi, payé le prix fort de l'exploitation pétrolière. Lago Agrio, sa capitale située au coeur de la richissime forêt pétrolifère équatorienne à la frontière de la Colombie, est devenue le centre pétrolier le plus important du pays et le constat est affligeant, après plus de 40 années de forage, la région est désormais criblée de longues et profondes fosses emplies de pétrole brut. La multinationale Chevron-Texaco est accusée d'avoir délibérément déversé des millions de tonnes de déchets toxiques dans la forêt et les fleuves provoquant une immense catastrophe écologique et sociale.

 ‹‹ Puits de pétrole, gigantesques flammes de gaz brûlé dans l’air, tuyaux noircis serpentant le long des chemins, énormes piscines où croupissent les déchets toxiques du brut. Tel est le paysage où évoluent les habitants, pauvres pour la plupart, de la province amazonienne de Sucumbíos, au nord-ouest de l’Equateur. De l’Amazonie sortent 96,6 % du pétrole brut que produit le pays. Le Sucumbíos n’a profité en rien de cette richesse. La province est à la fois l’une des plus misérables et des plus chères du pays, du fait de la présence des compagnies pétrolières et de leur personnel. De nombreuses communautés paysannes et indigènes manquent d’eau courante et de lumière. A l’exception de celle qui s’élance en direction de Quito, les routes ne sont qu’amas de poussière mêlée à des résidus noirâtres, trace des innombrables derrames, les fuites de l’oléoduc. Contamination de l’air, de la terre, des ruisseaux. Maladies (cancer surtout). Déforestation. Pour procéder à chaque prospection, on a percé jusqu’à 1 000 kilomètres de trochas (chemins), des dizaines de milliers d’hectares de forêt ont été rasés. Sols boueux, travaillés par les pluies, où ont été rejetés sans aucun souci de la nature et des gens les résidus de produits chimiques employés lors du forage des puits. ›› source
Lago Agrio :
Un groupe de personnes courageuses, surnommé "Los Afectados", a mené une campagne de protestation contre Chevron-Texaco, responsable des maladies (dont le cancer) affectant la population locale. Cette campagne a été appuyée par quelques personnalités comme Daryl Hannah (voir le documentaire Justicia Now!)


En Orient, guerres et pétrole marquent l'histoire

En janvier 2007, l'UNEP réalisait un rapport sur l'impact environnemental de la guerre au Liban en 2006, opposant l'Israel au Hezbollah. Le bombardement israélien d'une centrale électrique a provoqué une marée noire catastrophique, contaminant les deux tiers des côtes libanaises mais aussi la côte syrienne, sur une distance de 150 km. Aujourd'hui encore, le Liban poursuit le nettoyage des sites.

Edde Beach au nord de Beyrouth - le panneau indique "La plage est à vous, protégez-là" :
Le Port historique de Byblos, classé patrimoine mondial de l'humanité :

Les marées noires sont désormais des catastrophes habituelles, il n'est plus exceptionnel d'apprendre qu'un pétrolier s'est échoué et a déversé sa cargaison en mer. Mais en ce qui concerne les contaminations terrestres, il s'agit d'une autre histoire, nous observons un black-out total des compagnies pétrolières et une discrétion assurée de la part des médias. Mais peut-être n'est-il pas souhaitable de rappeler au monde entier que l'exploitation pétrolière pollue, qu'il n'existe pas un endroit exploité qui n'ait été contaminé et que les pollutions liées au transport sont finalement courantes.

Carburant, plastiques, énergie électrique, cosmétiques, vêtements, médicaments…, le pétrole fait partie intégrante de notre vie, il assure à la fois la prospérité économique, la destruction de l'environnement et la pauvreté des pays du Sud qui le possèdent. Il serait temps que nos chers dirigeants politiques calment leurs ardeurs de croissance économique et cessent de subventionner les lobbies des énergies fossiles pour se concentrer sur les solutions et énergies durables.


Dauphin sur une plage de Hom Island, Golf du Mexique, 11 mai 2010
7ème dauphin trouvé mort dans le Golf depuis le 2 mai

Explosion de deux aléoducs dans le port de Dalian - environ 1500 tonnes
de pétrole déversées en mer Jaune au large de la provinde du Liaoning,
au nord-est de la Chine

Marée noire - Fleuve Jaune, Chine


En août 2009, une éruption de pétrole sur une plate-forme d'exploration norvégienne en mer de Timor provoquait l'un des plus importants déversements de pétrole en Australie. La fuite a duré plus de deux mois, la nappe générée par celle-ci a atteint 136 km de long et 40 km de large. West Atlas

La plupart des "nettoyeurs" de l'Exxon Valdez seraient morts : ‹‹ À l’heure où BP distribue les chèques aux volontaires de Louisiane disposés à l’aider à dépolluer les côtes souillées par sa marée noire, on apprend que la "plupart" des personnes qui ont participé au nettoyage de la pollution de l’Exxon Valdez seraient... mortes à l’âge moyen de 51 ans ››

10.6.10

De la servitude moderne

Voici un documentaire à diffuser sans modération ! ‹‹ De la servitude moderne ›› met à jour notre monde actuel dominé par le pouvoir totalitaire marchand qui use de la démocratie pour nous asservir toujours plus. Nous aimons penser que la démocratie est la gardienne incontestable de nos libertés mais notre unique souveraineté se résume à élire les représentants du pouvoir corrompus. Nous n'avons d'autre choix que d'accepter le monde dans lequel nous vivons, un monde où  nos libertés doivent s'accorder avec la politique marchande.
Gratuit et libre de droit,  ce documentaire a été réalisé volontairement en dehors des circuits médiatique et commercial. Sa diffusion dépend de notre bonne volonté.


"Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles." 
William Shakespeare

‹‹ De la servitude moderne est un livre et un film documentaire de 52 minutes produits de manière totalement indépendante ; le livre (et le DVD qu’il contient) est distribué gratuitement dans certains lieux alternatifs en France et en Amérique latine. Le texte a été écrit en Jamaïque en octobre 2007 et le documentaire a été achevé en Colombie en mai 2009. Il existe en version française, anglaise et espagnole. Le film est élaboré à partir d’images détournées, essentiellement issues de films de fiction et de documentaires.
L’objectif central de ce film est de mettre à jour la condition de l’esclave moderne dans le cadre du système totalitaire marchand et de rendre visible les formes de mystification qui occultent cette condition servile. Il a été fait dans le seul but d’attaquer frontalement l’organisation dominante du monde.
Dans l’immense champ de bataille de la guerre civile mondiale, le langage constitue une arme de choix. Il s’agit d’appeler effectivement les choses par leur nom et de faire découvrir l’essence cachée de ces réalités par la manière dont on les nomme. La démocratie libérale est un mythe en cela que l’organisation dominante du monde n’a rien de démocratique ni même rien de libérale. Il est donc urgent de substituer au mythe de la démocratie libérale sa réalité concrète de système totalitaire marchand et de répandre cette nouvelle expression comme une trainée de poudre prête à incendier les esprits en révélant la nature profonde de la domination présente.
D’aucuns espéreront trouver ici des solutions ou des réponses toutes faites, genre petit manuel de «Comment faire la révolution ?"». Tel n’est pas le propos de ce film. Il s’agit ici de faire la critique exacte de la société qu’il nous faut combattre. Ce film est avant tout un outil militant qui a pour vocation de faire s’interroger le plus grand nombre et de répandre la critique partout où elle n’a pas accès. Les solutions, les éléments de programme, c’est ensemble qu’il faut les construire. Et c’est avant tout dans la pratique qu’elles éclatent au grand jour. Nous n’avons pas besoin d’un gourou qui vienne nous expliquer comment nous devons agir. La liberté d’action doit être notre caractéristique principale. Ceux qui veulent rester des esclaves attendent l’homme providentiel ou l’œuvre qu’il suffirait de suivre à la lettre pour être plus libre. On en a trop vu de ces œuvres ou de ces hommes dans toute l’histoire du XXº siècle qui se sont proposés de constituer l’avant-garde révolutionnaire et de conduire le prolétariat vers la libération de sa condition. Les résultats cauchemardesques parlent d’eux-mêmes.
Par ailleurs, nous condamnons toutes les religions en cela qu’elles sont génératrices d’illusions nous permettant d’accepter notre sordide condition de dominés et qu’elles mentent ou déraisonnent sur à peu près tout. Mais nous condamnons également toute stigmatisation d’une religion en particulier. Les adeptes du complot sioniste ou du péril islamiste sont de pauvres têtes mystifiées qui confondent la critique radicale avec la haine et le dédain. Ils ne sont capables de produire que de la boue. Si certains d’entre eux se disent révolutionnaires, c’est davantage en référence aux «révolutions nationales» des années 1930-1940 qu’à la véritable révolution libératrice à laquelle nous aspirons. La recherche d’un bouc émissaire en fonction de son appartenance religieuse ou ethnique est vieille comme la civilisation et elle n’est que le produit des frustrations de ceux qui cherchent des réponses rapides et simples face au véritable mal qui nous accable. Il ne peut y avoir d’ambigüité sur la nature de notre combat. Nous sommes favorables à l’émancipation de l’humanité toute entière, sans aucune forme de discrimination. Tout pour tous est l’essence du programme révolutionnaire auquel nous adhérons.
Les références qui ont inspiré ce travail et plus généralement ma vie sont explicites dans ce film : Diogène de Sinoppe, Étienne de La Boétie, Karl Marx et Guy Debord. Je ne m’en cache pas et ne prétend pas avoir inventé l’électricité. On me reconnaîtra simplement le mérite d’avoir su m’en servir pour m’éclairer. Quand à ceux qui trouveront à redire sur cette œuvre en tant qu’elle ne serait pas assez révolutionnaire ou bien trop radicale ou encore pessimiste n’ont qu’à proposer leur propre vision du monde dans lequel nous vivons. Plus nous serons nombreux à diffuser ces idées et plus la possibilité d’un changement radical pourra émerger.
La crise économique, sociale et politique a révélé la faillite patente du système totalitaire marchand. Une brèche est ouverte. Il s’agit maintenant de s’y engouffrer sans peur mais de manière stratégique. Il faut cependant agir vite car le pouvoir, parfaitement informé sur l’état des lieux de la radicalisation de la contestation, prépare une attaque préventive sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. L’urgence des temps nous impose donc l’unité plutôt que la division car ce qui nous rassemble est bien plus profond que ce qui nous sépare. Il est toujours très commode de critiquer ce qui se fait du côté des organisations, des individus ou des différents groupes qui se réclament de la révolution sociale. Mais en réalité, ces critiques participent de la volonté d’immobilisme qui tente de nous convaincre que rien n’est possible. Il ne faut pas se tromper d’ennemis. Les vieilles querelles de chapelle du camp révolutionnaire doivent laisser la place à l’unité d’action de toutes nos forces. Il faut douter de tout, même du doute.
Le texte et le film sont libres de droits, ils peuvent être copiés, diffusés, projetés sans la moindre forme de contrainte. Ils sont par ailleurs totalement gratuits et ne peuvent en aucun cas être vendus ou commercialisés sous quelque forme que ce soit. Il serait en effet pour le moins incohérent de proposer une marchandise qui aurait pour vocation de critiquer l’omniprésence de la marchandise. La lutte contre la propriété privée, intellectuelle ou autre, est notre force de frappe contre la domination présente.
Ce film qui est diffusé en dehors de tout circuit légal ou commercial ne peut exister que grâce à l’appui de personnes qui en organisent la diffusion ou la projection. Il ne nous appartient pas, il appartient à ceux qui voudront bien s’en saisir pour le jeter dans le feu des combats.
Jean-François Brient et Victor León Fuentes ››

28.5.10

La modification génétique gagne des voix en politique


Dans notre monde aux valeurs inversées, les lobbies industriels mènent la danse, l'objectif est le même pour tous, contrôler le commerce mondial. Pour l'industrie agro-chimique, l'enjeu est de taille puisqu'il s'agit de contrôler les semences du monde entier. Pour cela, les puissantes compagnies semencières ont recours à des technologies dangereuses et inutiles qui détruisent la biodiversité agricole et contaminent les cultures paysannes. Aujourd'hui, les agriculteurs dépendent de ces compagnies engagées depuis des années dans une ambitieuse course au brevetage dans le seul but de s'approprier l'ensemble de la biodiversité de notre planète, un défi plutôt arrogant non ? Malheureusement non, le scénario peut se concevoir aisément car les dirigeants politiques, ces homo-sapiens génétiquement adaptés à fraterniser avec le diable, soutiennent les géants de l'agro-science. Finalement, il faut s'attendre à ce que l'année de la biodiversité soit un jour rebaptisée "Année Monsanto" ou encore "Année Syngenta".

‹‹ Par un intense lobbying auprès du Parlement, les semenciers profitent du projet de loi sur la modernisation de l’agriculture pour asseoir leur contrôle sur les semences et les plantes. Objectif : faire des paysans qui replanteraient les fruits de leur récolte des délinquants. La bataille législative s’annonce rude. [...] C’est ici que l’on atteint le comble de la mécanique capitaliste appliquée au monde agricole. Les gros semenciers recherchent davantage de profits et plus de pouvoir sur le vivant. Forts de leur puissance de feu financière et politique, pour éviter que des filières indépendantes se développent, type Kokopelli ou Réseau semences paysannes, ils tentent de criminaliser toute alternative. Ils font des paysans qui n’entreraient pas dans le moule commercial des délinquants. ›› source Basta! : Comment les semenciers tentent d’asservir l’agriculture paysanne - Lobby
‹‹ Le Fonds stratégique d’investissement (FSI) investit dans le géant de l’agroalimentaire Vilmorin. Il a été créé par les pouvoirs publics fin 2008 pour répondre à la crise et  aux besoins en fonds propres des entreprises françaises porteuses de croissance et de compétitivité. Il est doté de 20 milliards d’euros de fonds, apportés par l’Etat et la Caisse des dépôts et consignations, et a vocation à investir à long terme dans des entreprises existantes d’assez grosse taille. [...] Vilmorin : C'est un très gros semencier. Quatrième semencier mondial derrière Monsanto, Dupont de Nemours et un suisse, Syngenta. Pourquoi augmenter le capital de Vilmorin ? Parce que c’est, dit le directeur du FSI, Monsieur Michel, "c’est un secteur très concurrentiel est aux enjeux stratégiques pour l’agriculture française". et le président de Limagrain, Monsieur Pagesse, lui aussi est très heureux, car cela confirme, je cite, "le caractère stratégique de notre métier d’amélioration des plantes". Amélioration des plantes, cela veut dire, OGM. Aux Etats-Unis Vilmorin est en compétition avec les gros producteurs d’OGM, et il est présent dans une filiale qui fait du maïs et du soja à 90% OGM. Or il est clair que Vilmorin a envie d’accroître ses positions en Amérique. ›› source marianne2 : Avec Vilmorin, l'Etat investit dans les OGM, autre lien : La France soutient les OGM au lieu du secteur Bio


‹‹ C’est un véritable scandale qui agite le petit monde des hauts fonctionnaires européens depuis la révélation, il y a quelques jours, d’un cas de « porte tournante » qui remonte pourtant déjà à 2008. Les « portes tournantes », ce sont ces allers et retours de fonctionnaires européens entre des institutions européennes et le secteur privé. Cette fois, il s’agit de Suzy Renckens, qui fut à la tête de l’unité OGM de l’AESA (Agence Européenne de Sécurité des Aliments) d’avril 2003 à mars 2008 et s’est retrouvée propulsée quelques semaines plus tard à un poste clé de lobbyiste pour la société agro-semencière Syngenta. Sa mission, approcher et convaincre les autorités comme l’Unité OGM, dont elle dirigeait la branche scientifique auparavant au sein de l’AESA, du bienfait des OGM. ›› source Greenpeace : Scandale des portes tournantes
‹‹ Le cas de Suzy Renckens : Arrivée en octobre 2002 dans les locaux de l'autorité situés à Parme en Italie, Suzy Renckens est docteur en biologie moléculaire. Elle avait auparavant travaillé sept ans à l'Institut pour la Santé Publique de Belgique, son pays d'origine. Et si aujourd'hui cette personnalité plutôt discrète se retrouve au cœur d'une polémique risquant d'entraîner le président de la Commission Européenne, c'est suite aux révélations de Testbiotech, un centre de recherche sur l'évaluation des biotechnologies basé à Munich en Allemagne. En novembre 2009, il a révélé que Suzy Renckens, qui était à la tête de l'Unité OGM de l'AESA d'avril 2003 à mars 2008 (coordinatrice scientifique du Panel OGM, précisément), s'est retrouvée à un poste clé au sein de la société agro-semencière Syngenta dès mai 2008, soit quelques semaines à peine après avoir quitté son poste de fonctionnaire de l'UE. Or, ce que souligne ces ONG, c'est que son ancien employeur n'a émis aucune objection ni restriction sur ce transfert vers l'industrie semencière, alors que le règlement qui s'applique aux fonctionnaires de l'UE l'exige dans ce type de situation, afin de limiter les conflits d'intérêt. Un cas qui n'est pas sans rappeler celui des « portes tournantes » - qui n'est pas propre à la seule industrie des biotechnologies - et qui est le nom donné aux allers et retours d'experts entre des organes officiels de régulation d'un domaine économique vers des entreprises privées qui exercent dans ce même domaine. Dans le cas de Suzy Renckens, le directeur de Testbiotech, Dr. Christopher Then, souligne qu'elle a de fait reconnu que son nouveau rôle au sein de Syngenta était d'approcher personnellement les autorités afin de promouvoir le développement des plantes transgéniques. En d'autres termes, faire du lobbying auprès des autorités européennes. Il dénonce par ailleurs le fait que l'AESA n'ait réagi qu'une fois l'affaire révélée au grand jour en contactant seulement à partir de décembre 2009 l'intéressée, soulignant au passage que son nouveau poste était soumis à approbation jusqu'à deux ans après sa démission de ses précédentes fonctions au sein de l'UE. « Avec une telle proximité à l'industrie, la question est simplement de savoir comment l'autorité peut-elle prendre ses décisions d'autorisation d'OGM, de manières indépendante. La Commission Européenne devrait prendre clairement position sur cette affaire », justifie-t-il. Car en effet, le souci est qu'au sein de l'AESA, Suzy Renckens était la coordinatrice du groupe d'experts (21 au total) en charge précisément de réfléchir sur les applications et risques sanitaires des plantes transgéniques, dans lesquelles un gène étranger a été introduit pour lui confèrer via une protéine certaines propriétés comme la tolérance à un herbicide et/ou la production d'un insecticide, par exemple. Pour sa défense, Suzy Renckens, qui occupe désormais le poste de directrice des affaires règlementaires sur les biotechnologies pour l'Europe chez Syngenta, rétorque que l'AESA avait déjà été prévenue de ce changement professionnel, rapporte Testbiotech. Elle avait par exemple envoyé un courriel à ses anciens collègues en mai 2008. Enfin, Testbiotech précise aussi que dans le cadre de sa nouvelle qualité, Mme Renckens avait pris part à une réunion entre l'autorité et la Commission en mars 2009, qui donc à ce moment-là ne pouvaient plus ignorer cette situation. Dans ces circonstances, l'association demande à ce que l'AESA soit réorganisée. ›› source mediapart : UE un cas de «portes tournantes» entraîne M. Barroso dans une polémique


‹‹ Les industries semencières agitent fortement leurs lobbies bruxellois pour faire passer 2 types de dispositions, apparemment sans lien avec la guerre qu’elles mènent depuis 15 ans pour imposer les plantes transgéniques (PGM).
L’une concerne les plantes obtenues par mutagenèse "incitée" grâce à des chocs violents (chimiques, physiques, radioactifs) qui provoquent des modifications aléatoires du génome, dont parfois des traits supposés "favorables". Ces plantes, qui sont des OGM selon la définition de la directive européenne 2001/18, génèrent les mêmes risques pour la santé et l’environnement que celles obtenues par trangénèse. Pourtant elles ont été miraculeusement exclues du champ d’application de cette directive, ce qui permet aux industriels d’éviter les évaluations des PGM… et les foudres des consommateurs.
L’autre disposition permettrait de breveter des variétés issues de croisements traditionnels, le brevet étant une prérogative du propriétaire jusqu’ici réservée aux PGM (et donc aussi aux plantes mutantes). L’Office européen des brevets (OEB) est assailli de telles demandes : près de 500 en 2008 ! S’il répond favorablement, les compagnies privées pourront progressivement contrôler l’accès aux semences (prix, disponibilité, interdiction de ressemer,…). Ces manœuvres ne veulent pas dire que l’offensive des PGM est terminée. Pour preuve, les industriels ont fait pression sur le gouvernement mexicain et obtenu enfin (décret du 6 mars 2009) la culture de maïs transgénique dans ce pays. Il s’agit d’un "crime historique contre les peuples du maïs, contre la biodiversité et contre la souveraineté alimentaire, contre dix mille ans d’agriculture paysanne et indigène qui ont légué cette semence pour le bien commun de tous les peuples du monde" fustige justement une pétition qui souligne que les milliers de variétés présentes uniquement dans ce centre d’origine du maïs risquent d’être toutes polluées par l’introduction des transgènes. Pourtant ces offensives variées pour la propriété du vivant laissent penser que Monsanto et consorts ne misent plus exclusivement sur les PGM. Comme s’ils comprenaient enfin que leurs promesses aguichantes (PGM pour sols secs ou salés, productivité augmentée, résistances durables aux parasites,…) sont techniquement très aléatoires et socialement conflictuelles. ›› Professeur Jacques Testart Biologiste et Directeur de Recherche à l'INSERM


‹‹ La Commission européenne vient d'autoriser la culture à des fins industrielles et d'alimentation animale, de la pomme de terre OGM de la variété Amflora de BASF. Elle a également autorisé la mise sur le marché pour l'alimentation humaine et animale, de trois maïs OGM dérivés du MON 863. Réactions de France Nature Environnement : La fédération dénonce fermement ces autorisations qui s'appuient, selon la Commission, sur des avis favorables de l'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA). Car les procédures d'évaluation mises en œuvre par cette Agence sont largement critiquées et critiquables. Ainsi, à deux reprises, le Conseil européen des ministres de l’environnement s’est prononcé pour que soient "renforcées et harmonisées les méthodes d’évaluation des risques des OGM en Europe". De plus, il a été montré que les avis de l'AESA sont irrecevables car utilisant des données scientifiques non fondées. En effet, dans un autre dossier, celui du MON 810, le Comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies a estimé que la puissance statistique des tests présentés par le pétitionnaire et analysé par l'AESA, est insuffisante pour conclure. De plus, l'Agence n'a jamais répondu de manière correcte à la question posée par une députée européenne sur l'innocuité de ce maïs, ainsi que le montrent les éléments rassemblés par la fédération et disponibles sur son site Internet (1). FNE va donc défendre auprès du gouvernement et des parlementaires européens la nécessité d'une enquête parlementaire européenne sur le fonctionnement de l’AESA et la validité de ses avis. Cette enquête devra aboutir à une profonde réforme de la procédure d'évaluation des OGM, avec l'intégration des enjeux socio-économiques liés à l'utilisation des OGM et la fourniture de moyens pour mener des contre-expertises des dossiers présentés par les pétitionnaires. - (1) MON 810 : impossible de conclure à son innocuité ›› communiqué de la FNE

Amflora, la patate de la discorde


Monsanto a encore frappé… Cette multinationale nord-américaine des pesticides, des semences et leader mondial des OGM, a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Aujourd'hui, elle est accusée de resserrer ses griffes sur Haiti : ‹‹ Après le tremblement de terre dévastateur, l’agriculture en Haïti, qui en principe devait être reconstruite récemment avec l’argent des dons du monde entier, a été complètement détruite sous le prétexte de l’aide humanitaire et la collaboration énergique du gouvernement US. Des semences de la firme Monsanto d’une valeur de quatre millions de dollars américains ont été plantées dans le sol de l’île et contaminent les champs des paysans. Voilà à quoi ressemble l’aide américaine, qui utilise la situation de pauvreté de ce pays détruit pour étendre la présence des graines de plantes génétiquement modifiées dans le monde entier. [...] Les paysans haïtiens perdront les recettes d’exportation. De plus ils sont rendus dépendants dans les cultures successives par les licences de Monsanto et esclaves des multinationales. Les conséquences sanitaires sur les habitants sont incalculables. ›› source HNS-info : Sous prétexte d'aide, Monsanto contamine Haïti

Haïti : Monsanto et le "Projet Winner"

17.5.10

Serons-nous un jour délivrés des pesticides ?


Serons-nous un jour délivrés des pesticides ? La question devrait plutôt être formulée ainsi : Allon-nous un jour être débarrassés des dirigeants politiques qui propagent la peste des lobbies industriels plutôt que d'affirmer une volonté de développement durable et d'assurer une stabilité économique au peuple ? En France, la manipulation politique continue de frapper de plein fouet. Malgré la promesse de réduire les pesticides de 50% d'ici 10 ans formulée par le président de la république pro-lobbies en 2007, les français devront encore supporter les poisons de l'industrie chimique dans leur alimentation.

Dans un récent communiqué de presse, le MDRGF accuse le gouvernement de défendre les positions dictées par les lobbies des pesticides : « Le gouvernement vient de se couvrir de honte en cédant aux lobbies agrochimiques des dispositions qui vont permettre le maintien sur le marché de pesticides dangereux et vont inciter les jardiniers à utiliser beaucoup de pesticides ». Peu de temps auparavant, dans sa lettre d'information, le MDRGF dénonçait  un rapport rédigé par un député UMP et un sénateur… UMP, intitulé "Pesticides et santé", un titre qui pourrait laisser présager quelques précautions sanitaires… détrompez-vous, ce rapport met en garde contre une diminution trop brutale des produits phytosanitaires, remet en cause la responsabilité de ceux-ci quant à la disparition des abeilles et minimise leur rôle cancérigène : ‹‹ Tout est fait dans ce rapport pour justifier l'emploi des pesticides, en reconnaitre les intérêts même sanitaires ! Tout est fait pour amoindrir les usages importants qu'en fait la France, les risques sanitaires de ces produits aussi bien pour les utilisateurs que pour les personnes exposées indirectement. On n'a de cesse de nous expliquer que le retrait de certains de ces produits poserait de gros problèmes aux agriculteurs, que ces mêmes agriculteurs n'ont eu de cesse de faire moult et moult efforts pour réduire leur usage etc. Et de dire que les peurs du public concernant ces pesticides sont des peurs « émotionnelles » voire irrationnelles. En un mot circulez il n'y a rien à voir ! ››



  Qui croire ?  

La contamination de l'environnement et l'augmentation constante des maladies nouvelles ont suscité de nombreuses études scientifiques qui démontrent aujourd'hui la dangerosité des produits phytosanitaires pour la santé et l'environnement. Seuls les fabricants continuent d'affirmer qu'il n'y a pas de risque. On peut apprécier l'ampleur de la manipulation médiatique sur Info-pesticides.org, le site de l'Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) qui malgré son nom protecteur n'est autre qu'une organisation professionnelle regroupant les principaux fabricants de pesticides (dont BASF, Bayer, Monsanto et Syngenta) :

‹‹ Tous types de cancers confondus, les agriculteurs ont moins de cancers que la population générale ››  ‹‹ Les agriculteurs, compte tenu de leurs activités, sont plus exposés à certains facteurs de risques tels que le soleil (principale cause des cancers de la peau), les hydrocarbures (diesel…), les mycotoxines, les virus transmis par les animaux (élevage)… qui pourraient être impliqués dans ces maladies. ››

Sur Info-pesticides.org, tout est dit ! "agriculture raisonnée", "respect de l'environnement", "produits utiles", "entreprises responsables", "innovation", "utilisation raisonnée"… On nous explique que les pesticides servent à protéger les cultures, assurer des récoltes régulières, maintenir la qualité des aliments (il fallait oser), nourrir la planète et assurer l'avenir de la filière alimentaire. En ce qui concerne notre santé, soyons rassurés, évaluations rigoureuses, contrôles sévères et marges de sécurité élevées sont au programme.

On peut apprécier le respect de cette politique agricole sur le site de la société Monsanto, adhérente de l'UIPP : ‹‹ Monsanto est une société consacrée à l'agriculture. Nos innovations et notre technologie aident les agriculteurs du monde entier à produire plus en préservant plus. Nous aidons les agriculteurs à réussir de manière durable, en produisant une alimentation humaine et animale plus saine et des fibres textiles, tout en réduisant l'impact sur notre environnement. ››. Une politique agricole présentée différemment par le collectif d'associations Combat Monsanto

‹‹ Première consommatrice de pesticides en Europe, la France continue aujourd’hui de classer les préparations naturelles dans les "phytopharmaceutiques". D’autres pays européens, soumis aux mêmes directives et règlements, reconnaissent et classent ces préparations dans une catégorie à part. En Allemagne par exemple, les substances de base acceptées par le règlement européen bio n’ont pas besoin d’être inscrites sur la liste européenne. Plus de 400 préparations sont ainsi commercialisées dans ce pays. "En Espagne, il suffit de vérifier que les préparations naturelles sont peu toxiques et efficaces et l’on peut faire l’inscription à peu de frais, explique Jean Sabench. Nous réclamons une réglementation qui soit également logique en France." Les associations, syndicats et collectivités locales mobilisées demandent l’adoption en France d’un amendement à la loi Grenelle 2 affirmant que les préparations naturelles peu préoccupantes ne sont pas des pesticides et permettant leur commercialisation et leur utilisation effectives. Dans les ministères, les lobbies s’agitent. Arriveront-ils une fois de plus à imposer leur morbide point de vue ? ›› source : bastamag.net - Quand le lobby des pesticides empêche la commercialisation de produits naturels


  Un réseau pour les victimes des pesticides  

Pour la première fois en France, des victimes des pesticides ont pu se réunir grâce à l'initiative de deux ONG, HEAL et le MDRGF, et d'un agriculteur Paul François. Les rencontres ont eu pour objectif de projeter des actions revendiquant une reconnaissance des victimes des pesticides et formuler des demandes précises aux autorités publiques. De nombreuses personnes sont venues apporter leurs témoignages, des agriculteurs de toute la France atteints de Parkinson, de cancer, de troubles multiples, mais aussi des particuliers vivant en milieu rural à proximité de champs traités aux pesticides.

Les deux associations appellent toutes les personnes exposées aux pesticides et subissant des préjudices, à les rejoindre afin d'apporter leur témoignage et appuyer les demandes adressées au gouvernement. « Nous nous sentons privilégiés de faire partie de ce réseau de personnes qui souffrent des effets de l’exposition aux pesticides. Ce réseau contribuera non seulement à aider plus de personnes à faire en sorte que leur maladie soient reconnues et indemnisées, mais aussi à sensibiliser au fait que les pesticides peuvent provoquer des cancers et autres problèmes de santé graves. Notre intention est maintenant de partager cette expérience dans différents pays européens afin que les produits chimiques ayant notamment des effets cancérigènes soient retirés du marché le plus rapidement possible » Génon Jensen, Directeur exécutif de Health and Environment Alliance (HEAL).




  VIDEO    ‹‹ Le cycle idiot décrit comment les plus grandes industries chimiques du monde fabriquent et diffusent des substances cancérigènes et, en parallèle, développent, produisent et financent les traitements contre le cancer. La réalisatrice hispano-canadienne Emmanuelle Schick Garcia plonge dans les coulisses de la maladie "la plus lucrative de la planète". Aujourd’hui, nous serions, selon elle, bombardées de 18 millions de produits chimiques, dont beaucoup se mélangent dans l’environnement pour en créer de nouveaux. Seulement 2 000 de ces produits chimiques fabriqués par l’homme ont subi une analyse toxicologique complète. Il tourne, il tourne, le cycle idiot. Et pendant ce temps-là, en France, un rapport parlementaire sous forme de plaidoyer pour les pesticides, rendu public à une semaine de l’ouverture du vote sur le Grenelle 2, concluait : "Aucune étude scientifique n’est en mesure aujourd’hui de faire, chez l’homme, un lien entre la consommation d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies." ›› source : terra-economica.info