Blog à vocation informative, à l'atmosphère parfois militantiste.

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12.7.09

"Cancer et eau potable", avertissement ou marketing ?

‹‹ En France, la qualité de l’eau varie selon les régions et selon les périodes de l’année, en raison de l’activité agricole. De fait, des personnes fragilisées peuvent être exposées sans le savoir à des taux de nitrates et de pesticides supérieurs aux normes. De plus, les normes de qualité n’ont pas évolué malgré les nouvelles connaissances sur des polluants à effet hormonal (certains pesticides, certaines hormones, le bisphénol A…) ou sur la présence de dérivés médicamenteux. ››


Selon un récent communiqué de presse du WWF traitant des impacts des eaux polluées sur notre santé et de l'état des eaux de boisson en France, l'eau du robinet serait à consommer avec modération. Dans son rapport, le WWF fait savoir que certains pesticides ainsi que les résidus de médicaments ne font pas l'objet de contrôle et qu'il est primordial de respecter les instructions d'utilisation des filtres à eaux afin d'éviter les désagréments de "relargage de contaminants" stockés dans les cartouches. Telle une promotion pour les eaux en bouteilles, les bienfaits des eaux minérales naturelles et des eaux de source sont ensuite exposés ; des recommandations individuelles et collectives pour lutter contre les risques de cancer par la consommation d'eau potable concluent le rapport.


Pourquoi soupçonner l'avertissement du WWF de démarche publicitaire ? Parce qu'une longue histoire unit le WWF au Groupe Danone, leader en France de l'eau embouteillée. Arvie, Badoit, Evian, La Salvetat, Talians, Volvic, Taillefine sont des marques Danone, tout comme Aqua (leader en Indonésie), Robust et Wahaha (leader en Chine), Font Vella (leader en Espagne) et Naya (au Canada).


‹ Au-delà du catastrophisme habituel des écologistes, la campagne du WWF est troublante du fait qu’elle fournit une formidable publicité, à la veille de l’été et des fortes chaleurs, au secteur de l’eau conditionnée. ›› Le WWF et le Groupe Danone : une longue histoire d’eau


‹‹ De toutes les associations qui seront présentes au Grenelle de l’environnement, le WWF est incontestablement considéré comme étant la plus respectable. Ses dirigeants - souvent des personnalités du monde des affaires ou de la haute société aristocratique - ainsi que ses partenariats avec des entreprises telles que Coca-Cola, Wall-Mart, Toyota, Canon, IBM, Carrefour ou Gaz de France, lui ont conféré une notoriété sans précédent, alors que ses campagnes historiques visant à « sauver les animaux sauvages » suscitent encore aujourd’hui un vaste élan de sympathie. ›› Le WWF, une multinationale verte de notables


Selon le Professeur Yves Lévi, les premières grandes séries d'analyses d'eau potable (réalisées à Berlin au début des années 2000) ont révélé des traces de pollutions émanant des activités humaines ainsi que des résidus médicamenteux (provenant principalement d'anti-inflammatoires, d'antiépileptiques et d'hypolipémiants). En 2002, une analyse de 139 rivières américaines révélait que 80% d'entre elles contenaient des résidus de médicaments en vente libre. A la question "dispose-t-on de données en France?", Yves Lévi a répondu ‹‹ Par rapport à l’Allemagne, les États-Unis et la Grande-Bretagne, la France a accumulé un retard très net dans ce domaine. ›› source : Le Figaro - Les eaux polluées par les médicaments (juillet 2007)


Action solidaire ou simple manipulation du WWF ? Cela ne change rien au problème. Nous devons faire front à une pollution environnementale sans précédent. Toutes sortes de contaminations chimiques mettent notre santé à l'épreuve et notre peur justifiée a forcément des répercussions fructueuses chez certains lobbies. Cela étant, il se pourrait bien que l'alerte du WWF se transforme en nouvelle guerre de l'eau, tout comme la campagne publicitaire de Cristaline et du Sedif en 2007 (Cristaline vs Eau de Paris / Affrontement par pubs interposées), à suivre...


L'eau potable et le cancer

Cette eau qui n’est plus de l’eau

L'eau du robinet n'aggrave pas le cancer

Evian et Volvic soldent leurs bouteilles d'eau pour relancer les ventes

Résidus de médicaments dans l’eau : un risque encore mal connu

Le Tribunal Administratif annule un arrêté préfectoral “pollueur”

Les eaux usées non traitées servent souvent à irriguer

Pollution industrielle de l’eau

5.7.09

Le réchauffement climatique : à nos risques et périls


Bouleversement des courants marins, désertification des terres, disparition des glaciers, crise d'eau potable, extinction de la biodiversité, le réchauffement climatique est en route et s'accélère dangereusement au point de préoccuper toutes les nations du globe. 


L'orbite terrestre n'est pas circulaire, ainsi la distance de la Terre au Soleil varie. Notre univers ne laisse rien au hasard et les changements climatiques ne sont pas des coups du destin mais des cycles, aujourd'hui établis par la science. Les cycles naturels de la Terre provoquent des bouleversements écologiques. En déséquilibrant la biosphère, les activités humaines influent sur le cycle naturel. Le libéralisme fonctionne à partir d'une expansion illimitée mais les ressources naturelles ne le sont pas et nous les dilapidons plus rapidement chaque année, nous créons plus de déchets que nous ne pouvons en recycler, nous abattons les arbres plus vite qu'ils ne repoussent, nous pêchons les poissons plus vite qu'ils ne se reproduisent, et finalement, nous rejetons plus de CO2 que l'atmosphère ne peut en absorber...


Les experts du monde entier étudient les retombées des activités humaines sur l'atmosphère et doivent sans cesse reconsidérer leurs évaluations. Les données des puissants modèles climatiques sont continuellement faussées par l'accélération constante du réchauffement climatique provoquée par les activités humaines, mais aussi par les émissions naturelles de carbone et l'affaiblissement des puits de carbone naturels à absorber le CO2.


« "Je suis choquée, vraiment choquée", déclare Katey Walter, spécialiste de l’écologie à l’Université de l’Alaska à Fairbanks. "J’ai suis allée en Sibérie, il y a quelques semaines, et je suis maintenant de retour en Alaska. Le pergélisol est en train de fondre rapidement dans tout l’Arctique, des lacs se forment partout et le méthane en sort en bouillonnant." » (...) « M. Schuur estime que 100 milliards de tonnes de carbone pourraient être libérés par le dégel au cours de ce siècle, selon les scénarios de base. Si ce dégazement se produisait sous forme de méthane, l’effet de réchauffement serait l’équivalent à 270 années d’émissions de dioxyde de carbone aux niveaux actuels. "C’est une sorte de bombe à retardement au ralenti", prévient-il. » source


Le sol arctique recèlerait deux fois plus de carbone que prévu

Le puits de CO2 dans l'océan Austral saturé par le changement climatique


Extrait du bulletin 139 du WRM - Février 2009

Les gouvernements sont unanimes : le changement climatique est un fait et il faut s’en occuper, aux plans international et local. Ils sont d’accord que les combustibles fossiles et le déboisement sont les causes principales du dérèglement du climat. Ils parlent d’atténuation, de compensation et d’adaptation. Et puis ils ne font rien, ou bien ils font le contraire de ce qu’il faudrait faire.

Au lieu de déclarer que l’extraction de combustibles fossiles est une activité criminelle, ils continuent d’exploiter les sources existantes et de chercher de nouveaux gisements de pétrole et de gaz. Au lieu de déclarer illégal le déboisement massif, ils se penchent sur des méthodes complexes pour tirer de l’argent de la conservation des forêts, tout en continuant de détruire celles-ci. Au lieu d’essayer de préparer leurs peuples pour qu’ils puissent mieux affronter les effets du changement climatique, qui affecteront de façon disproportionnée les pauvres, les femmes et les secteurs les moins fortunés de la société, ils s’adonnent à des activités comme le déboisement et la monoculture d’arbres, qui portent atteinte à des ressources précieuses, indispensables à l’adaptation future, comme l’eau.

Il y a sept ans, pendant la Conférence sur le changement climatique organisée à Delhi, un leader religieux indien (Swami Agnivesh) a répondu sans ambages au double discours gouvernemental : « Qui croyez-vous tromper ? Vous trompez vos enfants, vous trompez vos petits-enfants ».


Faut-il se résoudre à l'idée que le réchauffement climatique est une fatalité et que l'humanité s'adaptera ? Sommes-nous prêts à affronter de manière cyclique un climat destructeur ? Les impacts dus au réchauffement de la Terre seront proportionnels à notre négligence. En contaminant des éléments essentiels à la vie comme l'eau, l'air et la terre, en polluant toujours plus l'environnement, l'humanité se prédispose à vivre un enfer. Le climat a connu des changements et pourtant il a été suffisamment stable pour maintenir toute forme de vie durant des millions d'années mais l'humain sera t-il encore l'hôte de la Terre dans 1000 ans ?


‹‹ Le processus de désertification fait souffrir aujourd’hui 500 à 600 millions de personnes. Demain ils seront deux à trois milliards. Marc Bied-Charreton (président du comité scientifique français contre la désertification) considère qu’une  terre est désertifiée quand il ne reste que 10 ou 15 % de végétation sur le sol. Il n’y a plus d’arbres ni d’arbustes, seulement une touffe d’herbe par mètre carré ; le reste, c’est du sable et des cailloux. Alors la résilience de l’écosystème, c’est-à-dire sa capacité à revenir à l’état initial, ne cesse de diminuer ; toute vie disparaît. La perte progressive de la fertilité du sol ne résulte pas principalement de l’avancée des déserts, mais de l’action humaine : les pratiques d’agriculture trop intensive ou inadaptée épuisent les sols. Pour compenser cette tendance, les paysans augmentent les superficies cultivables. Ils résolvent leur problème pour une année, mais ils introduisent le cycle de la désertification sur d’autres terres. Ce phénomène aggravera aussi le réchauffement climatique puisque la terre stockera beaucoup moins de carbone. 

Après les humains, les insectes ? La plupart des familles principales d'insectes (mouches, cancrelats, coléoptères, sauterelles, fourmis) comportent bien des espèces vivant dans le désert. La Biosphère ne garde en son sein que ceux qui sont le plus apte à survivre.  ›› Le Monde, 13.01.2008


"Six degrés pourraient changer le monde" : Dans un excellent documentaire inspiré du livre "Six degrees" du journaliste anglais Mark Lynas, National Geographic présente, degré par degré, les effets que produiraient ces hausses de température sur notre environnement, une planète sans Amazonie, un océan Arctique libre de glaces, l'apparition de super ouragans de catérogie 6... Lorsque les indices de températures extrêmes et les catastrophes climatiques seront de coutume, cela signifiera que les zones autrefois tempérées seront devenues inhabitables et les humains entreront sûrement en guerre pour s'approprier les ressources naturelles restantes. Selon Mark Lynas "le réchauffement global ne signifie pas seulement la lente augmentation de la température sinon qu'il va changer radicalement la manière d'opérer du système de la Terre". Les futures générations pourront en témoigner.



Comment les lobbies pétroliers luttent contre la thèse du réchauffement climatique : "Extrait du procès de Philip Cooney, accusé d’être au service des lobby pétroliers au sein de l’administration Bush, au conseil de la qualité environnemental, en charge de superviser les travaux des scientifiques sur l’effet de Serre. Son but a été d’introduire "le doute" dans l’esprit du public. Pour cela, il a corrigé et transformer les travaux des scientifiques s’il les jugeait trop alarmistes. Là où il existait des certitudes, il rajoutait des "peut-être" et des conditionnels. Une fois viré, il a été embauché par Exxon."



Dans l'Edition du Guardian du 23 juin 2008, James Hansen, scientifique américain à la NASA, reconnu pour ses recherches climatologiques, accuse les sociétés pétrolières de crime contre l'humanité. Obstruction, désinformation, celles-ci, soutenues par des élus conservateurs, ont considérablement freiné la mise en oeuvre de mesures indispensables à la lutte contre le réchauffement climatique. En 1988, James Hansen alertait le Congrès américain sur les causes et les risques considérables d'un tel changement. Seulement, les communiqués de presse rapportés par les agences fédérales obstruaient l'information afin de minimiser les risques du changement climatique. James Hansen a déclaré lors d'une entrevue avec le Washington Post qu'il lui était impossible de s'exprimer librement, que des administrateurs de la NASA avaient tenté d'influer sur ces déclarations. "Le problème n'est pas la volonté politique, mais les lobbyistes. Il est évident que l'argent parle à Washington, et la démocratie n'oeuvre pas dans le bon sens".

Turning Up the Heat on Climate Issue - washingtonpost.com


L’Inde rejette tout objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre

Le G8 beaucoup trop frileux dans sa politique climatique

La disparition du Triangle de Corail poussera des millions de personnes à l’exil

Terminal de Cherbourg : Greenpeace va au charbon !

L'effondrement d'un pont de glace met la banquise de l'Antarctique en péril

L’Australie, première nation victime du changement climatique ?

Le Ginkgo biloba a survécu à tous les changements climatiques

MARGO : Améliorer la fiabilité des modèles climatiques

WRM Bulletin 136 - Le changement climatique

Global Warming Art

Recul des glaciers depuis 1850

Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

Les apprentis sorciers du climat par Philippe Bovet et François Ploye

Tourisme. Groenland, destination chaude

Le changement climatique - La Documentation française

Le réchauffement climatique passe-t-il à la vitesse supérieure ?

Les taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère n’ont jamais été aussi hauts depuis 800000 ans


3.7.09

Littérature : Santé et Environnement


      

         

         

            

      


  (1) Pesticides, révélations sur un scandale français de Fabrice Nicolino et

       François Veillerette

  (2) Une femme contre les pesticides : une vie, un combat de Estelle Cintas

  (3) L'île-Monde dans l'oeil des pesticides de Philippe Verdol

  (4) Menaces invisibles de Gunni Nordstroöm

  (5) Pollution de l’air : 63 millions de contaminés de Franck Laval

  (6) Déchets et pollution : Impact sur l'environnement et la santé 

       de Christian Ngô et Alain Régent

  (7) Menace sur le vivant - La Filière nucléaire du plutonium de J.P. Morichaud

  (8) Quand meurent les grands fleuves de Fred Pearce (autre lien)

  (9) La guerre de l’eau de Vandana Shiva

(10) L'or bleu - L'eau, le grand enjeu du XXIe siècle de Maude Barlow et

       Tony Clarke (interview)

(11) La faim, la bagnole, le blé et nous de Fabrice Nicolino

(12) La menace des carburants agro-industriels ! de D. Parizel (interview)

(13) Amazonie une mort programmée ? d'Hubert Prolongeau

(14) Ces forêts qu'on assassine d'Emmanuelle Grundmann (autre lien) -

       (interview)

(15) Les pillards de la forêt de Arnaud Labrousse et François-Xavier Verschave

(16) Surpêche, l'océan en voie d'épuisement de Charles Clover

(17) Les pollutions invisibles de Frédéric Denhez

(18) Le livre noir de l’environnement de Henry Augier (interview)

(19) L'horreur écologique de Claude-Marie Vadrot - (interview)

(20) C’est pollué près de chez vous. Les scandales écologiques en France

       de Pascal Canfin et Wilfrid Séjeau (autre lien) 


Ouvrages de François Terrasson :

La peur de la nature, 1988
La civilisation anti-nature, 1994 (extraits)
En finir avec la nature, 2002


ACME - Les livres d'Eau

ouvrages sur la pollution électromagnétique

ouvragres sur la menace des armes nucléaires

ouvrages sur les menaces chimiques

ouvrages sur la pollution

L'écologithèque.com

La déforestation dans le monde tropical - extrait

voir aussi dans ce blog la rubrique ‹‹ Bibliothèque ››


  

Polluants chimiques, enfants en danger de Anne-Corinne Zimmer

Aliments irradiés : atome, malbouffe et mondialisation du Collectif Français contre l'irradiation des Aliments (extrait)


26.6.09

Selon la FAO, l'Afrique pourrait combattre la faim dans le monde

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) convoite la savane guinéenne pour combattre la faim dans le monde. A l'heure actuelle, seulement 10% des 600 millions d'hectare de la savane sont cultivés. La FAO et la Banque Mondiale viennent de publier une étude visant à transformer 400 millions d'hectares de savane guinéenne en terres agricoles. Selon l'étude, ‹‹ L'utilisation des terres de la savane guinéenne pour l'agriculture entraînera inévitablement des coûts pour l'environnement, mais cette agriculture peut elle-même être bénéfique pour l'environnement ›› ...


Lorsque la Banque mondiale finance, il faut s'attendre au pire... En tout cas, les fabricants de pesticides doivent déjà se frotter les mains !


‹‹ Une vaste bande de savane africaine traversant 25 pays a le potentiel de transformer plusieurs pays africains en protagonistes mondiaux en matière de production de matières premières agricoles, selon un ouvrage que vient de publier l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Banque Mondiale. ››  source : Centre d'Actualités de l'ONU


‹‹ Une telle conversion à l’agriculture, sur une grande échelle, de la savane guinéenne ne serait pas sans entraîner un impact considérable sur l’environnement régional. A la lumière des expériences passées, la destruction des écosystèmes et l’utilisation excessive d’engrais et de pesticides sont les principaux maux à en attendre. Conscient de ce risque, Guy Evers, chef du Service Afrique au Centre d’investissement de la FAO, estime qu’en "cas d’intensification de l’agriculture, les gouvernements doivent prendre soin d’en surveiller les effets sur l’environnement et mettre en place des mesures pour réduire ou éviter les dégâts." Une petite phrase que l’on peut interpréter comme : nous initions le processus de conversion et vous vous débrouillez avec ses conséquences ! ›› source : Univers Nature - Vers la conversion de 400 millions d’hectares de savane en terre agricole


Faut-il vraiment supprimer la FAO, cet outil si décrié des Nations unies?

Le monde franchit le cap "historique" du milliard de personnes affamées

Radio des Nations Unies: seuls 10% de la savane guinéenne sont effectivement cultivés

Qu’est-ce que la FAO?


Les pollueurs payeurs s'efforcent de sensibiliser

Dans son film "Home", Yann Arthus Bertrand nous présente une planète merveilleuse mais aussi des activités humaines dévastatrices, un amalgame d'images choc pour une prise de conscience maximum ! Mixer la beauté et le sordide pour interpeller nos âmes, bravo Yann, il fallait y penser. Mais au fait, ou sont passés les fuites d'uranium et les déchets radioactifs ? Au final, la situation ne semble pas si catastrophique puisqu'il n'est pas question de changer nos modes de vie, seulement de consommer différemment. N'ayez crainte consuméristes, les productivistes ne vous laisseront pas tomber !


"Home" Pollueur Payeur : le film est bien sûr compensé carbone, c'est-à-dire que tous les rejets de CO2 engendrés par le tournage de 217 jours dans 54 pays financeront un projet d'énergie propre. Merci Yann pour ce geste.



‹‹ Un matin de juin, Blork découvrit l’existence du produit cinématographique Home le jour même où la machinerie communicationnelle le projeta dans l’esprit du public.


il apprit cette nouvelle en entendant le réalisateur du film, Yann Arthus-Bertrand, répondre avec François-Henri Pinault, héritier du milliardaire François Pinault, aux questions d’un journaliste sur la radio Europe 1. L’usage de la société du spectacle veut que le réalisateur assure seul la promotion de son ouvrage. Par quel mystère la promotion de ce film à vocation écologiste appelait-elle la présence d’un homme fortuné qui se révéla en être le financier ?


Sans deviner immédiatement la réponse à cette question, ce que retint Blork des intentions de ces personnages fut cette phrase de M. Pinault fils : "On ne peut pas consommer moins, il faut consommer différemment." Ah ? On ne peut pas consommer moins ?


Plus tard, il apparut que Home était un film ayant vocation à "élever la conscience du public" aux questions écologiques, selon ce qu’il apprit d’une collaboratrice du réalisateur. Du film lui-même, que dire ? De belles images : Blork appréciait ces couleurs, ces paysages, ces vues surprenantes qui font de M. Arthus-Bertrand, quoi qu’en disent ses détracteurs, un artiste. Mais l’oeuvre prétendait délivrer un message à l’humanité. Et, oui, message il y avait.


L’introduction du film présentait les noms de marques de luxe appartenant au groupe dirigé par M. Pinault - Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Boucheron, etc. Leur présence manifestait la part qu’elles prenaient au discours exprimé par le commentaire accompagnant les images.


Que disait ce discours ? Que l’équilibre écologique de la planète est menacé par l’action humaine, ce qui devrait avoir des conséquences extrêmement dommageables, quoique imprécises. Qui était responsable de cette situation ? L’humanité. Vous, moi, nous.


Une phrase surnageait du commentaire, à une heure et vingt-quatre minutes du début : "Soyons des consommateurs responsables." Ainsi : l’équilibre de la planète se dérègle, les zones humides disparaissent, les terres glacées de Sibérie vont relâcher leur méthane, 2 milliards d’humains vont manquer d’eau, les forêts primaires sont détruites, et que nous faut-il faire ? Etre des consommateurs responsables. M. Pinault se chargerait de confirmer à la radio que le mot-clé était "consommation".


Blork, qui prenait au sérieux ce que dit la télévision, déclama : "Humain occidental, n’imagine pas qu’il soit possible d’exister autrement qu’en consommant. Ne crois pas une seconde que les possesseurs et utilisateurs des Boucheron, Balenciaga, Rolls Royce, Lexus, Rolex, etc., puissent avoir une autre responsabilité que la tienne dans ce qui se passe. Petit homme, pour sauver la planète, écoute leur parole : consomme, consomme, consomme, différemment, mais consomme."


Hervé Kempf - 22 juin 2009 ›› source



‹‹ Quel meilleur choix que de surfer sur l’hystérie collective du réchauffement climatique ? Judicieux marketing ! L’investissement dans la bonne conscience est rentable. Regardez les retombées presse ! La motivation des 88 000 salariés de Pinault grimpe en flèche. Les marques du groupe (Gucci, Sergio Rossi, Conforama, etc. - longuement énumérées au générique) récoltent leur onction écolo. La gabegie consumériste des hommes, ô combien vomie dans le film, se refait une santé dans un sympathique tour de passe-passe. Chez Sergio Rossi, on trouvera un «escarpin écologique» à 370 euros. Chez Gucci, un tee-shirt en coton bio, estampillé Home, 140 euros. Comme tout est simple, finalement. ›› source Libération : «Home» ou l’opportunisme vu du ciel



Communiqués de presse du Réseau "Sortir du Nucléaire" :

Yann Arthus-Bertrand prend position contre le nucléaire

Le Réseau "Sortir du Nucléaire" accuse Yann Arthus-Bertrand d'avoir occulté la question du nucléaire dans son film Home

Avant la sortie du film "Home", le Réseau "Sortir du Nucléaire" dénonce l'engagement pronucléaire de Yann Arthus-Bertrand


« Dans le film, je n'ai pas réussi à parler du nucléaire, je voulais le faire, mais c’était très très compliqué » source


Un Home à abattre ? - Charlie enchaîné

Selon Yann Arthus-Bertrand, "Home" a aidé les Verts

YouTube - Home FR

HOME - un film de Yann Arthus-Bertrand

NaturaVox - Home, Yann Arthus Bertrand


20.6.09

Forêts du Sarawak : le BMF dénonce


Le Bruno Manser Fonds dénonce la société Trafigura d'accélérer la destruction des forêts pluviales en Indonésie et en Malaisie. Selon l'association, Trafigura se procure chaque mois entre 5000 et 7000 tonnes d'agrocarburants (huile de palme en provenance de Malaisie) qu'elle exporte ensuite vers l'Europe et les Etats-Unis. En novembre dernier, le ministre malais Kohilan Pillay déclarait que "Trafigura jouait un rôle-clé dans le commerce d'huile de palme avec l'État du Sud-est asiatique".


Spécialisée dans le transport des matières premières (pétrole brut, produits dérivés, métaux, minéraux et énergies renouvelables), Trafigura est l'une des plus importantes compagnies au monde de courtage pétrolier et d'affrètement maritime.


Les plantations d'huile de palme et de bois à papier se développent au détriment des forêts pluviales, et le respect des droits territoriaux des communautés indigènes est souvent bafoué. Le Bruno Manser Fonds critique le rôle de Trafigura dans la destruction de la forêt et exige son retrait du commerce d'agrocarburants produits à partir d'huile de palme.


Trafigura rejette les critiques de la fondation Bruno Manser


Mieux connaitre Trafigura :

L'étonnant parcours de Claude Dauphin, patron de Trafigura 

Trafigura dans Surviepédia, l'encyclopédie de la Françafrique

Le rapport confidentiel de la BNP qui a sauvé le groupe Trafigura

Trafigura dédommage la Cote d’Ivoire mais nie toute responsabilité

Lutte contre la Corruption Internationale : le Probo Koala

Trafigura, un cas de pollution internationale

Trafigura paie 8 millions de dollars pour échapper aux poursuites


En Février dernier, le Bruno Manser Fonds dénonçait le partenariat du Groupe français ACCOR avec la société Interhill pour la construction contestée d'un Novotel à Kuching, capitale du Sarawak à Bornéo. Interhill, groupe forestier malais, saccage la forêt du Sarawak, territoire des Penan, depuis 1986.


‹‹ Les Penan luttent depuis la fin des années 1980 en érigeant des barricades sur les routes forestières empruntées par la société Interhill, laquelle sévit dans une concession de 50 000 hectares de forêt tropicale. Pour imposer ses intérêts face à la population locale, Interhill a déjà engagé des hommes de main armés afin d'intimider de diverses manières les Penan. En outre, l'automne dernier, le Bruno Manser Fonds a porté au grand jour le fait que les ouvriers d'Interhill avaient dans plusieurs cas abusé sexuellement de femmes et d'adolescentes Penan. ›› source ICRA International - Sarawak : Construction d’hôtel de luxe au mépris de la forêt pluviale


Les Penan accusent ACCOR de détruire leur forêt et de polluer leurs fleuves et demandent au Groupe de ne plus coopérer avec Interhill. Les Penan se sont sédentarisés, seulement une minorité d'entre eux sont encore chasseurs-cueilleurs nomades, mais tous dépendent étroitement de la forêt.


ACCOR envisagerait-il d'appliquer sa politique de développement durable ? Le groupe français a finalement annoncé l'ouverture d'une enquête sur les activités d'Interhill.


Violence sexuelle dans la forêt pluviale

Le gouvernement du Sarawak destitue des chefs Penan de leurs fonctions

Les peuples des forêts du Sarawak harcelés par l’exploitation forestière

Bruno Manser Fonds : Actualité

Survival International : Actualités par peuples : Penan

Le peuple Penan - Survival International


Galerie Photos de Nigel Dickinson : Borneo, Sarawak Malaysia


‹‹ Aussi longtemps que la déforestation se poursuit au Sarawak et que les bulldozers continuent leurs terrassements, notre action n'a pas abouti. Je suis las, mais je ne peux pas m'arrêter avant que ne soient tenues les promesses faites: la création d'une réserve de la biosphère chez les Penan, et leur autodétermination. ››


Bruno Manser est devenu le symbole de la résistance contre la déforestation au Sarawak. Activiste défenseur des peuples indigènes, il vécut six années parmi les Penan qui l'avaient surnommé Laki Penan (l'homme Penan), et fut témoin de la destruction rapide de la forêt par les compagnies du bois. Il manifesta aux côtés des Penan mais sa combativité et sa popularité finirent par agacer les autorités malaises. Recherché, il dut quitter le pays et sa "deuxième famille". A son retour en Suisse, il fonda le Bruno-Manser-Fonds, soutenu par de nombreux donateurs.


‹‹ Ce faisant, il alla souvent jusqu'à la limite de ses possibilités physiques et psychiques, avec toute la détermination héritée de ses ancêtres appenzellois. En 1993, il resta 60 jours sans manger devant le Palais fédéral pour convaincre le Conseil fédéral et les consommateurs suisses de la nécessité d'une déclaration obligatoire pour tous les bois et de l'urgence d'un arrêt des importations de bois tropicaux. La grève de la faim, soutenue par 37 organisations et partis politiques, par les autorités législatives de la ville de Bâle et par de nombreuses personnalités, a eu plus tard quelques effets positifs, mais à l'heure actuelle, il n'existe toujours pas de déclaration obligatoire pour le bois vendu en Suisse. Bruno Manser s'est opposé à la destruction de la forêt pluviale par de nombreuses conférences en Suisse et à l'étranger, et par des contacts divers, ainsi qu'en dénonçant les infractions liées à la déforestation et en lançant diverses actions spectaculaires. Mais en dépit de petits progrès, il avait l'impression que la cause des Penan ne progressait pas, car il se mettait à leur place. ›› source : endehors.org : Qu'est-il advenu de Bruno Manser?


Bruno Manser a disparu en mai 2000 lors de son voyage au Sarawak ; il comptait s'opposer à la destruction de la réserve de biosphère promise aux derniers Penan.


LAKI PENAN : Le combat d'un écologiste humaniste admirable